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Microsoft veut une Convention de Genève digitale contre les "cyber-armes"

Devant la recrudescence d'attaques ordonnées par des gouvernements ciblant des entreprises privées ou de simples citoyens, Microsoft appelle solennellement les pays du monde entier à signer une Convention de Genève digitale qui limiterait la prolifération de ces pratiques. Il invite par ailleurs les entreprises du secteur technologie à faire front commun et à adopter une position neutre, similaire à une "Suisse digitale".
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Microsoft veut une Convention de Genève digitale contre les cyber-armes
Microsoft veut une Convention de Genève digitale contre les "cyber-armes"

Dans une keynote donnée le 14 février à la conférence RSA 2017, le président et Chief Legal Officer de Microsoft, Brad Smith, a appelé à la création d'une Convention de Genève digitale. Son constat est simple : les cyberattaques connaissent une recrudescence drastique (74% des entreprises dans le monde s'attendent à être piratées chaque année), et si une majorité d'entre elles sont motivées par l'appât du gain, une autre partie provient d'acteurs étatiques.

 

Et pour le dirigeant, ce danger provenant directement des États (Chine, Etats-Unis, Russie, Israel... et qui sait, même la France) renvoie les pertes financières associées aux attaques classiques au second plan (malgré leur coût total estimé à 3000 milliards de dollars en 2020). Il cite l'attaque de 2014 contre Sony (attribuée à la Corée du Nord) comme un tournant historique dans ce domaine, car elle s'est suivie de multiples autres affaires en 2015, comme le sabotage du réseau électrique ukrainien, et a culminé par des attaques contre le processus électoral américain en 2016 (citant notamment le piratage des emails d'un collaborateur d'Hillary Clinton).

 

Les civils et entreprises de plus en plus ciblés par les états

Cette extension des conflits entre États au-delà des habituels terre/air/mer est particulièrement problématique pour Brad Smith car elle a lieu même en temps de paix, et elle cible sans vergogne des entreprises privées ou des citoyens individuels. "Depuis plus de 60 ans, les gouvernements du monde entier se sont mis d'accord pour protéger les civils en temps de guerre. Mais quand il s'agit des cyberattaques, les civils sont attaqués même en temps de paix." Et pour y faire face... Il n'y a que le secteur privé. "Cela nous met dans une toute nouvelle situation, a déclaré Brad Smith. Au lieu d'avoir des États luttant contre les attaques d'autres États, c'est nous qui en sommes en première ligne."

 

Evidemment, une entreprise comme Microsoft (ou Google, Facebook, etc.) n'est pas démunie, et Brad Smith est revenu sur les différentes mesures qu'elle met en place pour combattre ce type d'attaques (comme la saisie de noms de domaine utilisés par ces groupes), mais pour lui le doute n'est plus permis : les entreprises ne pourront pas vaincre en luttant seules. Elles doivent faire cause commune, non seulement toutes ensembles mais également avec l'aide des gouvernements. C'est en ce sens qu'il appelle à une Convention de Genève digitale, par laquelle les États garantirait la sécurité numérique des citoyens en promettant de ne pas les attaquer et surtout en limitant le développement de "cyber-armes".

 

 

Poursuivant l'allégorie avec les conflits armés classiques, il voit le rôle du secteur numérique comme celui de la Croix Rouge, qui apporte les premiers secours en temps de guerre. Enfin, il a insisté lors de sa keynote sur la nécessité pour toutes les entreprises du numériques d'agir comme une "Suisse Digitale", c'est à dire un parti neutre qui ne prend pas part aux conflits. Mettant en garde contre la recrudescence du nationalisme autour du globe, il a rappelé que la confiance que placent les clients dans ces entreprises ne pourra survivre que s'ils présentent une totale transparence, peu importe le pays dont ils proviennent ou ceux dans lesquels ils opèrent.

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