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[MWC 2019] Prise en main du Varjo VR-1, le nouveau casque de réalité virtuelle de référence pour les pros

La start-up finlandaise Varjo vient de lancer son casque de réalité virtuelle destiné aux professionnels. Vendu presque 7000 euros avec sa licence, il se positionne comme une solution haut de gamme, dont la qualité d'affichage est bien supérieure à celle du HTC Vive Pro, la référence actuelle du milieu. Est-il à la hauteur des espérances ? Nous l'avons pris en main lors du MWC 2019 pour en juger.
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Prise en main du Varjo VR-1, le nouveau casque de réalité virtuelle de référence pour les pros
[MWC 2019] Prise en main du Varjo VR-1, le nouveau casque de réalité virtuelle de référence pour les pros © Julien Bergounhoux

Le finlandais Varjo était présent au Mobile World Congress 2019 du 25 au 28 février sur le stand BusinessFinland. La jeune entreprise y présentait son casque de réalité virtuelle récemment annoncé, le VR-1. L'Usine Digitale a pu le prendre en main et s'entretenir avec son CEO, Niko Eiden.

 

Nous avions fait l'essai de prototypes du casque par le passé, mais les progrès effectués depuis lors sont impressionnants. Varjo a clairement soigné au maximum aussi bien la conception et la finition de l'appareil que sa partie logicielle. Il faut dire que ses 115 employés, dont une partie vient de Nokia, n'en sont pas à leur premier rodéo.

 

Une frontière très atténuée entre les Deux écrans

Le grand différenciateur du Varjo VR-1 par rapport à la concurrence est l’utilisation d’un écran très haute résolution (le "Focus Display") placé au centre d’un écran équivalent à celui du Vive Pro (le "Context Display").

 

La frontière entre les deux écrans a été fortement atténuée depuis notre dernier test, au point de pouvoir se faire oublier par l'utilisateur. C’est en partie possible car une calibration pointue des écrans a été faite pour obtenir une colorimétrie et un contraste extrêmement proches, ce qui n’est pas une mince affaire étant donné qu’ils proviennent de deux fournisseurs différents (Sony et Samsung).

 

Une netteté inégalée et un suivi des yeux solide

Nous avons été transposés dans plusieurs environnements lors de notre prise en main : tour de contrôle d’un aéroport, cockpit d’un avion de ligne, atelier d’un artiste (capturé par photogrammétrie), intérieur d’une voiture, reconstruction d’un appartement. Ils mettent en avant la netteté visuelle impressionnante du VR-1.

 


Comparaison entre le rendu du Vive Pro (gauche) et du Varjo VR-1 (droite)

 

Elle permet d’apprécier un niveau de détails hors d’atteinte des autres casques du marché : voir le grain du bois sur les lattes d’un parquet, lire le titre de livres rangés sur une bibliothèque à 4 mètres de distance, repérer de très fins détails sur les commandes de l’avion ou le tableau de bord de la voiture… La principale contrainte est que pour en profiter au maximum, il faut déplacer son regard en bougeant la tête mais en gardant les yeux rivés bien au centre (sur le Focus Display).

 

Le VR-1 dispose d’un système intégré de suivi des yeux dont nous avons aussi fait l’essai. Varjo a fait le choix de développer sa propre solution en interne après qu’une entreprise avec laquelle elle travaillait se soit fait racheter. Le résultat est assez impressionnant : le suivi des yeux est rapide et précis. Notre ressenti est qu’il n’a rien à envier aux autres solutions du marché.

 

La nouvelle référence pour les professionnels

Malgré son poids de 905 grammes, le casque est confortable à porter. Il utilise un système d’attache rigide qui se resserre avec une molette à l’arrière. L’un des points faibles du VR-1 est qu’il dispose d’un champ de vision réduit, de seulement 87° contre 110° habituellement. Ce n’est pas idéal, mais ça ne nous est pas apparu excessivement gênant pour les cas d’usage concernés.

 

Comparaison entre le rendu du Vive Pro (gauche) et du Varjo VR-1 (droite)

 

En revanche, nous avons noté une forme de screen tearing qui apparaît parfois lorsque l’utilisateur bouge rapidement la tête. C’est une conséquence de la différence de fréquence de rafraîchissement des écrans (le Focus Display étant rafraîchi à 60 Hz et pas 90 Hz). Niko Eiden affirme que les prochains casques de Varjo résoudront ce problème car ils utiliseront des écrans conçus sur mesure.

 

Malgré ce petit défaut, le constat est sans appel : pour les entreprises qui effectuent des revues de conception avec de forts enjeux ou des formations avec de grandes exigences, et qui disposent donc de bons budgets (on pense notamment à l'industrie automobile ou aéronautique, mais aussi au monde de la construction), le Varjo VR-1 est aujourd'hui le premier produit vers lequel se tourner.

 

Un Contrôleur dédié en cours de développement

Si aujourd'hui l'entreprise propose le casque seul, sans balises ni contrôleurs, cela ne sera pas le cas éternellement. "Nous vendrons des balises dès que nous pourrons en acheter directement à Valve, explique Niko Eiden. Quant aux contrôleurs, nous ne voulions pas simplement utiliser des contrôleurs conçus pour le jeu vidéo. Maintenant que le casque est sorti, nous allons accélérer sur le sujet. Notez bien cependant qu'il s'agira d'un contrôleur conçu pour les usages professionnels, différent de ce à quoi les gens sont habitués."

 

Varjo prévoit également de commercialiser un module additionnel permettant au VR-1 de faire de la réalité augmentée d’ici la fin de l'année. Le casque est vendu 5995 euros (accompagné d'une licence à 995 euros) et expédié sous 2 mois.

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