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Meshroom VR transforme la validation de la conception industrielle grâce à la réalité virtuelle

De par l'immersion qu'elle procure, la réalité virtuelle permet de plus facilement se projeter dans une situation donnée et de prendre une décision. La start-up bordelaise Meshroom VR a vite compris ce potentiel et a mis au point un outil de visualisation qui en tire parti. Il connaît un franc succès auprès des industriels et entraîne la jeune pousse dans une forte dynamique de croissance.
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Meshroom VR transforme la validation de la conception industrielle grâce à la réalité virtuelle
Meshroom VR transforme la validation de la conception industrielle grâce à la réalité virtuelle © Meshroom VR

La start-up française Meshroom VR est en passe de s’imposer comme un acteur incontournable de la visualisation et la validation du design pour l’industrie. Elle est parvenue à se forger en moins de trois ans un carnet de clients prestigieux pour son logiciel de réalité virtuelle Meshroom Studio. Son secret ? Tout miser sur la simplicité d’utilisation et la qualité du rendu.

 

Un outil de validation pour tous les métiers...

Son logiciel Meshroom Studio a initialement été développé pour les cabinets de design, et compte en la matière plusieurs clients prestigieux comme PSA, Technicolor, Harley Davidson, Décathlon, Karcher ou le Fab Lab de Naval Group. Il n’est cependant pas un outil de conception pur et dur, mais plutôt de visualisation. "La réalité virtuelle montre toute sa valeur en tant qu'outil de validation, explique André Doumenc, CEO de Meshroom VR. Les gens qui valident ne sont pas les gens qui conçoivent, et ils ont besoin de comprendre immédiatement ce qu'ils voient." Cette simplicité de prise en main lui a ouvert un autre marché : celui des usines.

 

"La plupart de nos nouveaux clients sont des sites de fabrication, poursuit André Doumenc. Ils choisissent notre logiciel car c’est le seul qui soit utilisable par tous les métiers. Il leur permet de faire tester l’ergonomie des outils de production aux opérateurs qualifiés en même temps qu’aux managers et aux directeurs de site." De quoi éviter entre autres de découvrir des problèmes d’ergonomie le jour où un nouvel outil rentre en production. Cette utilisation par tous les profils est aussi aidée par le rendu photoréaliste des scènes, qui permet de ne pas rebuter les patrons.

 

...Qui a la cote chez les industriels

Qui sont ces clients industriels ? L’Oréal, EDF, Schneider Electric, Bosch, Cooper Standard, Michelin ou Tetrapak, pour ne citer que les plus gros. Certains d’entre eux déploient aujourd'hui des dizaines voire des centaines de licences (chacune d’entre elles correspondant à un site de production). Au total, Meshroom VR compte actuellement une centaine de comptes payants.

 

André Doumenc y voit le signe d’une accélération dans la transition des industriels depuis les anciens systèmes (CAVE et logiciels associés) vers les nouvelles technologies plus agiles, moins coûteuses et surtout plus accessibles. "On ressentait encore une résistance il y a quelques années, mais le changement est en marche. Tous les grands comptes avec lesquels nous travaillons ont benchmarké. Et ce sont les métiers, les utilisateurs de bout de chaîne qui achètent directement, sans passer par les directions de l’innovation."

 

Une start-up née d'un besoin personnel

 

Meshroom VR est née en 2016 du désir d’André Doumenc d’importer ses fichiers 3D pour l’aide dans la conception d’un buggy électrique. Ne trouvant aucun outil satisfaisant, il se tourne vers Christophe Kohler, développeur spécialisé dans le jeu vidéo et le rendu temps réel, pour l'aider à en créer un. Ils présentent cet outil et, devant les premiers retours enthousiastes, s’associent pour monter une start-up.

Une levée de fonds de 1,4 million d'euros

Fort de ce succès, la start-up prépare une levée de fonds d’environ 1,4 million d’euros auprès d’acteurs régionaux qui devrait être clôturée d’ici 2 mois. Elle servira notamment à renforcer ses équipes de développement. Elle envisage une autre levée plus importante, de série A, d’ici quelques années.

 

Importer de gros fichiers CAO sans préparation des données

L'une des forces de Meshroom Studio est sa capacité à importer rapidement des objets 3D lourds car issus de la CAO (SolidWorks, CATIA, Siemens NX, Autodesk Inventor & Alias...), puis de rapidement les retravailler et d’y associer des textures à des fins de visualisation. Bien sûr, les exigences de la réalité virtuelle posent vite des limites sur le nombre de polygones affichables, qui est en l’occurrence de 10 millions pour l'Unreal Engine, le moteur de rendu sur lequel est construit Meshroom.

 

La start-up contourne cette contrainte à l’aide d’un outil de simplification conçu en interne. "Nous pouvons passer de 100 millions à 10 millions de polygones sans grande perte de qualité, commente André Doumenc. Evidemment, pour un fichier de cette taille cela peut prendre 3 ou 4 heures sur un ordinateur équipé d’une GeForce GTX 1070 Ti. Mais pour passer de 15 à 10 millions, c’est l’affaire de quelques minutes. Et le tout sans avoir à préparer les données, ce qui est primordial."

 

Des réunions multi-sites virtuelles et un prise de décisions plus rapide

Lors de la visualisation, les fonctionnalités proposées sont basiques, mais suffisent à l'usage qu'en font les clients. On peut manipuler un objet, mesurer des distances, importer plusieurs objets en même temps (par exemple pour valider le placement d'un bouton d'arrêt d'urgence sur une machine), ou prendre des photos ou des vidéos.

 

L’une des dernières fonctionnalités mises en place par Meshroom est le mode multi-utilisateurs, qui permet à différents sites de visualiser une même scène et de dialoguer ensemble. Ce travail collaboratif permet un gain de temps non négligeable en éliminant les déplacements et raccourcissant les process. "Nous pensions que les retours sur investissement seraient surtout liés à l’économie de prototypes ou la réduction des erreurs, mais ils viennent du fait qu’il n’y a plus besoin de se regrouper physiquement pour prendre des décisions… Pour certains clients, cela représente des délais de validation de 4 mois qui sont aujourd’hui réduits à quelques heures."

 

Et la start-up ne se repose pas sur ses lauriers. Elle est en train d’intégrer la gestion des animations afin de pouvoir à la fois jouer celles qui auront été créées dans les logiciels de CAO, mais aussi créer ses propres animations de façon simplifiée (charnière, translation, pivot…). Elle travaille aussi sur la gestion des collisions, sur l’ajout d’une fonction "sticker", et sur l’intégration du ray tracing en temps réel grâce aux nouvelles puces Nvidia RTX.

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