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Charte e-commerce : même sans Amazon et Alibaba, "une charte majoritaire" pour Mounir Mahjoubi

Mounir Mahjoubi a reçu mardi 26 mars 2019 des représentants de plateformes e-commerce afin de signer une charte visant à améliorer les relations entre les plateformes et les TPE-PME. Une promesse faite en 2018 par le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, vent debout contre les grandes marketplaces. Une charte qui n'a pas été signée par Alibaba et Amazon, qui lui a répondu.
mis à jour le 26 mars 2019 à 11H38
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Charte e-commerce : même sans Amazon et Alibaba, une charte majoritaire pour Mounir Mahjoubi
Charte e-commerce : même sans Amazon et Alibaba, "une charte majoritaire" pour Mounir Mahjoubi © Pascal Guittet

Mise à jour [26/03/2019] : Mounir Mahjoubi l’avait promis, c'est désormais chose faite. Le secrétaire d’Etat chargé du Numérique a reçu à Bercy ce mardi 26 mars 2019 les représentants des principales plateformes e-commerce afin de les inviter à signer la charte visant à améliorer leurs relations avec les TPE-PME. Leboncoin, Rakuten, Cdiscount, eBay, Fnac Darty, La Redoute, ManoMano et Conforama étaient présents. "C'est une charte majoritaire, insiste Mounir Mahjoubi. La majorité de l'e-commerce est représentée aujourd'hui".

 

Une allusion non voilée aux deux grands absents du jour, Alibaba et Amazon, qui n'ont pas souhaité signer cette charte. Un choix d'autant plus regrettable pour Mounir Mahjoubi que "certaines entreprises ont participé dès le début du projet aux discussions". Néanmoins, "la porte n'est pas fermée. Nous espérons que les plateformes qui ne sont pas là aujourd'hui signeront un jour la charte", poursuit-il. Contacté par l'Usine Digitale, Amazon France précise de son côté "ne pas signer la charte à ce stade car [l'entreprise] est convaincue que ses outils et procédures, qui se sont révélés depuis plus de 15 ans rapides et efficaces dans la résolution d’incidents, doivent rester le canal de communication privilégié des entreprises françaises"

 

 

"Des engagements volontaires" des marketplaces

Les engagements des marketplaces portent sur trois axes : la formalisation des relations commerciales entre les deux parties, la garantie d’un échange ouvert, fiable et individualisé et l’amélioration de la lutte contre la contrefaçon. "Les plateformes d’e-commerce constituent une réelle opportunité pour les TPE-PME de développer leur activité, en diversifiant leurs canaux de distribution, précise Mounir Mahjoubi. Mais les relations entre PME et plateformes peuvent souffrir d’un manque de transparence et d’une certaine asymétrie. Cette charte est une première étape pour permettre à toutes les TPE-PME d’entamer leur démarche de transformation numérique en identifiant et en travaillant avec les plateformes signataires, qui ont pris des engagements volontaires en la matière", se félicite-t-il. Le secrétaire d’Etat chargé du Numérique a également annoncé la création d’un observatoire public des pratiques des plateformes afin "d'objectiver l'analyse, avec des chiffres actualisés et réguliers dans un secteur jeune et mouvant", ajoute-t-il.

 

Une vision partagée par Marc Lollivier, directeur général de la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), elle aussi signataire du projet. "Dans un contexte de forte croissance des places de marché, le secteur a besoin de règles, analyse-t-il. Cette charte est aussi un moyen de responsabiliser les acteurs".

 

Le déréférencement, perte de business pour les petites et moyennes entreprises

Cette annonce intervient dans un contexte de relations mouvementées entre les vendeurs tiers et les marketplaces, accusées de déréférencer parfois brutalement les entreprises confrontées alors à une perte de business qui peut être significative. Dans le collimateur des pouvoirs publics, Amazon (entre autres), qui a déréférencé à l'été dernier Caurette, une maison d'édition alsacienne, entraînant selon la PME une chute de son chiffre d’affaires de 20% pendant quatre mois.

 

En octobre 2018, Mounir Mahjoubi s’était emparé de cette problématique en lançant un appel aux TPE-PME françaises rencontrant des difficultés avec les marketplaces, à le signaler en ligne d’ici la fin du mois novembre 2018. "A l'automne, nous avons reçu beaucoup de remontées de terrain, résume-t-il. Or il est apparu que de nombreux cas pouvaient être réglés par des discussions et de la transparence". Amazon se défend et précise que "l’ensemble des cas remontés par des tiers, y compris ceux signalés par la médiation, ne représentent aujourd’hui qu’un nombre très limité (0,25%) sur l’ensemble des 10 000 TPE et PME françaises présentes sur Amazon.fr".

 

Une charte en amont du nouveau règlement européen

La charte s'inscrit dans le cadre plus général du nouveau règlement européen, appelé P2B pour "plateforme to business", et basé sur entre autres sur la transparence des échanges entre plateformes et vendeurs. Son adoption est prévue en mai pour une application en 2020. "Nous sommes en avance", se réjouit le secrétaire d’Etat chargé du Numérique. Les pouvoirs publics espèrent ainsi adresser un signal fort aux TPE et PME souhaitant se lancer en e-commerce en leur garantissant un meilleur accompagnement. Prochaine étape dans 6 mois pour dresser un premier bilan.

 

 

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