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Les venture capitalists français investissent 25 fois moins que leurs homologues américains

Les entrepreneurs français ont reçu début juin la visite d'investisseurs américains d'importance : les venture capitalists, qui misent des milliards de dollars dans les start-up de la Silicon Valley. En France, les fonds de capital-risque existent mais ils sont insignifiants à côté de leurs confrères implantés outre-Atlantique.
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Les venture capitalists français investissent 25 fois moins que leurs homologues américains
Les venture capitalists français investissent 25 fois moins que leurs homologues américains © Poolie - Flickr - C.C.

Plusieurs start-up françaises des nouvelles technologies ont été passées au crible les 12 et 13 juin par un groupe d'investisseurs venus tout droit de la Silicon Valley. Objectif : repérer les pépites et en cas de coup de foudre, y investir quelques millions de dollars. Reçus en grande pompe à l'Elysée, puis par les entrepreneurs membres de l'association des jeunes pousses parisiennes, Silicon Sentier, les invités étaient pour beaucoup des salariés de gros fonds de capital-risque californiens. Ces groupes placent leur argent dans de très jeunes entreprises à fort potentiel de croissance, en espérant mettre la main sur le prochain Google ou Facebook et faire fructifier au maximum leur investissement.

Les jeunes pousses hexagonales ont par exemple essayé d'attirer l'attention de Margit Wennmachers, qui travaille chez Andreessen Horowitz. Ce fonds gère plus de quatre milliards de dollars. Il a investi dans Skype, Instagram, Oculus VR, ou encore Airbnb. Ils ont aussi pu rencontrer Doug Carlisle, qui représente la société Menlo Ventures. Elle a plus de 3 milliards de dollars en portefeuille et a misé dans des sociétés comme Hotmail, Siri ou Uber.

15 milliards contre 660 millions

Cette visite était d'importance pour les entrepreneurs : "l'industrie du capital-risque existe aussi en France : une centaine de compagnies se sont lancées dans ce business. Les chefs d'entreprises savent comment accéder à ces financements. Mais, là où aux Etats-Unis une start-up peut espérer obtenir un à dix millions de dollars, en France, elle n'en trouvera que cent ou deux cent mille", explique Jérôme Lecat, qui dirige Scality, une société informatique implantée aux USA.

"Les fonds de capital-risque sont plus nombreux outre-Atlantique et ils gèrent des sommes beaucoup plus importante", souligne Doug Carlisle. Au deuxième semestre 2013, les sociétés américaines du secteur avaient placé plus de 15,7 milliards de dollars dans des jeunes pousses, selon le cabinet PWC. En France, elles n'ont investi sur la même période que 663,4 millions de dollars selon le spécialiste du secteur Chausson Finance.

développement en France dans les années 90

Ce mode de financement est né aux Etats-Unis juste après la seconde guerre mondiale, il s'est considérablement développé dans les années 70. En France, il est apparu beaucoup plus tard, dans les années 80, et n'a commencé à se renforcer que dans les années 90. "Il faut laisser le temps à cette industrie de se développer dans l'Hexagone, et permettre à nos venture capitalists de gagner en expérience", pointe Jérôme Lecat. "Pour accélérer le processus, certains fonds français réfléchissent à des partenariats avec des groupes américains, qui leur apporteraient leur connaissance du secteur", complète Doug Carlisle.

Les fonds de capital-risque se sont aussi développés aux Etats-Unis car ils ont bénéficié de la manne issue des fonds de pension (où les américains placent leur argent pour la retraite). "Ces structures ont un fonctionnement capitalistique. Elles placent l'argent qu'elles ont en portefeuille dans différents secteurs de l'économie, y compris dans les start-up à fort potentiel de développement. En France, les caisses de retraites fonctionnent par répartition. Il y a mécaniquement moins de capital disponible pour l'investissement", affirme Jérôme Lecat.

12 millions d'emplois

Et Doug Carlisle de confirmer : "les fonds de pension qui gèrent des centaines de milliards de dollars alimentent les entreprises de venture-capitalism avec leurs actifs. Ils placent en moyenne 2 à 3 % de leurs capital disponible dans ce type d'opérations." Les grandes universités américaines, en particulier Stanford et le MIT, ont accumulé au fil de leur histoire une importante quantité de capital : "elles en placent une partie dans cette industrie", déclare Doug Carlisle.

Les start-up françaises ont, bien entendu, d'autres moyens de se financer : elles peuvent par exemple obtenir des subventions publiques, passer par le crowdfunding, ou compter sur les business angels. Mais ces financements sont faibles à côté de ceux que peuvent leur offrir les fonds de capital-risque aux Etats-Unis : entre 1960 et 2011, ceux-ci ont investi plus de 450 milliards d'euros dans plus de 2 700 entreprises. Les groupes soutenus par les venture capitalists américains employaient en 2011 en plus de 12 millions de personnes.

Lélia de Matharel

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