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Moteur de recherche : Google dépenserait des sommes astronomiques pour maintenir sa position dominante

Vu ailleurs Google verserait des sommes importantes aux fabricants de téléphones et opérateurs de télécommunications pour que son moteur de recherche soit sélectionné par défaut. Cette stratégie, reconnue par l'entreprise elle-même, violerait les lois anticoncurrentielles d'après le département américain de la justice, qui a initié une procédure judiciaire. 
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Moteur de recherche : Google dépenserait des sommes astronomiques pour maintenir sa position dominante
Moteur de recherche : Google dépenserait des sommes astronomiques pour maintenir sa position dominante © Shiwa Id - Unsplash

La première séance du procès de Google, initié par le département américain de la justice (DoJ) et 11 Etats, s'est tenue le 8 septembre. L'occasion pour le DoJ de présenter ses premiers arguments selon lesquels l'entreprise américaine viole les lois antitrust du pays à travers des contrats lui servant à maintenir sa position sur le marché de la recherche en ligne. 

"Google investit des milliards dans les paramètres par défaut, sachant que les gens ne les changeront pas", a ainsi expliqué Kenneth Dintzer, l'avocat du DoJ, rapporte Bloomberg. C'est de cette façon qu'il resterait le moteur de recherche le plus utilisé. Les montants n'ont pas été dévoilés. 
 

Des contrats avec des fabricants et des opérateurs

Dans les détails, sur les smartphones, Google aurait passer des contrats avec Apple, Samsung et Motorola ainsi que des opérateurs de télécommunications, AT&T, Verizon et T-Mobile pour que son moteur de recherche soit installé par défaut. Ces contrats constituent "la passerelle" par laquelle la plupart des internautes trouvent des sites sur Internet, "ce qui lui a permis d'empêcher ses rivaux d'atteindre l'échelle nécessaire pour défier son moteur de recherche", a ajouté Kenneth Dintzer. 

L'avocat de Google, John Schmidtlein, ne s'est pas défendu sur l'existence de ces contrats. Il les a même reconnu estimant qu'ils ne posaient aucun problème et étaient essentiels pour des entreprises comme Mozilla. En effet, il estime que le DoJ et les Etats requérants "comprennent mal le marché" et "se concentrent trop étroitement sur les moteurs de recherche plus petits comme Bing et DuckDuck Go". "Vous n'avez pas besoin d'aller sur Google pour faire des achats sur Amazon, ni pour acheter des billets d'avions sur Expedia", a-t-il argué. Puis, il a conclu : "le fait que Google ne soit pas confronté à la même concurrence pour chaque requête ne signifie pas pour autant que l'entreprise n'est pas confrontée à une concurrence féroce".

Google contraint de modifier ses pratiques en Europe

En Europe, Google a été contraint de modifier ses pratiques à la suite d'une amende de 4,34 milliards de d'euros infligée par la Commission européenne, actuellement contestée. Depuis septembre 2021, les utilisateurs peuvent choisir un moteur de recherche parmi quatre options, dont Google et trois autres sélectionnés en fonction du pays. En France, il s'agit de DuckDuckGo, Qwant et Info.com. 

Or, ces changements n'ont pas pleinement satisfait les moteurs de recherche. DuckDuckGo, Qwant, Ecosia et Lilo ont adressé une lettre au Parlement européen. Ils y pointent trois limites : la nouvelle fenêtre de choix n’est pas disponible sur Chrome ni sur aucun autre système d’exploitation, elle n'apparaît qu'une seule fois lors de la configuration de l’appareil "à un moment où l’utilisateur est peu susceptible de vouloir changer de moteur de recherche" et le changement de moteur de recherche ne "s'appliquera pas à tous les points de recherche existants sur Android".

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