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Nouveau président, recapitalisation, moteur de recherche de l'administration… un vent de changement souffle sur Qwant

La start-up française Qwant change de président. Eric Leandri quitte la direction exécutive de l'entreprise et rejoint un comité scientifique. Jean-Claude Ghinozzi prend sa place. Dans le même temps, Qwant se recapitalise via la Caisse des dépôts et Alex Springer. Enfin, le moteur de recherche va être déployé dans l'administration française dès avril 2020.  
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Nouveau président, recapitalisation, moteur de recherche de l'administration… un vent de changement souffle sur Qwant
Nouveau président, recapitalisation, moteur de recherche de l'administration… un vent de changement souffle sur Qwant © Qwant

La start-up française Qwant, qui développe depuis 2013 un moteur de recherche alternatif à Google, tourne une page de son histoire. Dans un communiqué publié le 9 janvier 2020, Qwant annonce le départ d'Eric Leandri, son président historique, de la direction exécutive de l'entreprise dès le 15 janvier 2020. Mais il ne quitte pas totalement le navire. Il prendra la tête d'un comité consultatif chargé de définir les grandes "orientations scientifiques et technologiques" de l'entreprise. 

 

C'est Jean-Claude Ghinozzi, directeur commercial de Qwant depuis 2017, qui va prendre le poste de président de la société. Quant à Tristan Nitot, récemment nommé directeur général en septembre 2019 et interviewé par L'Usine Digitale à cette occasion, il reprendra son poste précédent de vice-président chargé des affaires publiques.

 

Nouvelle levée de fonds de 10 millions d'euros

De plus, le moteur de recherche a obtenu une recapitalisation de la part de la Caisse des dépôts et de son autre actionnaire, le groupe de presse allemand Alex Springer. "Les actionnaires de référence (…) ont décidé de renouveler leur confiance et se sont engagés à participer à un nouveau tour de table qui sera finalisé courant février", se borne à indiquer le communiqué. Mais, selon Libération, il s'agirait d'une nouvelle levée de fonds de près de 10 millions d'euros.

 

L'objectif est de sortir l'entreprise du rouge avec ses 11,2 millions d'euros de perte en 2018 après 10 millions en 2017 et 4,7 millions en 2016. "On passe à l'étape de la monétisation. Il est vital pour notre entreprise de pouvoir s'autofinancer, tout en restant conforme à nos valeurs, au no-tracking", a déclaré Jean-Claude Ghinozzi à Capital.

 

Interrogé par Le Figaro, Antoine Troesch a indiqué que la Caisse des dépôts a décidé de ré-investir dans Qwant car le moteur de recherche est désormais entré "dans une phase de développement tout à fait positif". Il a ajouté que l'institution financière française souhaitait accompagner Qwant en tant qu' "élément de souveraineté nationale".

 

Ces changements ne s'apparenteraient-ils pas à une reprise en main des actionnaires principaux de Qwant suite à une série de polémiques ? Ces derniers mois, l'entreprise a subi de nombreuses critiques, notamment sur l'avancée de ses technologies et sa santé financière. En septembre 2019, la Caisse des dépôts et le groupe allemand laissaient entendre qu'ils souhaitaient une nouvelle présidence. 

 

Qwant devient le moteur de recherche de l'administration

Ces chambardements au sein de Qwant s'accompagnent d'un nouveau coup de pouce de la part du gouvernement français. D'après une note envoyée le 7 janvier 2020 à la Direction interministérielle du numérique que Libération s'est procurée, l'entreprise française va devenir le moteur de recherche par défaut de l'administration. Concrètement, il remplacera Google sur des millions de poste, sauf si l'utilisateur décide de changer les paramètres. Cette bascule devrait s'opérer d'ici le 30 avril 2020.

 

Cette mesure avait été annoncée en mai 2019 par Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique. Après plusieurs audits réalisés entre juillet et septembre, le gouvernement a conclu que Qwant respectait bien les critères qu'il s'était fixé en matière de protection de vie privée et de la protection des données personnelles.

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