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Nokia Here, Google Maps, TomTom, OpenStreetMap... qui sont les champions de la cartographie numérique ?

Alors que des groupes comme Uber ou Facebook se montreraient intéressés par le service de cartographie numérique Here du finlandais Nokia, retour sur les principaux leaders de ce secteur. Des pros du GPS, TomTom et Garmin, aux géants du numérique, Google et Apple, sans oublier l’alternative open data avec OpenStreetMap, panorama de ces guides incontournables disponibles sur l’écran du tableau de bord, depuis un boîtier dédié ou directement sur smartphone et tablette.
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La cible 

Nokia Here, le champion de la navigation intégrée

Avec le rachat d'Alcatel-Lucent, Nokia veut s'imposer comme le champion européen de l'équipement télécoms. Son activité de cartographie et de navigation GPS - issue du rachat de Navteq en 2007 et conservée lors de la cession de sa division mobile à Microsoft en 2013 - n'apparaît donc plus stratégique pour le groupe finlandais. Depuis l'annonce d'une possible mise en vente de Nokia Here, les acheteurs potentiels se bousculent au portillon, les médias évoquant notamment Uber, Facebook, le Google chinois Baidu ou encore une alliance des constructeurs allemands Audi, BMW et Mercedes.

L'enjeu : mettre la main sur des technologies essentielles dans des domaines d'avenir comme le véhicule autonome et sur un impressionnant portefeuille de clients. Nokia Here revendique ainsi sa présence dans les quatre cinquièmes des plans des GPS intégrés aux voitures vendues en Europe et Amérique du Nord. Ses données cartographies sont également utilisées par Microsoft (pour son service Bing Maps), Amazon et par le français Coyote sur ses avertisseurs de radar et applications qui proposent la navigation intégrée. Dernier atout, son application mobile HereMaps - encore peu connue du grand public car disponible depuis peu sur Android et iOS - en fait un concurrent de poids face à l'hégémonie de Google Maps.

Les cartes des géants du numérique

Google Maps, la carte maîtresse

Google a rapidement compris l'importance de la cartographie numérique. Son service Google Maps a été lancé en 2004 suite au rachat de plusieurs entreprises dont Keyhole, qui avait développé une application "EarthViewer" que le géant de Mountain View rebaptisera "Google Earth". Devenu rapidement leader dans la recherche d’itinéraires sur ordinateurs, son application est également très populaire sur les mobiles Android ou iOs. L’acquisition de la start-up israélienne Waze en 2013 lui a permis d'ajouter une dimension collaborative, notamment pour la gestion du trafic routier. Aujourd'hui, l'avance prise par Google dans ce domaine lui offre de nouvelles perspectives, via notamment son système embarqué Android Auto, ou encore dans le véhicule autonome avec son programme Google Car.

Apple Plans, de cancre à élève prometteur

Depuis le lancement catastrophique de son application Apple Plans ("Appel Maps" en anglais) en 2012, la marque à la pomme continue d'investir massivement dans cette division stratégique. A l'instar de Google et Facebook notamment, Apple cherche en effet à occuper la place la plus importante dans la vie de l'utilisateur, en particulier dans ses déplacements. Pas question donc de se laisser (trop) distancer par Google Maps, service qui avait rapidement dû faire son retour sur iOS face à la pression des utilisateurs mécontents, et Nokia Here. Le récent rachat de Coherent Navigation, entreprise qui a travaillé sur une technologie de GPS ultra précis, vient ainsi compléter une longue liste d'acquisitions dans ce domaine au cours des dernières années. De quoi également venir entretenir les rumeurs sur les ambitions d'Apple dans l'automobile, avec la sortie attendu d'une iCar en 2020...

Les pros du GPS et de la carte papier

TomTom et Garmin, des boîtiers GPS aux objets connectés

Leaders des boîtiers GPS, le néerlandais TomTom et l'américain Garmin s'ouvrent depuis peu aux objets connectés, notamment dans le domaine du sport. Lors du dernier marathon de Paris, deux journalistes ultraconnectés de L'Usine Digitale avaient ainsi pu tester des équipements fournis par les deux marques. Une diversification qui vient répondre à une chute des ventes des boîtiers GPS, en raison notamment de la saturation du marché et de la concurrence des applications de navigation pour smartphone.

Si sa propre application fonctionnant avec un abonnement payant n'a pas rencontré un grand succès, TomTom bénéficie tout de même du boom du mobile en fournissant à Apple ses données de cartographies pour son application Plans. L'annonce de la signature du contrat en 2012 avait fait grimpé en flèche l'action en Bourse du néerlandais et le partenariat vient tout juste d'être renouvellé. TomTom fournit également ses données au site français Mappy, qui appartient à Solocal Group (Pages Jaunes). De son côté, Garmin propose également des systèmes de navigation pour l'aviation et la marine.

ViaMichelin, la bonne vieille carte routière numérisée

Engagé dans un vaste mouvement de digitalisation de ses activités, le Bibendum n'oublie pas ses célèbres cartes routières ! C'est en 2001 que le groupe Michelin a créé la marque ViaMichelin avec l'idée de proposer des services d'aide à la mobilité sur supports numériques. Si le groupe a arrêté sa production de boîtiers GPS en 2008, il se concentre depuis sur les services avec le lancement en 2013 d'un bouquet d'applications Android et iOS qui réunit notamment son service de navigation avec gestion du trafic "Michelin Navigation" et ses guides d'hôtels et de restaurants. Une extension logique de ses cartes et guides touristiques au moment de l'explosion des usages liés au numérique.

L’alternative open source

OpenStreetMap, le Wikipédia de la cartographie

Comme dans de nombreux domaines, il faut également compter sur un trublion open source face à ces acteurs prédominants dans la cartographie numérique.Né en 2004, le projet OpenStreetMap (OSM) vise à constituer une base de données géographiques libre du monde fondée sur la collaboration de tout utilisateur volontaire et sur les nouveaux outils de "néogéographie" (un néologisme qui traduit la montée en puissance des outils de cartographie numérique accessibles par tous en ligne). Ce Wikipédia de la cartographie s'est donc enrichi au fil des années et a recruté son millionième contributeur début 2013.

Le principal intérêt d'OSM réside dans la possiblité de reproduire, réutiliser et modifier les contenus. Cette cartographie libre est donc utilisée par un grand nombre de sites internet et d'applications. En 2012, le site de géolocalisation Foursquare est ainsi passé de Google Maps à OpenStreetMap. Il est également possible d'utiliser les données d'OSM pour les intégrer à des logiciels de navigation : c'est le cas par exemple de l'application MapFactor, qui compte entre 5 et 10 millions de téléchargement sur le Play Store. En France, OpenStreetMap est également au coeur de la première base adresse nationale (BAN) collaborative française gratuite, l'initiative open source de l'Etalab lancée en avril dernier en partenariat avec La Poste et l'IGN

Julien Bonnet

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