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Les territoires ruraux veulent dynamiser leur économie grâce au numérique

Nouvelle France Industrielle, Plan Très Haut Débit, BPI en région : les annonces d’investissements dans le numérique foisonnent. Si elles constituent une bonne nouvelle pour le dynamisme territorial, les régions ne les ont pas attendues pour lancer leur propres initiatives numériques afin de renouer avec la compétitivité et l’emploi.
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Les territoires ruraux veulent dynamiser leur économie grâce au numérique
Les territoires ruraux veulent dynamiser leur économie grâce au numérique © D.R. - Media Etudiant

Les régions ne veulent pas louper le virage du numérique, et il semblerait que le gouvernement compte bien les y aider. François Hollande a présenté, jeudi 12 septembre à l’Elysée, les 34 plans de la Nouvelle France Industrielle. Des filières comme l’hôpital numérique, les objets connectés ou encore l’e-éducation bénéficieront d’1,7 milliard d’euros et pourraient favoriser la création de 480 000 emplois d'ici 10 ans. Hasard du calendrier (ou communication politique), les 11 et 12 septembre se tenait à Aurillac la 8e édition de Ruralitic, forum dédiée aux interactions entre numérique et territoires ruraux. 

Le placement de l’édition 2013 sous le haut patronage de François Hollande constitue un signe pour Serge Pilicer, président-fondateur de Ruralitic. Le numérique est enfin devenu un chantier prioritaire national dans lequel les régions occupent un rôle majeur. Mais il constitue surtout une chance pour la ruralité, modernisée par les TIC (technologies de l'information et de la communication), et "dont les handicaps seront gommés au profit d’une qualité de vie de plus en plus recherchée de nos concitoyens urbains", déclare Vincent Descoeurs, président du Conseil Général du Cantal et cofondateur du forum.

Les chiffres du numérique

Les chiffres sur la filière numérique sont difficiles à obtenir du fait du dynamisme et de l’éclatement des structures (entreprises, clusters, associations, etc.) En novembre 2011, le rapport "La France numérique 2012-2020" estimait que l’économie numérique constituait 3,7% de l’emploi en France et 5,2% de notre PIB. Fin février 2013, la France a lancé le plan "Très Haut Débit" qui succède à celui de 2010 pour favoriser la compétitivité et l’emploi dans les territoires. 20 milliards d’euros sont consacrés à l’accès du très haut débit à tous d’ici 2022. La priorité est donnée aux zones d’activité économique,aux entreprises, ou aux établissements scolaires et hospitaliers.

Atouts et priorités régionales

En Île-de-France, la filière numérique constitue l'un des premiers moteurs de l'économie régionale avec 423 000 salariés et 24 000 entreprises. Mais le numérique n’est pas réservé qu’aux grandes métropoles. 9 pôles de compétitivité spécialisés dans les TIC maillent le territoire. "La mamie du Cantal a-t-elle les mêmes besoins que le geek parisien ?", demandait Yves Rome, président d’Avicca (association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel) lors du colloque "Territoires et réseaux d’initiative publique" en 2012. De fait, les besoins sont à la fois différents et plus importants en fonction du degré d’enclavement du territoire. E-tourisme (promotion de la région par le site internet), e-santé (surveillance à distance), emploi (télétravail, formation à distance), e-éducation, e-administration (guichets numériques) ou culture (applications de visites) sont autant de filières à développer car essentielles aux populations et créatrices de valeur pour la région.

L’Auvergne, par exemple, compte plus de 900 sociétés spécialisées dans les TIC, pour une masse salariale de 7 500 personnes et un chiffre d’affaires de 330 millions d’euros par an. En mars 2009, elle fut la première région française 100 % couverte en haut débit, le très haut débit étant prévu pour l’horizon 2020. Spécialisée dans la e-santé, la région a développé le GCS Simpa, une plateforme régionale d’échange d’images et d’archivage sécurisé des données de plusieurs établissements de santé, dans le respect du secret médical. Le programme CardiAuvergne lancé en 2010 permet, lui, la surveillance des patients atteints d’insuffisance cardiaque à distance grâce aux objets connectés. Il permettrait de faire baisser la note des soins de 20 000 à 6 000 euros par an. La disparition des services publics dans les lieux enclavés a également inspiré à la région auvergnate la mise en place d’un dispositif de guichets virtuels permettant de dialoguer avec l’administration, les Points Visio public. Depuis 2006, 63 bornent numériques ont vu le jour sur le territoire.

Eviter la fracture numérique

Le matériel ne fait pas tout. Il faut également convertir les gens au numérique et les former aux nouvelles exigences de la filière. Depuis octobre 2009, des coaches accompagnent les TPE du Cantal dans leur pratique numérique. 120 entreprises de tous secteurs doivent en bénéficier jusqu’à mars 2014. Au programme : création de sites web vitrines, e-commerce, génération de trafic, applications mobiles, etc… Pour la CCI du Cantal à l’origine de l’opération, cette formation permettra de "préserver l’emploi dans les territoires et d'accroître les performances économique des TPE en créant une filière indépendante."

Malgré ces efforts, plusieurs obstacles subsistent. Le secteur ne dispose pas de suffisamment de candidats qualifiés pour répondre à ces besoins. Les investissements ne sont pas non plus toujours réalisés. Le déploiement du haut débit, majoritairement le fait d’opérateurs privés, lourd en investissement, est parfois source de conflits, certaines zones n’étant pas estimées assez rentable comme en montagne. Pour y remédier, le gouvernement doit lancer, fin 2013, un observatoire national des déploiements et des débits qui rendra chaque semestre un rapport sur l’état des réalisations.

Enfin, les élus, premiers évangélisateurs de leur territoire, ne voient pas toujours très bien l’intérêt du numérique. Se crée ainsi une "fracture générationnelle" comme le répétait encore Benoît Thieulin, président du Conseil National du Numérique (CNNum), au forum Ruralitic. Claudy Lebreton, autre membre du CNNum et président de l’Assemblée des départements de France, a plaidé à cet égard pour des "adjoints numériques" dans les conseils municipaux. Serge Pilicer rêvent de leur mise en place dès les prochaines municipales de 2014. La numérisation des campagnes sera-t-elle au centre de la campagne ? Réponse dans les semaines à venir...

Joanna Jullien

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