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Nest ouvre à l'industrie son protocole Weave... Pour libérer la smart home ou mieux la contrôler ?

Faire parler les objets de la smart home entre eux sans connexion à Internet : c'est la promesse du protocole de communication Weave, développé par Nest. Nouveauté : des constructeurs tiers pourront intégrer cette technologie à leurs produits dès 2016. Somfy et Legrand font partie des 11 premiers partenaires de Nest. Trois fabricants de semi-conducteurs fabriqueront aussi des modules compatibles.
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Nest ouvre à l'industrie son protocole Weave... Pour libérer la smart home ou mieux la contrôler ?
Nest ouvre à l'industrie son protocole Weave... Pour libérer la smart home ou mieux la contrôler ? © Nest

Permettre aux objets de communiquer entre eux très facilement, pour déclencher des actions contextuelles automatiques : c'est selon Nest la clé du succès de la smart home. Le fabricant d'équipements connectés pour la maison, racheté par Google en 2014, tente de rendre de plus en plus d'objets compatibles avec ses trois produits : un thermostat, un détecteur de fumée et une caméra.

 

Il a bâti pour cela le programme "Works with Nest" qui rassemble désormais 11 000 développeurs et une cinquantaine de marques. Plus de 100 "intégrations" sont ainsi disponibles pour les clients de Nest, qui peuvent ainsi construire leur maison intelligente brique par brique en faisant interagir leurs ampoules Philips, leur montre Pebble, leur machine à laver Whirpool avec les objets de la gamme Nest. Selon la marque américaine, un de ses clients sur huit profite de ces "intégrations" de produits tiers. "Et leurs retours nous incitent à aller plus loin", commente Lionel Guicherd-Callin, responsable marketing Europe Nest Labs.

 

weave, l'arme secrète de nest

Pour y parvenir, Nest a une arme secrète : le protocole propriétaire qu'il a développé pour permettre à ses objets de communiquer entre eux. Ce langage de communication, baptisé "Weave", permet par exemple aux détecteurs Nest Protect placés dans différentes pièces de communiquer les uns avec les autres sans connexion internet par Wi-Fi. Or, jusque là, dans la smart home, la communication entre objets ne se faisait pas toujours de façon locale (sauf à passer par une box ou un routeur, ce qui peut rendre l'opération complexe) mais via Internet. C'est souvent la communication de cloud à cloud (d'un constructeur à l'autre) qui permet des interactions entre objets de marques différentes.

 

Legrand et Somfy embarqués

Nest annonce ce 1er octobre son intention de faire profiter d'autres fabricants de son protocole propriétaire Weave. Onze premiers partenaires ont été choisis pour intégrer la technologie à leurs produits, parmi lesquels les français Legrand et Somfy. Le premier produit non-Nest à intégrer Weave sera une serrure intelligente de la marque Yale, la "Linus" (aux faux-airs de smartphone) qui sera commercialisée aux Etats-Unis en 2016.

 

 

 


Weave sera ensuite ouvert à tous les acteurs qui le souhaitent, via une API (interface de programmation) et des kits hardware (Dialog, Freescale et Silicon Labs y travaillent), dans le courant de l'année 2016. Un programme de certification des produits sera alors mis en place.

 

un langage vraiment conçu pour l'internet des objets

Que peuvent espérer les acteurs du marché de la smart home de ce mode de communication ? "Avec Nest, les objets pourront communiquer en local avec une faible latence. Le protocole a été bâti pour tenir compte des propriétés des objets connectés : la gestion de la batterie, le fait que beaucoup soient "dormants" la plupart du temps, etc., détaille Lionel Guicherd-Callin. Il est très compact et peut être intégré à des objets, comme des capteurs, disposant de peu de mémoire (64 kilooctets suffisent) et de batterie".

 

Weave permet à chaque objet de partager des statuts, de comprendre quels sont les autres objets du réseau de la maison et de bâtir des interactions en conséquence. Le tout de façon automatique, sans avoir à configurer des scénarios en amont. "L'utilisateur devra juste autoriser ou pas, en préambule, le partage de telle ou telle information par ses objets", précise Lionel Guicherd-Callin. Comme pour les autorisations données aux applications pour smartphones. Pour Nest, ce travail de configuration doit ensuite s'opérer en arrière-plan, de façon invisible pour l'utilisateur. "Ce genre de choses doit totalement être intégré, dissimulé. C'est à la technologie de faire ce travail de façon invisible, pas à l'utilisateur. Si on doit programmer et dire quoi faire à chaque objet connecté, gérer les communications et les compatibilités, il va rapidement falloir un diplôme d'ingénieur pour y parvenir", sourit  le porte-parole de Nest.

 

de nouvelles API en attendant Weave partout

La division Smart home de Google (et bientôt Alphabet) juge que l'ouverture de Weave aux constructeurs-tiers et développeurs est "une avancée technologique importante pour le monde des objets connectés". "Les objets vont pouvoir se parler et se comprendre, non pas via une technologie héritée des dernières années, mais pensée pour les dix prochaines", résume le responsable marketing Europe de Nest."C'est très technique, mais cela sera avant tout une bonne nouvelle pour les consommateurs quand des produits l'intègreront".

 

En attendant que des produits Weave soient commercialisés, sans doute pas avant 2017 en Europe, Nest va poursuivre sa politique d'ouverture en mettant à disposition des API autour de sa caméra connectée, la Nest Cam (dévoilée en juin) et en ouvrant un catalogue permettant à ses clients de visualiser l'ensemble des produits compatibles avec leurs objets Nest, le Works with Nest Store.

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