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Numérique et pays arabes : et si on arrêtait de se focaliser sur Dubaï ?

L'Institut du Monde Arabe a réuni des acteurs institutionnels, des entrepreneurs et les représentants de grands groupes pour débattre sur la transformation digitale dans les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Alors que Dubaï a tendance à capter toute l'attention dans cette région, les intervenants ont rappelé la diversité du paysage local.
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Numérique et pays arabes : et si on arrêtait de se focaliser sur Dubaï ?
Numérique et pays arabes : et si on arrêtait de se focaliser sur Dubaï ? © © IMA / Thierry Rambaud

L’Institut du Monde Arabe (IMA) a organisé le 13 février 2018 la 10e édition de ses rencontres économiques du monde arabe. L’événement a réuni des acteurs institutionnels, des fondateurs de start-up locales et des représentants de grands groupes sur le thème de la transformation digitale. Des échanges qui ont permis de faire un petit état des lieux sur le développement du numérique dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, la fameuse région MENA (pour Middle East and North Africa). Autour de la table, on retrouve ainsi un entrepreneur installé à Dubaï, le cofondateur d’un incubateur tunisien ou encore un ancien ministre égyptien.

 

Un développement inégal du numérique

On a tendance à gommer les particularités locales en parlant de "monde arabe”... A tort. Guénaëlle Gault, responsable du numérique pour Kantar Public, rappelle le fossé entre des pays peu connectés (comme l’Irak, le Soudan ou le Yémen) et d'autres beaucoup plus avancés comme l’Arabie Saoudite : "Dans les pays du Golfe, les taux de connexion tutoient les 100 %, l’équipement mobile dépasse même parfois les 150 % et 70 % de la population est sur les réseaux sociaux."

 

Les pays du Golfe souhaitent conserver leur avance avec des plans d'investissement menés sur le long terme par les gouvernements avec Smart Dubaï 2021 ou Vision 2030 pour l'Arabie Saoudite. Dans des pays moins connectés, la transformation numérique s'effectue par le bas avec des Etats cherchant à faciliter la vie des start-up. La Tunisie a ainsi voté un Start-up Act fin 2017 et le Maroc a créé en décembre 2017 une agence du développement digital.

 

Côté grands groupes, on identifie la région MENA comme une terre d'opportunités avec des besoins spécifiques. Par exemple, Orange compte des branches au Maroc, en Egypte, en Tunisie, en Jordanie et en Irak. L’opérateur dénombre dans ces pays 55 millions d’abonnés et quelque 8500 employés. "Nous fournissons des services aux communautés pour améliorer les capacités en e-santé, en éducation, dans la culture et pour une meilleure gestion des infrastructures. Ces services requièrent une connexion et des appareils mobiles", décrit à L’Usine Digitale Atef Helmy, conseiller principal d’Orange Middle East & Africa.

 

560 millions de dollars levés à Dubaï en 2017

Dans ce paysage, Dubaï a tendance à monopoliser l’attention. “Plus de 560 millions de dollars ont été levés par 260 start-up à Dubaï en 2017. On parlait de 3 milliards de dollars pour la France. Beaucoup de sièges d’entreprises sont aussi basés à Dubaï”, rapelle Sébastien Marteau, PDG et fondateur d’Iconiction, une start-up spécialisée en publicité mobile géolocalisée et en shopper marketing.

 

Pour autant, il ne faut pas idéaliser l'émirat selon lui : "Le coût de la vie est élevé et c’est difficile d’avoir des employés dans la région contrairement à un marché comme la France où énormément de choses sont faites pour aider les start-up à l’amorçage. On constate qu’il y a beaucoup de sièges, d’entités commerciales et marketing à Dubaï mais les entités de développement vont être en Jordanie, en Egypte, au Maroc, en Tunisie, voire en Inde."

 

Un constat validé par Hervé Cuviliez, PDG de Diwanee, une entreprise spécialisée dans les médias digitaux au Moyen-Orient : "Il faut arrêter avec l’effet loupe sur Dubaï. C’est un atypisme dans la région qui est très utile mais qui met un voile sur le reste. En Egypte, il y a une scène de start-up énorme, le Maroc est très bien positionné pour l’Afrique de l’Ouest. Il y a un vrai potentiel pour développer des entreprises qui ne sont pas des répliques de ce qui existe."

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