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Manuel Valls présente une stratégie numérique française déjà largement déployée

Suite à la remise officielle par Benoît Thieulin du rapport Ambition numérique du CNNum - et faute de loi sur le numérique, encore repoussée à l'automne - le premier ministre Manuel Valls a présenté une stratégie numérique pour la France dont nombre de mesures sont déjà mise en œuvre : French Tech, plan très haut débit, grande école du numérique...
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Manuel Valls présente une stratégie numérique française déjà largement déployée
Manuel Valls présente une stratégie numérique française déjà largement déployée © Emmanuelle Delsol

La 18 juin, Manuel Valls a présenté la stratégie numérique de la France à l’occasion de la remise du rapport Ambition numérique du CNNum (Conseil national du numérique) par son président Benoît Thieulin. Alors que la loi sur le numérique attendra finalement l’automne, le premier ministre a dessiné un cadre dans lequel on retrouve de nombreuses initiatives déjà mises en œuvre.


Porter la révolution numérique


"Nous ne devons pas subir mais porter la révolution numérique", a affirmé Manuel Valls en introduction, avant de décliner un certain nombre de mesures dont la plupart se sont déjà concrétisées, reprenant pour cela ce qu’il décrit comme la devise d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique : "Liberté d’innover, égalité des droits et fraternité d’un numérique accessible à tous".

 

La liberté d’innover englobe la French Tech pour la mise en avant de l’économie émergente, la transformation de l’industrie traditionnelle avec le plan industrie du futur et ses trois priorités numériques ainsi que le programme de transition numérique pour les PME/TPE. Le premier ministre a aussi évoqué un accompagnement de modèles de partage d’innovation entre grands groupes et startup.

 

Un "emploi store" réunira les services numériques de Pôle Emploi et des tiers qui utilisent ses données. Il sera lancé le 4 juillet par François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Des outils spécifiques sont aussi prévus pour la création de start-up dans les quartiers.

 

Emmanuel Macron a d’ailleurs aussi rappelé que la réforme en cours du code des marchés publics favorisera une politique d’achat innovante à l’endroit des start-up, avec un accès numérique et un allotissement de marchés plus petits.


Un  droit à la connexion pour les plus démunis


Du côté de l’égalité des droits, le Premier ministre veut introduire une définition claire de la neutralité d’Internet dans la loi. Reprenant l’analyse de Benoît Thieulin sur le potentiel offert par les GAFA autant que les dangers qu’ils représentent, il a précisé vouloir garantir une information non biaisée aux utilisateurs de la part de ces acteurs et des pratiques de référencement claires. Une volonté qu’il a partagée avec la Commission européenne.


Pour la fraternité, enfin, c’est le plan Très haut débit qui a été mis en avant. Manuel Valls a rappelé la récente obligation pour les opérateurs de couvrir en 3G toutes les communes d’ici à fin 2016. Il a aussi précisé que le gouvernement travaille à un droit du maintien à la connexion pour toute personne en difficulté. La connexion à Internet devenant aussi indispensable que l’électricité. Le Premier ministre a par ailleurs rappelé l’importance de la formation, évoquant la réforme de l’éducation avec une formation au numérique des enseignants et l’équipement des élèves.

 

Benoît Thieulin, Manuel Valls et Axelle Lemaire

 

L’opendata par défaut inscrit dans la loi

 

Un 4e axe s’ajoute à la devise d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique : l’exemplarité de l’Etat. "Aujourd’hui, la France est un des leaders dans le monde (sur ce sujet, ndlr)", considère-t-il, rappelant le succès de la déclaration d’impôts en ligne ou la possibilité prochaine de déposer une plainte via internet. Le Premier ministre souhaite par ailleurs que le principe d’opendata par défaut soit lui-aussi inscrit dans la loi. Enfin, la plate-forme de l’Etat sera ouverte aux développeurs a-t-il assuré.


L’Europe, échelle de pertinence


Reprenant l'une des volontés du CNNum et de son président, le premier ministre a estimé que l’Europe était l’échelle de pertinence pour une stratégie numérique. Avec pour objectif, des règles de respect de la concurrence, de la fiscalité, des valeurs, des droits d’auteur, etc. Se référant à la volonté européenne d’innovation qui s’appuie sur le plan d’investissement Juncker, il a aussi précisé qu’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique collaborait sur le sujet avec le Vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.


Le projet de loi ouvert à contributions avant fin juin


Comme l’avait déjà annoncé Axelle Lemaire, le projet de loi sur le numérique dans sa première version sera mis en ligne avant fin juin et ainsi (une première voulue notamment par Thierry Mandon) ouvert à contributions avant son passage devant le Conseil d’Etat. "L'idée c'est bien de l'inscrire dans la prochaine session, cet automne", a précisé Manuel Valls. Le premier ministre a ajouté qu’un grand débat sur le numérique aura lieu à la rentrée en parallèle de celui de la COP21.


Création d’une structure VC Européenne

 

Sur l’impact du numérique sur l’emploi, Emmanuel Macron a précisé que plusieurs leviers de croissance et de création d’emplois par le numérique étaient identifiés. Celui de l’entrepreneuriat et de l’investissement des grandes entreprises. Celui aussi de la croissance des start-up. Pour cela, il compte en particulier sur la création d’une structure de venture capital (VC) européenne. Ajoutant qu’un grand événement à l’automne réunira VC américains et start-up françaises.

 

Enfin, la transformation numérique des industriels, qui devrait leur permettre de produire plus près de leur marché, est un autre levier identifié. Axelle Lemaire a néanmoins précisé que la stratégie prévoyait aussi de mieux outiller les ouvriers victimes de la robotisation, avec une formation adaptée, plus agile et tout au long de la vie.

 

Pour pourvoir les emplois de développeurs qui ne le sont pas dans les TPE/PME, 50 formations destinées à 10000 jeunes sans qualification seront labellisées d’ici à la fin de l’année suivies de 200 en 2017. Benoît Thieulin a enfin rappelé que le dernier travail  de son CNNum (dont le mandat s'achève début 2016), porte sur l'emploi et le travail à la demande de François Rebsamen.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

ASTOURIC
19/06/2015 10h00 - ASTOURIC

Depuis l’avènement de la formation numérique que devient la pédagogie ? La pédagogie s’apprend ! Quel que soit le mode d'enseignement, quel que soit le canal emprunté, il est indispensable de s'appuyer sur les fondamentaux de la pédagogie Avec, par exemple, Réussir vos interventions de formation. Un livre édité à la Chronique Sociale.

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