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Les meilleurs développeurs de start-up sont ceux qui n'ont pas le tabou du rachat

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Étude Selon une étude réalisée par l'institut Friedland, les fondateurs de start-up sont de plus en plus enclins à vendre leurs jeunes pousses. Et c'est plutôt une bonne nouvelle, car cette population possède des qualités et un style managérial plus à même de développer rapidement et fortement leur entreprise. Un travail qualitatif et quantitatif original qui va à rebours des idées reçues. 

Les meilleurs développeurs de start-up sont ceux qui n'ont pas le tabou du rachat
Et si la perspective de vendre sa start-up rendait le dirigeant meilleur développeur © Keith Williamson - Flickr - C.C.

Pour avoir des start-ups véloces, qui se développent rapidement, mieux vaut avoir à leur tête des dirigeants qui n’ont pas peur d’envisager qu’un jour ils seront rachetés. C’est la conclusion paradoxale d’une étude que vient de réaliser l’institut Friedland, un think tank dans l’orbite de la chambre de commerce et d’industrie de Paris. Cette étude intitulée "Rachat de start-up du mythe à l’intention" a été réalisée par Renaud Redien-Collot. Elle montre notamment que la part d’entrepreneurs qui envisagent de vendre leur start-up a très fortement augmenté entre 2006 et 2017, passant de 1 à 30 %.

 

Les temps changent

Parallèlement, ils sont aujourd’hui 44 % (versus 13 %) à dire vouloir s’enrichir en créant une jeune pousse, tandis que la quête d’autonomie est passée de 65 % à 60 %. A bien y réfléchir le paradoxe n’est qu’apparent : celui qui envisage de céder son entreprise dès le départ a tout intérêt à le faire au meilleur prix et de mettre en œuvre les moyens d’y parvenir.

L’étude de l’institut Friedland révèle grâce à une étude qualitative que les qualités managériales des entrepreneurs envisageant le rachat sont différentes de ceux qui n’y pensent pas. Par exemple, ces derniers sont très attachés au business plan de départ, quand les premiers sont beaucoup plus pragmatiques. Idem pour l’obsession d’atteindre le point mort.

A l’inverse, ceux pour lesquels un rachat n’est pas tabou sont beaucoup moins attachés au projet de départ et sont prêts à tout moment à revoir leur parcours. "Ils assument la relativité de leur plan d’action voire de leurs modèles d’affaires, ce qui ne leur donne aucun complexe pour rediscuter certaines conditions de prêts ou d’apports d’investissement", remarque l’auteur de l’étude. Par ailleurs, leur logique n’est pas de trouver des ressources pour atteindre un objectif, mais plutôt de dessiner un objectif à partir des ressources disponibles à un moment donné, soit un certain pragmatisme.

 

Avec ou sans moi ... l'impotant est ailleurs

A propos des ressources, Renaud Redien-Collot note que ce type de fondateur a une vision plus large de celles-ci puisqu’il attache une grande importante à son réseau qu’il n’hésite pas à mobiliser. L’étude cite le témoignage fort éclairant d’un entrepreneur sur sa conception de la croissance : "Et même si ma boîte disparaît, ce n’est pas grave. Plein de lien clefs ont permis à d’autres boîtes de se développer avec nous, et, un jour peut-être, sans nous, ou bien avec nous, sous une autre forme. Mais je vois ça comme un tout depuis le début. Ça me permettra d’être mieux prêt à partir le jour où mes associés en auront marre de moi ou que je voudrais faire autre chose. Pas de remord."


Une des explications de la capacité de développement de celui qui envisage le rachat est que ce n’est pas un objectif pour lui, mais une éventualité qu’il intègre dans sa réflexion et son action. A l’inverse, les dirigeants fondateurs qui n’entendent pas se faire racheter restent plus fermes sur leurs connaissances accumulées.

 

La fin d'un tabou

De ces observations quanti et quali, l’auteur de l’étude conclut qu’il s’agit d’un tournant dans "l’évolution de l’écosystème entrepreneurial français… le tabou du rachat est partiellement levé". Traditionnellement être racheté était considéré comme une forme d’échec puisque le fondateur devait se séparer de son entreprise au lieu de la mener à son terme. Ce changement d’état d’esprit est en ligne avec les caractéristiques de l’écosystème numérique, réputé plus liquide, selon le terme du sociologue Zygmunt Bauman. L’étude de l’institut Friedland estime qu’un tel changement, s’il se confirmait voire s’accentuait au sein de la communauté des créateurs de start-ups, obligerait à revoir les modalités d’intervention de l’écosystème, en particulier dans le domaine financier.

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