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"Les makers ne sont pas des bidouilleurs mais des gens qui ont une vision" explique le réalisateur Adrien Pavillard

Entretien Vidéo Fais le toi-même est une série de 8 épisodes consacrée au mouvement des makers que propose la plateforme Arte créative. En moins de 10 minutes, chaque épisode pose clairement une problématique. La série réussit à réunir en un discours cohérent des artistes et des hackers qui tous rêvent de réenchanter la technologie.  Entretien avec le réalisateur Adrien Pavillard.
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Les makers ne sont pas des bidouilleurs mais des gens qui ont une vision explique le réalisateur Adrien Pavillard
"Les makers ne sont pas des bidouilleurs mais des gens qui ont une vision" explique le réalisateur Adrien Pavillard © dr

Le site Internet Arte creative propose une web série de 8 épisodes consacrés au mouvement maker. Fais le toi-même a été écrit et réalisé par Camille Bosqué et Adrien Pavillard. Cette immersion présente une rencontre avec ce mouvement protéiforme avec un parti pris fort : plutôt que de s’intéresser aux liens entre le monde économique classique et ces nouvelles formes de production et de consommation, il les appréhende comme des alternatives à la société marchande classique. D’où l’alternance de bidouilleurs et de hackers, qui en fabriquant à nouveau eux-mêmes n’ont pas simplement trouvé un passe-temps. Faire soi-même c’est se réapproprier la production mais aussi la technologie.

 

Les épisodes de 7 minutes présentent aussi bien des codeurs, que des artistes amateurs de la beauté du geste. Tous ont en commun de refuser la standardisation du monde. Le réalisateur Adrien Pavillard a répondu à nos questions.

 

L’Usine Digitale : Pourquoi avoir réalisé cette mini-série ? Vous êtiez vous-même un maker ?

Adrien Pavillard : J’étais frappé par le fait qu’on donne beaucoup plus d’importance à apprendre qu’à faire. C’est vrai dans le système scolaire mais plus généralement dans la vie économique et sociale. Je m’étais intéressé au jeu Minecraft où l'on voit des gens passer beaucoup de temps à faire des "objets".

 

Assez naturellement, je me suis alors intéressé aux fablabs, puis au mouvement des makers qui proposent une alternative au monde dans lequel on vit. Leur démarche de faire plutôt que de se laisser faire m’a intéressé. Dans les fablabs, les imprimantes et toutes les autres machines m’ont impressionné, intéressé.

 

Dans la série, vous insistez beaucoup sur la dimension collective, sur le faire ensemble..

Avec Internet s’est développée une capacité à échanger des connaissances, qui a contribué à développer fortement le mouvement maker. La dimension collective jour un rôle important. Dans les fablabs, les gens travaillent ensemble. Certains y vont parfois pour voir ce que font les autres, s’ils peuvent donner un coup de main…

 

Les artistes que j’ai rencontrés ont peut-être une démarche plus personnelle. Mais ils sont aussi toujours prêts à partager leurs œuvres, à mettre en commun pour les autres. C'est toute la question des alternatives au droit d'auteur. J’ai été aussi marqué par le codeur informatique que j’ai rencontré qui disait qu’il codait pour les autres. Je suis certain que ce travail ensemble est un élément important qui fait que le mouvement s’est développé.

 

Une des singularités de votre série est que vous mélangez des personnes ayant un profil technique et des artistes. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

C’est un choix que nous avons fait, Camille, mon co-auteur, et moi. Dans les fablabs, j’ai rencontré des gens qui veulent changer la manière de faire. Il faudra du temps pour que ses promesses deviennent des réalités. Chez les artistes, ce qui m’a intéressé, c’est leur attitude face à l’apprentissage. J’ai filmé par exemple un artiste allemand qui fabrique des machines assez poétiques, qui parlent tout de suite aux enfants.

 

Nous avons aussi rencontré des musiciens qui court-circuitent des consoles vidéos des années 80-90 pour leur faire produire des sons originaux. Cette démarche qui vise à utiliser des objets de grande consommation pour les faire sortir de la standardisation nous a beaucoup intéressés.

 

Ce qui est frappant avec tous ces gens c’est que, contrairement, à certains clichés ce ne sont pas seulement des bidouilleurs. Ce sont des gens qui ont une vision. 

 

Les 8 épisodes de la série Fais le toi même peuvent être vus ici sur le site d'Arte creative. 

 

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