Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les sites touristiques : un monde à ubériser !

La visibilité en ligne des sites touristiques français se concentre aujourd’hui sur les plus célèbres d’entre eux : le Louvre, la tour Eiffel et le château de Versailles. Mais, le marché reste à disrupter, ce qui représente une opportunité pour les moins connus, prêts à tirer parti du digital. Ils devront pour cela saisir les attentes de leurs nouveaux visiteurs connectés, soulignent François Vogel, directeur général de l’agence de communication éditoriale Textuel La Mine, et Guilhem Fouetillou, chief evangelist officer de la société d'analyse des médias sociaux Linkfluence dans leur commentaire de notre étude exclusive.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les sites touristiques : un monde à ubériser !
Les sites touristiques : un monde à ubériser ! © Jean-François Gornet - Flickr - Creative Commons

On ne prête qu’aux riches ! Sur le web, les sites touristiques les plus mentionnés sont les plus célèbres. Musée du Louvre, tour Eiffel, château de Versailles, Disneyland Paris, Centre Pompidou, parc Astérix, Arc de Triomphe, Grand Palais, Futuroscope, Puy du Fou : pour être visible en ligne, mieux vaut être une institution solidement établie. Les données de l’étude menée par Linkfluence et L’Usine Digitale sur les 60 sites les plus visités de France en 2013 confirment la persistance du centralisme culturel tricolore : huit des dix espaces les plus visibles en ligne se trouvent à Paris ou en Île-de-France.

 

Il y a une logique : plus un site est fréquenté, plus le nombre de commentaires de visiteurs est susceptible d’être important. A l’heure du live-tweet, les smartphones se transforment en formidables moyens de faire, en temps réel, le récit public de ses vacances et de ses visites. Plus besoin d’attendre d’être rentré pour organiser d’interminables séances photos. Celles-ci ont désormais lieu en continu sur les fils Facebook, Instagram et Twitter de nos contacts.

 

développer son personal branding

 

Tourisme culturel au Louvre et au château de Versailles ou familial à Disneyland et au parc Astérix : il y a toujours une raison de publier des clichés en ligne. Si les musées permettent de se cultiver, les réseaux sociaux donnent la possibilité de le faire valoir. Si les parcs d’attractions offrent les moyens de construire son histoire familiale, le web social incite à en faire la publicité. Chacun se met à développer son personal branding, voire son family branding, en mobilisant les outils digitaux. Finalement, le principal argument de vente des sites touristiques, devient peut-être d’offrir aux visiteurs l’occasion de parler en bien... d’eux-mêmes.

 

Il n’y a pas de raison que cette possibilité soit le monopole des plus grands acteurs. Si aucun challenger n’émerge pour l’instant dans le palmarès social media du tourisme, ce n’est pas que c’est impossible, c’est - au contraire - que les "petits" ont un boulevard devant eux. Pour en tirer parti, ils doivent à la fois prendre conscience de la volonté d’auto-exposition de leur cible, et se demander en quoi ils peuvent lui permettre de la satisfaire mieux ou plus facilement. S’ils réussissent, ce sera sur tous les tableaux, avec une clientèle satisfaite produisant elle-même la publicité de leurs sites touristiques grâce à son émancipation digitale.

 

les conversations entre marques font florès sur Twitter

 

En pratique, il s’agit de développer la talkability des lieux les moins cités, de donner envie d’y raconter son passage. Les vedettes de Bréhat (Côtes-d’Armor) doivent être pensées comme une expérience dont les internautes font le récit, le storytelling. De même pour le téléphérique de l’Aiguille du Midi (située dans le massif du Mont-Blanc) ! Les entreprises qui les gèrent doivent initier le mouvement, faire de leur stratégie de contenu non un simple relais d’actualité mais un vrai modèle narratif pour les consommateurs connectés. Objectif : des histoires qui se propagent sur toute la toile avec un impact maximal en termes d’image et de notoriété.

 

Bien sûr, le Gouffre de Padirac (Lot) n’est pas sur le point de mettre en danger la tour Eiffel. Mais, il peut augmenter puissamment sa visibilité et sa fréquentation en repensant sa stratégie sur les réseaux sociaux. Ses équipes de communication peuvent d’ailleurs collaborer avec celles du Palais des Papes (Vaucluse) ou du Viaduc de Millau (Aveyron) : les conversations entre marques font florès sur Twitter, les sites touristiques auraient tort de s’en priver. En Île-de-France, le musée de l’Orangerie et le musée de l’Armée pourraient, eux, co-écrire une nouveau récit de la culture parisienne pour attirer une part accrue de la multitude de touristes qui visitent tous les ans la capitale. Sauf si lesdits acteurs dominants les devancent : la tour Eiffel a déjà 1,5 million de fans sur Facebook. Si elle s’inscrit sur Twitter...

 

François Vogel, directeur général de Textuel La Mine, et Guilhem Fouetillou, cofondateur de Linkfluence

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale