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Mais qui est donc JD.com, le site de e-commerce chinois qui défie Alibaba ?

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JD.com. Derrière ce nom peu familier du grand public en Occident se cache le numéro deux chinois du e-commerce, qui talonne le géant du secteur en Chine Alibaba. La prochaine introduction en bourse de la société aux Etats-Unis promet d'être un succès. L'Usine Digitale a mené l'enquête pour comprendre comment ce groupe, qui n'était au départ qu'un magasin de produit high tech, est devenu un champion de la vente en ligne.

Mais qui est donc JD.com, le site de e-commerce chinois qui défie Alibaba ?
Mais qui est donc JD.com, le site de e-commerce chinois qui défie Alibaba ? © jd.com

L'introduction en bourse aux Etats-Unis de JD.com, anciennement 360buy, pourrait bien être une réussite. Ce groupe chinois est le numéro deux du e-commerce en terme de transaction derrière Alibaba en Chine. D'après des sources proches du dossier, citées par le Wall Street Journal, l'entreprise aurait tâté le terrain et trouvé de nombreux investisseurs potentiels. Elle prévoit de lever 1,7 milliards de dollars et espère être valorisée 24,6 milliards de dollars, d'après le dossier qu'elle a déposé auprès du régulateur américain des marchés, la Security and Exchange Commission (SEC).

Son principal concurrent, Alibaba, surveille l'opération de près, alors qu'il s'apprête également à entrer à la bourse de New York. Les deux entreprises n'ont pas le même mode de fonctionnement : Alibaba met en relation sur sa plate-forme des commerçants avec le grand public. JD.com fonctionne, lui, comme Amazon : il vend directement à sa clientèle des biens dont il est propriétaire, car il les a achetés en amont.

Prise de participation de Tencent 

Cette stratégie oblige l'entreprise à avoir un réseau d'entrepôts, ce qui pèse sur ses résultats : elle a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 11 milliards de dollars avec une perte nette de 8 millions de dollars. Alibaba reste largement dominant sur place, il contrôle 80% du marché. Mais le système mis en place par JD.com lui permet de livrer ses clients en temps et en heure et d'être un concurrent potentiellement redoutable pour le numéro 1. D'autant plus que le géant chinois de l'Internet, Tencent, soutient l'entreprise : le conglomérat a pris une participation de 15% dans JD.com en mars 2014. Selon le dossier déposé auprès de la SEC, le site de e-commerce a généré un volume de vente de 125,5 milliards de dollars, sur plus de 323 millions de commandes en 2013.

La compagnie JD.com a été fondée en juillet 1998 à Pékin par Liu Qiangdong. L'entrepreneur n'a investi que 12 000 yuans chinois dans ce projet (à peine plus de 1 400 euros). Au départ, JD.com était un magasin d'électronique installé à Zhongguancun, le quartier des nouvelles technologies de Pékin. La société s'est développée et en 2003, elle était devenue une chaîne de 12 magasins, détaille le Financial Times. En mai 2003, une épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) s'abat sur le pays. Les employés de Liu Qiangdong ne peuvent plus venir travailler et les clients restent claquemurés chez eux, de peur d'être contaminés. Une idée germe alors dans l'esprit de l'entrepreneur : il décide de développer une plate-forme de e-commerce sur le web.

Un management bien rôdé

Vêtements, cosmétique… Depuis 2003, il a progressivement ouvert son magasin en ligne à de nouveaux secteurs. Les clients portaient souvent plainte contre JD.com, car ils recevaient leurs colis avec beaucoup de retard. En 2007, Liu Qiangdong a donc décidé de livrer lui-même les biens achetés par sa clientèle.

Le PDG du groupe gère ses troupes d'une main de fer. Il leur instille dès leur arrivée dans la société les bases d'une forte culture d'entreprise. Tous les matins, le directeur organise une réunion avec les 200 managers de la société et revient sur les erreurs qui ont été commises la veille par ses équipes.

Google comme modèle ?

Tous les ans, il recrute une centaine de stagiaires à la sortie de l'école : "nous exigeons qu'ils n'aient jamais travaillé pour d'autres sociétés, pour qu'ils ne soient pas pollués", affirme avec aplomb le dirigeant au Financial Times. Ces nouveaux employés font leurs armes chez JD.com et y font souvent carrière : 80% des cadres intermédiaires du groupe n'ont jamais travaillé ailleurs. JD.com gère ses équipes comme certains géants américains de la tech (Google par exemple), qui recrutent leurs stagiaires et futur salariés directement dans les écoles.

Lélia de Matharel

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