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Les quatre handicaps de la filière numérique en Auvergne Rhône-Alpes

Étude Des emplois en progression mais des postes non pourvus, une attractivité et des exportations en demi-teinte, une innovation soutenue : telles sont les principales indications du premier observatoire de la filière numérique en Auvergne Rhône-Alpes.
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Les quatre handicaps de la filière numérique en Auvergne Rhône-Alpes
Les quatre handicaps de la filière numérique en Auvergne Rhône-Alpes © Kryptyk - Flickr - C.C.

Le Clust’R Numerique et le cabinet EY viennent de dévoiler les conclusions du premier observatoire de la filière numérique de la région Rhône-Alpes. L’objectif de cette analyse, issue d’un questionnaire auprès de 117 entreprises de toutes tailles, est de mieux apprécier la réalité économique de la filière. Cinq enseignements majeurs peuvent être tirés.

 

Avec une croissance de 9 % de ses effectifs entre 2010 et 2014, trois fois supérieure à celle de son homologue d’Ile de France, la filière numérique d’Auvergne Rhône-Alpes consolide sa deuxième place au palmarès des régions françaises avec 57 141 emplois dans le secteur. Mais elle reste loin derrière l’Ile de France (263 314 emplois). Pour 2016, 65 % des entreprises interrogées tablent sur un chiffre d’affaires en hausse et deux tiers prévoient de créer de nouveaux postes…

 

Tension sur l’emploi

… Mais 45 % de ces mêmes entreprises déclarent avoir des postes non pourvus, dont plus de la moitié dédiés à des développeurs informatiques. Une entreprise sur deux éprouve des difficultés à "attirer des talents" et à trouver des salariés bien formés. Pour 61 % des dirigeants interrogés, cette pénurie constitue le principal frein au développement de leur société.

 

visibilité faible

Troisième constat : la région Auvergne Rhône-Alpes peine à s’imposer dans le concert européen des places fortes du numérique. Elle se situe au dix-septième rang des régions européennes pour attirer des projets d’investissement étranger dans le numérique, très loin derrière le Grand Londres et l’Ile de France, et même distancée par les régions de Belfast et Copenhague. Une situation en décalage avec son poids économique global.

 

Des exportations timides

Autre enseignement singulier : l’export n’est pas la préoccupation principale des dirigeants. Une entreprise sur quatre la place comme l’un de ses trois premiers leviers de croissance. De fait, 41,7 % des entreprises de la filière numérique en Auvergne Rhône-Alpes exportent. Une proportion légèrement supérieure à la moyenne nationale. Les exportations représentent 8,5 % seulement de leur chiffre d’affaires en moyenne.

 

Le dernier enseignement de cette étude ; l’innovation reste le "principal carburant de la croissance ". Les entreprises de la filière numérique régionale interrogées y consacrent 15,4 % de leur chiffre d’affaires. Une sur cinq affirme avoir engagé au moins un partenariat avec la recherche publique et 37 % d’entre elles prévoient de se rapprocher d’un organisme de recherche publique dans les trois années à venir.

 

pas de chef de file

Pour Jean-Michel Bérard, président du groupe Esker et du Clust’R Numérique (cluster régional, d’origines lyonnaise et grenobloise), la question du recrutement reste un enjeu crucial. Selon lui, "il faudrait que les universités et les écoles d’ingénieurs de la région puissent au moins doubler les effectifs de leurs promotions pour répondre à la demande de talents". L’attractivité internationale de la région en est un autre. "L’implantation d’un GAFA ou d’une grande entreprise du numérique peut jouer un rôle d’accélérateur considérable pour la filière et aurait un effet de locomotive pour les PME et start-up du territoire", estime le président du cluster lyonnais et grenoblois.

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