Les start-up françaises à la conquête de la Silicon Valley

Bpifrance et Ubifrance s'allient pour lancer ubi/io, un programme d'accélérateur de start-up françaises à San Francisco. Le but : développer l'ambition tricolore et la collaboration transatlantique.

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Les start-up françaises à la conquête de la Silicon Valley

Depuis la venue de François Hollande à San Francisco, et le lancement de la French Tech, les initiatives de soutien à l'entrepreneuriat français se multiplient outre-Atlantique. Le rêve américain, surtout, n'est plus tabou. De nombreuses start-up revendiquent leur désir de profiter de l'écosystème unique de la Silicon Valley. Bpifrance et Ubifrance se sont donc alliés afin de lancer un programme d'accélérateur de start-up made in San Francisco, ubi/io.

Les huit start-ups françaises sélectionnées ont démarré, lundi 19 mai, un programme de 10 semaines en Californie. Pourquoi un énième accélérateur, qui plus est émanant d'une initiative publique? L'Usine Digitale a assisté au lancement d'ubi/io et discuté avec Nicolas Dufourcq, patron de Bpifrance.

Promouvoir l'écosystème français

La France poursuit son opération de charme à l'attention des entrepreneurs et des innovateurs, en tentant de changer son image de pays qui fait "barrage" à l'innovation. Nicolas Dufourcq a souhaité, en anglais, remettre les points sur les i : la France est un pays favorable aux entreprises, où, selon lui, "les choses ont beaucoup changé sur le terrain". "Il y a une idée selon laquelle il est totalement impossible de renvoyer quelqu'un en France, c'est absolument faux".

L'accélérateur ubi/io souhaite ainsi promouvoir les entrepreneurs français, et avec eux tout l'écosystème de l'Hexagone. "J'invite les VC [capital-risqueurs] de Californie à regarder ce qui se passe en France, nous avons d'excellents ingénieurs, deux fois, si ce n'est trois fois moins chers qu'ici, stables, loyaux, nous avons de très bons mathématiciens (...) il y a beaucoup de belles opportunités d'investissement", a-t-il ajouté.

Plus de collaboration transatlantique

En plus d'espérer amener de l'argent californien en France, Bpifrance souhaite collaborer plus profondément avec les Etats-Unis en matière d'innovation. "Il n'y a aucun tabou au sujet des entrepreneurs français qui quittent le pays." a-t-il ajouté. Le modèle de réussite d'une start-up selon Nicolas Dufourcq, doit se répartir ainsi : "la recherche en France, les directions des ventes et du marketing aux Etats-Unis, pour le marché américain, et l’entrée en bourse au Nasdaq. C'est la politique de Bpifrance", a-t-il insisté.

Nicolas Dufourcq dit ne pas être dérangé par l'entrée en bourse d'entreprises françaises hors du pays. Bpifrance cherche aussi à encourager les laboratoires californiens à venir s’installer en France, afin de développer la collaboration scientifique et technologique.

Stimuler l'ambition des entrepreneurs français

Pour la première promotion du programme, il y aurait eu 1300 manifestations d'intérêt, 250 candidats sérieux pour seulement 8 heureuses élues. Bpifrance a déboursé 70 000 euros selon Nicolas Dufourcq, dont 24 000 euros sont allés aux entrepreneurs, qui ont eux-mêmes dû mettre la main à la poche, le reste allant à l'organisation du programme. Ubifrance et d'autres partenaires ont complété l'addition.

Le but ? Favoriser chez les entrepreneurs participants "un lavage de cerveau pour multiplier leur ambition par 10", selon Nicolas Dufourcq. "La France c’est comme Israël", ajoute-t-il, c’est à dire un petit pays avec un grand potentiel d'innovation. Mais il faut inciter nos start-up à viser plus grand. "Ils découvrent ici la puissance de ce qu’ils ont inventé", ajoute-t-il, au lieu de "penser petit" comme ils le font en France. Bpifrance espère ainsi favoriser la création d'entreprises mondiales.

En effet, il faut encourager les entrepreneurs français à "installer une branche ici [en Californie]", car "l’entreprise devient mondiale aux Etats-Unis", c’est le seul moyen selon Nicolas Dufourcq d’avoir une force de frappe globale.

Pour certains, il s'agira d'une énième initiative publique et franco-française. L'immersion dans la Silicon Valley d'une poignée d'entrepreneurs ne suffira d'ailleurs pas à développer la création de valeur et de richesse en France. Mais les opérations de charme destinées à redorer l'image de la France auprès des innovateurs sont les bienvenues, signes d'une prise de conscience collective.

Nora Poggi

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