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Marie Ekeland explique sa démission du Conseil national du numérique

mis à jour le 19 décembre 2017 à 18H25
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Dans un billet publié sur le site du Conseil national du numérique, Marie Ekeland explique sa démission de l’institution, quelques jours seulement après sa nomination.

Marie Ekeland explique sa démission du Conseil national du numérique
Marie Ekeland explique sa démission du Conseil national du numérique © Laetitia Duarte Filet - L'Argus de l'Assurance

C’est la fin d’une folle semaine au Conseil national du numérique. Lundi 11 décembre, Marie Ekeland dévoilait l’équipe de 29 membres qu’elle avait composée, après sa nomination en octobre. Une présentation en présence de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au numérique – et ancien président du CNnum lui-même. La composition avait été validée en haut lieu : ses membres sont officiellement nommés sur décret du Premier ministre et sur proposition du ministre chargé du numérique.

 

Le lendemain, coup de théâtre : le ministre demandait finalement à la présidente de revoir sa copie. "Le Conseil National du Numérique a besoin de sérénité pour travailler, et les derniers échanges sur la composition du Conseil soulignent que ces conditions ne sont pas pleinement réunies", jugeait Mounir Mahjoubi dans un communiqué. Son équipe précisait que certaines voix dans « le monde du numérique", avaient "émis des réserves" sur la nomination de certains membres, sans les nommer. La militante féministe et anti-raciste Rokhaya Diallo était particulièrement visée, et dans une moindre mesure le rappeur et entrepreneur Axiom. La députée des Républicains Valérie Boyer avait dénoncé le 13 décembre cette double nomination dans un courrier adressé à Edouard Philippe. Elle dénonçait notamment la proximité idéologique de la militante avec des associations dénonçant un "racisme d’Etat" en France. D’autres voix s’étaient élevées contre la nomination de cette personnalité controversée… alors même que le CNNum nouvelle version avait pour ambition de réfléter la société française dans sa pluralité avec des profils non issus du numérique.

 

"emballement politique et médiatique"

Marie Ekeland a été priée de plancher sur une composition moins polémique. Elle dit aujourd’hui y avoir travaillé avec Mounir Mahjoubi pendant les jours suivants mais sans y être parvenue. Elle en tire les conclusions en annonçant, ce 19 décembre, sa démission du Conseil national du numérique, dont elle était membre depuis 2016.

 

La fondatrice de Daphni s’en explique dans un long billet publié sur le site du CNnum. C’est la première fois qu’elle s’exprime sur l’affaire.  "La nomination de certains membres, alors que la liste avait été préparée par mes soins dans le cadre de ce projet, a été interprétée à tort par certains comme une prise de position politique du gouvernement", juge-t-elle. "Il s'en est suivi un emballement médiatique et politique violent, révélateur des tensions françaises et de la difficulté à les traiter sereinement. Nous en avons été les témoins impuissants". L’éphémère présidente – bénévole, comme tous les membres – du CNnum juge qu’il faut revoir les processus de nomination des membres du CNnum et son fonctionnement.

 

"Le projet que j’ai porté d’ouverture, d’indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l’épreuve dès le démarrage", constate amèrement Marie Ekeland, surprise par les réactions qui ont suivi l’annonce de la nomination de Rokhaya Diallo. "J’ai été choquée par les caricatures auxquels Rokhaya Diallo et Axiom ont été réduits : elles n’ont rien à voir avec ce qu’ils sont vraiment", confie-t-elle. Elle y voit le reflet de l’état du débat démocratique dans notre pays, à l’ère des réseaux sociaux. "Les réactions qui ont suivi cette nomination me font mesurer à quel point (…) dans notre pays, nous ne voulons pas entendre des voix dissonantes. À quel point nous ne savons plus débattre sereinement de nos divergences de vue. À quel point nous avons du mal à nous mettre à la place des autres. À quel point réseaux sociaux et immédiateté du jeu politique alimentent la violence de la parole et la stigmatisation. Cela me peine de voir notre pays aussi loin des valeurs démocratiques qui sont les miennes".

 

Quel nouveau CNNum ?

Le CNNum doit maintenant se trouver un(e) nouveau (nouvelle) président(e), en plus de nouveaux membres (26 autres membres ont démissionné après Marie Ekeland) dans un contexte plombé. C'est la première crise que va devoir gérer Mounir Mahjoubi depuis sa prise de fonction. Il va lui falloir restaurer la crédibilité et l'indépendance du CNNum (instance consultative très liée au gouvernement) et cela passera sans doute par un nouveau mode de nominations et d'organisation.

 

Le texte "Demain est un autre jour" de Marie Ekeland - en écho à son manifeste initial "Penser demain"

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

verdarié
20/12/2017 09h41 - verdarié

Faire des choix c'est prendre le risque de mécontenter une partie de la population. En politique il est donc important de savoir prendre les bonnes personnes. Ce qui n'empêche pas de se faire conseiller par d'autres ? Vouloir imposer ses vues à tous, c'est une sorte de violence qui se vit comme une provocation. Qu'on pourrait facilement éviter par quelques séances de philosophie qui permettraient sans doute d'éviter ce genre d'incompréhension !

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