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Muller, Decayeux, Hammel : que vont faire ces PME et ETI familiales au CES de Las Vegas ?

Il n’y a pas que les start-up et grands groupes qui tentent l’aventure CES. Cette année, trois entreprises familiales françaises y participent, avec des produits innovants créés en interne ou avec des start-up.

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Muller, Decayeux, Hammel : que vont faire ces PME et ETI familiales au CES de Las Vegas ?
Muller, Decayeux, Hammel : que vont faire ces PME et ETI familiales au CES de Las Vegas ? © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

Des fabricants de radiateurs, de robinets, de boîtes aux lettres… au CES de Las Vegas. Erreur d’aiguillage ? Non, répondent les dirigeants de ces sociétés familiales françaises. Pour eux, le CES est un moyen de mettre en valeur leur transformation digitale et de présenter de nouvelles gammes de produits… connectés, cela va de soi.

 

Muller fait équipe avec Netatmo

 

 

Spécialiste du chauffage, de l’eau chaude sanitaire et de la ventilation, l’ETI Muller (1100 salariés, 200 millions d’euros de chiffre d’affaires), née dans les années 50, fait ses premiers pas au CES.  "C’est là qu’il faut aller pour avoir un rayonnement mondial, et là où tous les décideurs se rendent", juge Pascal Teurquetil, directeur général de l’entreprise. Muller ne cède pas simplement à un effet de mode, promettent ses dirigeants. Cette présence se veut le symbole de la transformation de l’entreprise. "Nous sommes une entreprise extrêmement innovante. Nous investissons plus de 40% de nos résultats dans l’usine du futur et la technologie. Nous venons d’investir 5 millions d’euros dans un Creative Lab de 1000 m², à Laon (Aisne) pour travailler avec les acteurs académiques et les start-up, en plus de nos cinq centres de recherche en France", explique le directeur général.

 

Muller, historiquement très B2B avec ses marques Noirot, Airelec, Chaufellec peu connues du grand public, cherche aussi à se rapprocher du consommateur final. D’où l’association avec Netatmo, avec laquel il a travaillé sur un radiateur électrique connecté pendant douze mois. "Cela ne nous a pas forcément fait gagner du temps, mais tous seuls nous n’aurions pas été aussi pertinents. La start-up a un vrai savoir-faire dans la relation homme / machine, les interfaces, le contrôle vocal des équipements, l’ouverture à d’autres acteurs du monde du bâtiment". Netatmo accueille Muller sur son stand, dans la section "smart home" du CES. Le partenariat va se poursuivre au-delà de l’événement. "Ils vont notamment nous aider à faire évoluer le système en continu, via les mises à jour". Une petite révolution pour Muller qui va garder le contact avec le client final au-delà de l’acte de vente.

 

Decayeux veut penser "out of the box" (à lettres)

 

 

Decayeux, premier fabricant européen de boîtes aux lettres né en 1872, expose pour la première fois au CES, après un round d’observation. "Nous étions venus en repérage en 2017", raconte Stéphane Decayeux, qui incarne la sixième génération de l’entreprise familiale picarde. "Nous avons réalisé une étude de marché sur la possibilité de lancer une gamme de produits connectés, avons validé nos choix avec la Bpi. Les conclusions nous ont convaincu de sauter le pas et de venir en tant qu’exposants". Un choix stratégique qui s’inscrit dans une réflexion plus ancienne sur l’avenir du cœur de métier de l’entreprise. "Avec la mort du courrier, on a commencé à réfléchir il y a quatre ans à l’évolution de notre métier. On s’est demandés quel rôle jouer dans la révolution de la logistique, la livraison du dernier kilomètre… Nous voulons muter d’une société purement industrielle à une entreprise de services plus proche de l’utilisateur final grâce au logiciel et aux données".

 

Cette volonté s’incarne par le produit présenté au CES, fruit de plusieurs mois de R&D : une boîte à colis connectée sécurisée pour les immeubles et espaces collectifs (comme les campus). Avec elle, Decayeux veut attaquer le marché américain. Mais pas seulement. "On a calé une cinquantaine de rendez-vous sur place, y compris avec des décideurs français, car il est plus facile de discuter avec eux à Las Vegas qu’à Paris, glisse Stéphane Decayeux. Decayeux veut valider l’appétit du marché américain pour ses solutions avant, ‘éventuellement, de s’installer plus durablement sur place. Sa présence au CES ne relève en, aucune façon du "gadget" selon son directeur général. "On n’y va pas pour se faire plaisir, même si le fait d’exposer et de recevoir un award est une forme de reconnaissance pour les équipes".

 

Hammel créée un pure player de la douche, "Elmer"

S’inspirer des marques "digital native" pour bousculer son marché ? C’est le pari de la société Hammel robinneterie, née en 1948 dans la région Aquitaine. Avec sa filiale Aqua+, elle aimerait bien réussir pour le marché de la douche ce que d’autres ont réalisé pour celui des matelas (comme Casper, Eve ou Tediber). Une petite équipe de six personnes (dont le co-directeur général David Hammel) planche depuis deux ans en mode start-up sur une toute nouvelle marque, Elmer, centrée sur l’expérience client. Son premier produit est une cabine de douche et de relaxation "plug and play" et connectée, plus facile à installer que les systèmes existants. "On a cassé les modes de fonctionnement habituels du groupe", confie Isabelle Carman, directrice générale d’Aqua+, basé à Angoulême. "Pour ce projet nous avons une approche B2C différente de notre business model habituel. On a voulu innover dans un segment – la salle de bain – qui stagne depuis des années, en se concentrant sur l’expérience utilisateur". La création d’Elmer est aussi le vecteur d’une transformation RH plus profonde. "Depuis l’été 2017, nous avons lancé une réorganisation de l’entreprise autour du concept d’ 'entreprise libérée', qui passe par l’adoption d’outils collaboratifs, la création d’espace de détente, un nouveau mode de gestion de projets. Nous voulons vraiment responsabiliser chaque salarié au sein des équipes, ne plus avoir une approche du haut vers le bas. D’autres entités du groupe regardent avec intérêt ce que nous construisons".

 

Pourquoi présenter Elmer au CES ? "Parce que c’est le salon qui consacre les objets connectés, répond Isabelle Carman. Nous venons à la rencontre des distributeurs, notamment européens et asiatiques, car si nous vendons nous-même en ligne sans intermédiaire, le concept a besoin d’être présenté en lieu de vente physique". Aqua+ espère aussi dénicher de potentiels partenaires pour proposer d’autres services autour de sa douche connectée. Pour la pas si jeune pousse, le CES "n’est que le début de l’histoire".

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