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Mastercard veut faire passer la carte bancaire du plastique au numérique

Alors que le paiement sans contact tarde à se démocratiser en France, les fournisseurs de cartes bancaires comme Mastercard lèvent peu à peu les obstacles au développement de ces transactions 2.0. En 2015, le lancement d'Apple Pay, le système de paiement mobile d'Apple, et l'attribution d'un numéro spécifique à chaque objet connecté utilisé pour acheter en ligne, les "jetons", pourraient changer la donne selon le fournisseur de moyen de paiement américain.
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Mastercard veut faire passer la carte bancaire du plastique au numérique
Mastercard veut faire passer la carte bancaire du plastique au numérique

Face à l'émergence de nouveaux acteurs dans le paiement dématérialisé et alors que le paiement sans contact tarde à décoller en France, les principaux fournisseurs de cartes bancaires, Visa et Mastercard, peaufinent leur offre de services innovants. "Actuellement, pour pouvoir payer en magasin avec son smartphone, c'est un peu le parcours du combattant pour les utilisateurs : il faut disposer du bon téléphone, de la bonne banque, du bon opérateur et que le commerçant soit équipé d'un terminal compatible", reconnaît le président de Mastercard France, Régis Folbaum.

L'offensive d'APPLE POURRAIT POUSSER DES COMMERÇANTS À S'ÉQUIPER

Mais en 2015, le lancement en Europe d'Apple Pay, le système de paiement mobile d'Apple, pourrait bien lancer un mouvement d'ampleur. Grâce à la technologie NFC ("Near Field Communication") permettant de réaliser des paiements sans contact, les derniers iPhone sont équipé d'un portefeuille électronique permettant de stocker une ou plusieurs cartes bancaires. Cette offensive d'Apple pourrait inciter davantage de magasins à s'équiper de terminaux compatibles, répondant à un premier frein au développement de ces nouveaux moyens de paiement. En France, seules quelques grandes enseignes comme Carrefour, La Poste, McDonalds, Relay ou Flunch proposent déjà cette fonction.

Google n'est pas en reste avec son "Google Wallet". Mais ce service lancé en 2011 reste exclusivement disponible aux Etats-Unis. La firme de Mountain View pourrait toutefois annoncer un déploiement en Europe en réaction au lancement d'Apple Pay. Depuis la version 4.4 d'Android, les smartphones tournant sous l'OS de Google peuvent d'ailleurs utiliser plus simplement la fonction de paiement sans contact : la carte Sim n'est plus le passage obligé pour accéder à la fonction NFC.

RASSURER LES UTILISATEURS

Pour rassurer les utilisateurs réticents à l'idée de disposer sur leur téléphone d'une version digitale de la traditionnelle carte bancaire en plastique, Mung Ki Woo, responsable de la division Mobile chez Mastercard, explique que l'exigence de sécurité est la même quel que soit le support : "Comme pour une carte bancaire classique, la première étape du paiement est d'identifier le compte à débiter et la deuxième de vérifier que le porteur de la carte est bien son propriétaireLe protocole de communication DSRP (Digital Secure Remote Payment) permet notamment d'avoir un niveau de protection cryptographique équivalent à celui de la carte à puce."

Avec la multiplication des objets connectés, Mastercard a également développé un système de "jetons" ("tokens" en anglais). Un numéro unique est généré pour chaque lien entre une carte bancaire et un appareil pouvant être amenée à réaliser l'achat d'un bien ou d'un service, du plus petit comme une smartwatch au plus grand comme une voiture connectée. "Ce système, invisible pour l'utilisateur, permet d'assurer une granularité des transactions : si votre tablette est victime d'un piratage, le numéro associé à une carte pourra être facilement bloqué pour cet appareil sans pour autant affecter l'ensemble des autres appareils avec lesquels vous effectuez des achats", détaille Mung Ki Woo, assurant qu'il est impossible pour un pirate de remonter à la source, le compte principal de l'utilisateur, avec ce jeton.

La biométrie pour simplifier l'authentification

Pour l'étape d'authentification, les solutions de paiement mobile fonctionnent pour le moment avec un code PIN. Dans ce cas de figure, après avoir passé son téléphone à proximité du terminal du commerçant, l'utilisateur est appelé à taper son code directement sur son téléphone (de temps en temps pour les achats d'un faible montant et systématiquement pour les dépenses plus importantes). Mais les systèmes de vérification biométriques, comme la reconnaissance digitale sur les derniers iPhone, pourraient simplifier cette opération. Avec la start-up Byonim, Mastercard teste également une solution d'identification qui passerait par la reconnaissance du pouls de l'utilisateur via une montre connectée. 

Un énorme potentiel économique

Pour un fabricant de cartes comme Mastercard, l'enjeu est colossal. Le fabricant de cartes a bien sûr intérêt à voir grossir le gâteau des transactions dématérialisées, au même titre que les banques et les entreprises pour qui la gestion de l'argent liquide représente un coût important. Et le potentiel est impressionnant : d'après Mastercard, 85% des transactions dans le monde sont encore réalisées en liquide. Dans un pays comme la France, cette part est encore très élevée : les billets, pièces et chèques représenteraient 70% des échanges. 

Julien Bonnet

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