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Les quelques idées numériques de François Fillon pour la refondation de la France

Le 15 avril, devant les étudiants de l’école Telecom Paris Tech et des professionnels du Syntec numérique, François Fillon a présenté le volet numérique de son plan de refondation pour la France. Il avance quelques propositions concrètes en matières d’éducation, de réforme de l’administration, d’économie, d’infrastructures et d’environnement fiscal et légal.
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Les quelques idées numériques de François Fillon pour la refondation de la France
Les quelques idées numériques de François Fillon pour la refondation de la France © europeanpeoplesparty - Flickr - C.C

La bonne nouvelle, c’est que le numérique entre enfin dans les programmes politiques des candidats, et pas uniquement frontistes. Le sujet fait en effet partie du plan pour la refondation pour la France qu'égrène François Fillon au fil de ses discours. La mauvaise nouvelle, c’est que pour l’ancien Premier ministre, le sujet n’arrive – du moins dans la chronologie de ses présentations publiques — qu’après l’Europe, l’éducation, la compétitivité, la lutte contre les déficits et la dette, l’immigration et le logement.

François Fillon a néanmoins fini par exposer ses idées numériques "pour libérer la société l'économie" lors d’un discours prononcé le 15 avril devant les étudiants de l’école Telecom Paris Tech et des professionnels du Syntec numérique. Après les généralités sur "l’Internet […] qui atteint désormais tous les secteurs de l’économie, toutes les populations et tous les services […] qui redistribue les cartes […], qui permet aux Territoires les moins développés […] de réduire leurs handicaps", et les technologies numériques "qui libèrent la créativité, la croissance, qui créent de l’emploi et qui améliorent nos conditions de vie au quotidien", François Fillon a tenu à rappeler que "la révolution numérique […] peut favoriser la liberté de l’individu ou la restreindre, […]", mais aussi "réduire les inégalités ou les accroître."

Un CAPES informatique

Le député UMP a ensuite listé les cinq leviers (éducation, administration, économie, infrastructures et environnement fiscal et légal), qui devraient permettre à "la France d’être un leader mondial du numérique […] sans laisser personne sur le côté, notamment dans les zones non urbaines et chez les populations les moins connectées." Sans surprise, l’éducation arrive au premier plan avec "la généralisation de l’enseignement du numérique pour tous et à tous les niveaux […] en instaurant notamment un CAPES informatique." "Pour former les 150 000 codeurs par an dont les entreprises du numérique ont besoin", François Fillon propose d’avoir recours à l’apprentissage. Côté outils, "au cours des 5 prochaines années, au moins 25% des manuels scolaires devront passer au format digital, souhaite François Fillon. La réallocation d’une partie du budget des manuels scolaires papier (350 millions d'euros annuels) permettra de lancer un programme d’achat de contenus pédagogiques numériques. Un marché sera ainsi créé pour les start-up françaises du secteur […]."

Un Haut Commissaire à la transformation numérique

Le deuxième levier porte sur la réforme de l’État qui "doit montrer l’exemple en repensant son organisation pour profiter au maximum des atouts du numérique." François Fillon affirme militer "pour une meilleure gouvernance du numérique avec la création d’un Haut Commissaire à la transformation numérique, rattaché directement au Premier ministre et couvrant Numérique et Achats." L’ancien Premier ministre souhaite aussi "faire des acteurs publics des promoteurs de l’innovation en mettant la commande publique au service des PME", en introduisant une quote-part d’achats publics d’au moins 30% auprès de PME. Il souhaite également "instaurer un service public de l’open data" — ouvrant notamment les prix de l’immobilier — et "regrouper les plateformes numériques donnant accès aux services publics."

Miser sur l’Europe pour le très haut débit

Sans surprise, le volet économique du son programme numérique porte sur la simplification radicale des règles fiscales et sociales pour les entreprises et le développement le capital-risque "en orientant une partie de l’épargne (assurance-vie notamment) vers des fonds spécialisés dans l’innovation." Une recette mainte fois avancée, mais jamais mise en œuvre !

Quand à l’accès pour tous au très haut débit (THD), François Fillon "propose de programmer l’extinction progressive du cuivre" mais surtout de "saisir l’opportunité de l’annonce du 'Plan Juncker' pour flécher en direction du THD une part substantielle des 300 milliards d’euros d’investissements annoncés." Selon lui, il faudrait également ouvrir le chantier des satellites et des fréquences: "Nous devons mieux intégrer la dimension européenne dans la gestion des fréquences afin de créer un marché unique européen."

Un agenda numérique européen

Côté politique industrielle, François Fillon pointe en premier lieu les problèmes de fiscalité et propose "un agenda numérique européen" qui "doit inclure les questions d’harmonisation des fréquences ou encore des objectifs de très haut débit". Face à la puissance des Gafa, Il affiche sa volonté "d’encourager le développement de plateformes neutres dotées d’une meilleure protection des données personnelles et donc plus 'loyales' envers l’utilisateur", mais sans avancer la moindre piste. Dommage.

Aurélie Barbaux

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1 commentaire

Bastillac
15/04/2015 20h07 - Bastillac

OK pour la diffusion du numérique à condition que la TNT fonctionne enfin de façon fiable. C'est une manie chez les politiques (et d'autres) de passer à un nouveau projet avent d'avoir consolidé le précédent.

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