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Magic, l'application qui satisfait tous vos désirs est victime de son succès

Envoyer un SMS et se faire livrer (presque) tout ce qu'on veut instantanément ? Ça fait rêver et c'est ce que promet la start-up Magic. Livraison d'un tigre, de fleurs, d'un hélicoptère pour Las Vegas, réservation d'un billet d'avion... un concept qui fait déjà le succès de Magic, la petite société qui explose sur la toile.
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Magic, l'application qui satisfait tous vos désirs est victime de son succès
Magic, l'application qui satisfait tous vos désirs est victime de son succès © Nora Poggi

Si vous êtes prêt à payer, Magic peut tout vous livrer - dans la limite de la légalité - et dans des délais records. La start-up basée à San Francisco n'avait pas pour but de devenir une véritable entreprise mais Magic est mystérieusement apparu sur le site de la communauté Product Hunt, qui permet de suivre les tendances produit de la Silicon Valley et le succès a été fulgurant.

Lancée par cinq amis, anciens camarades du prestigieux accélérateur de start-up "Y Combinator", Magic ne fonctionne pas grâce à une myriade d'algorithmes révolutionnaires mais simplement grâce à un groupe de personnes prêtes à répondre à toutes les sollicitations. 

Evidemment, ce genre de start-up relance les débats sur une Silicon Valley en panne d'idées qui favorise l'émergence d'une société apathique et assistée. Pourtant Magic attire les foules. Pour beaucoup, c'est l'application idéale pour les bourreaux du travail puisqu'elle permettrait aux utilisateurs de rester concentrés sur des tâches importantes.

 Un business model balbutiant

La start-up n'ayant pas prévu ce succès aussi soudain qu'explosif, son business model n'était pas encore au point. Pour l'heure, le paiement est effectué en ligne et avant tout service. Il correspond à peu près au prix du service et à l'effort qu'il représente. Il n'y a même pas de véritable grille de prix. Le principe se veut similaire à celui d'Uber : le prix dépend de la course.

Les paiements sont effectués via le service Stripe (une autre start-up sortie de "Y Combinator"). L'utilisateur reçoit un lien en réponse à son premier SMS, avec une estimation de prix. Selon le co-fondateur Mike Chen, Magic n'a pas accès aux informations bancaires de l'utilisateur. Ce qu'il advient des informations privées échangées par SMS (adresse, noms...) n'est pas clairement défini. La start-up n'a de toute évidence pas eu le temps de répondre à toutes ces questions essentielles avant son ascension.

Un produit viable ?

En quelques minutes, Magic est passée de 30 à plusieurs milliers d'utilisateurs. Les co-fondateurs de la start-up, dépassés par l'engouement soudain, ont du mettre la main à la pâte et enrôler leurs amis pour répondre à la demande. Des plaintes d'utilisateurs n'ayant jamais reçu leurs commandes ont montré les limites d'un service comme Magic sans réel capital, ni main-d'oeuvre conséquente. Il faudra compter sur la "magie" de la Silicon Valley pour transformer la petite start-up en société pérenne.

Nora Poggi

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