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Les voitures autonomes font peur... et se décarcassent pour rassurer les "conducteurs"

Du 5 au 9 octobre, au 22e salon mondial ITS à Bordeaux (Gironde), les entreprises ont fait rouler des voitures intelligentes s'affichant surtout soucieuses de la sécurité du conducteur et des passagers. Les industriels présents y proposent des solutions pour rendre les véhicules du futur plus rassurants, face aux craintes qu’ils peuvent susciter. Des mères poules sur quatre roues.
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Les voitures autonomes font peur... et se décarcassent pour rassurer les conducteurs
La Cruise4U, voiture autonome de Valeo. © D.R

Voitures et sécurité ne feraient pas bon ménage. Les entreprises présentes à Bordeaux pour l’ITS Congress, le congrès des transports intelligents, du 5 au 9 octobre, ont voulu montrer le contraire.

 

L'équipementier japonais Aisin est venu en Gironde pour présenter sa solution pour éviter les accidents liés à l’endormissement au volant. Si vos yeux se ferment ou que vous baissez la tête, la voiture en est avertie grâce à la caméra du tableau de bord, et à ses capteurs qui analysent la direction du regard et l’ouverture des yeux. Un message apparait sur l’écran, à côté du volant : "Warning ! You are Unconscious" ("Attention, vous êtes inconscient"). Et surtout, la voiture se gare sur le côté sans que vous ayez besoin de toucher le volant. Elle envoie ensuite un message à l’un de vos proches, au numéro que vous aurez préalablement enregistré.

 

21 milliards d'euros en 2020

 

Le congrès se déroule autour du thème du changement climatique, mais il fait la part belle à la sécurité. Selon une étude du cabinet AT Kearney, en 2020, les systèmes de sécurité représenteront 21 milliards d’euros, soit 40% du marché de la conduite autonome. "Les transports intelligents ont pour première mission de renforcer la sécurité des personnes. Le nombre de morts sur la route est en train de progresser aux Etats-Unis, c’est un signal pour que nous réagissions", a insisté Jill Ingrassia, membre du directoire de ITS America, lors de la cérémonie d’ouverture.

 

Les entreprises s’intéressent à la sécurité du conducteur et des passagers, mais aussi à celle des piétons. Aisin a également développé une fonctionnalité qui avertit le conducteur lorsqu’un piéton se trouve dans un angle mort. Les trois caméras dotées d’une vision à 360 degrés, placées à l’avant et à l’arrière de la voiture, permettent à celle-ci de repérer ce que le pilote ne voit pas. Cruise4U, la voiture autonome de Valeo, présentée pour la première fois en France au salon ITS 2015, va encore plus loin. Elle s’arrête automatiquement lorsqu’elle croise un piéton.

 

Des voitures rassurantes

 

Les industriels ont conscience que les véhicules intelligents peuvent être anxiogènes. A en voir l’air circonspect des passagers à bord des navettes autonomes qui les promènent d’un hall à l’autre du congrès, ils n’ont pas tout à fait tort. "Il y a une peur du véhicule autonome, qui peut être un frein au développement de la mobilité intelligente, reconnait Antoine Mullender, le directeur général de l’Institut pour la transition énergétique Vedecom, spécialisé dans le véhicule décarboné et communicant. En plus de réaliser des prototypes de véhicules autonomes, nous faisons des recherches pour mieux comprendre le comportement humain face aux nouvelles formes de mobilité, c’est presque de la sociologie."

 

L’équipementier Continental s'est intéressé à la crainte que suscitent les véhicules du futur pour développer de nouveaux dispositifs. A bord de son prototype de véhicule connecté Holistic connective, il suffit de dire "j’ai froid", pour qu’une voix douce, plus proche de celle de Scarlett Johansson dans le film Her que celle de Siri, vous réponde : "Ok, je coupe la climatisation".

 

"Nous ne voulons pas d'une voix de robot" 

 

"Nous avons élaboré avec deux start-up françaises, une voix de synthèse qui ressemble le plus possible à une voix humaine. Elle est aussi intelligente, c’est-à-dire qu’elle peut conseiller spontanément le conducteur, explique Steve Le Cocq, chef de projet innovation chez Continental. Nous ne voulons pas que cette voix ressemble à celle d’un robot, et effraie le conducteur."

 

Cette fonctionnalité représente toutefois un effort pour le conducteur. Il doit appuyer sur la touche micro de son volant, et parfois répéter son souhait quand le message n’est pas bien passé. Des ajustements que l’équipementier aura peut-être réglé d’ici la généralisation des voitures autonomes annoncée pour 2030.

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