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"Nous devons garder notre avance dans le digital", explique Vas Narasimhan de Novartis Pharmaceuticals

Partenariats innovants dans les nouvelles technologies, intensification de la compétition mondiale, thérapies cellulaires... Vas Narasimhan, le responsable du développement pour la division pharmacie du laboratoire suisse Novartis, a confié à L’Usine Nouvelle les projets du numéro un mondial du secteur.
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Nous devons garder notre avance dans le digital, explique Vas Narasimhan de Novartis Pharmaceuticals
"Nous devons garder notre avance dans le digital", explique Vas Narasimhan de Novartis Pharmaceuticals

Comment Novartis peut-il garder sa place de numéro un alors que la compétition s’intensifie avec les biotechs spécialisées ?

Nous voulons maintenir notre avance par l’innovation et notre diversification, que ce soit en oncologie ou en ophtalmologie, ce qui nous permet, si notre pipeline ralentit dans une aire, de mettre l’accent sur une autre. Mais pour chaque maladie que nous ciblons, nous voulons avoir une véritable expertise en utilisant toutes les technologies disponibles, y compris digitales. Nous sommes ainsi capables de concurrencer des acteurs plus spécialisés comme Biogen dans la sclérose en plaques ou Bayer dans l’OTC (les médicaments vendus sans ordonnance, ndlr). Nous devons pouvoir le faire pour six ou sept maladies.

 

Comment le digital se combine-t-il à la pharmacie ?

Demain, il y aura la convergence de nombreuses technologies : les dispositifs médicaux, les capteurs… Personne ne sait encore comment cela va marcher. Nous avançons à travers plusieurs axes. En investissant dans des entreprises via des fonds de capital-risque ou en engageant de grands partenariats, avec Google dans les lentilles, Qualcomm ou encore Microsoft. Avec ce dernier, nous développons un outil pour la sclérose en plaques en utilisant le système de reconnaissance de mouvements Kinect pour mesurer l’évolution du handicap.

 

Nous testons aussi les nouvelles technologies dans les essais cliniques de nos traitements : certains patients portent des montres dotées de capteurs, d’autres testent des inhalateurs que nous avons dotés de micropuces avec Qualcomm… D’ici trois à cinq ans, la grande question sera : est-ce que ces technologies ont montré leur valeur ajoutée ? Nous pensons être le numéro un en matière de digital dans notre industrie, mais nous devons garder notre avance…

 

L’émergence de thérapies cellulaires transforme-t-elle votre modèle ?

Dans le futur, on aura un mélange de différents modèles : des petites molécules, des médicaments injectables, des biomolécules, et les thérapies cellulaires et géniques joueront un nouveau rôle pour certaines maladies graves. Le challenge sera de savoir comment fournir ces nouvelles thérapies aux patients, tout en sachant qu’elles sont encore très complexes et coûteuses.

 

Aujourd'hui nous travaillons donc énormément pour démontrer les bénéfices pour les systèmes de santé des pays et les hôpitaux. Nous devons apporter les preuves que nos traitements - sans doute en combinant aussi diagnostic et dispositifs médicaux pour améliorer l’observance du patient - créent de la valeur pour le système de santé. Je sais que notre filiale française a des projets en cours sur ce sujet.

 

Quand pourriez-vous devenir numéro un dans le traitement des cancers ?

Aujourd'hui nous sommes numéro deux (derrière le compatriote suisse Roche, ndlr), dans un monde en pleine évolution. Je pense que le gagnant sera celui qui sera capable de combiner thérapies ciblées et immuno-oncologie et de faire des propositions créatrices de valeur pour les payeurs. Nous disposons d’un large pipeline grâce à notre expertise interne et à l’acquisition l’an dernier de la division oncologie de GSK. Nous sommes en très bonne position.

 

Que représente la France pour vous ?

Nous y avons notre principale usine de médicaments biologiques et la France reste un de nos pays phares en matière de recherche clinique pour traiter de nombreuses maladies. Nous avons récemment signé un partenariat avec le laboratoire Servier et l’Hexagone reste un bon environnement pour la biotechnologie et la pharmacie. Avec l’explosion actuelle de biotechs à travers le monde, il est important de pouvoir concurrencer des écosystèmes comme Boston, San Francisco, Londres, Israël ou même Shanghai…

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

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