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OpenClassrooms exporte sa plate-forme ouverte de formation en Europe

Il faut se méfier des adolescents insatisfaits. Pierre Dubuc et Mathieu Nebra, les deux fondateurs d'OpenClassrooms, étaient encore collégiens quand ils ont commencé à proposer des formations en ligne pour les domaines qui les intéressaient. Quinze ans plus tard, ils sont à la tête d'une entreprise qui s'attaque aux marchés espagnols, anglais et allemands. 

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OpenClassrooms exporte sa plate-forme ouverte de formation en Europe
Dans les locaux parisiens d'OpenClassroms on retrouve les codes des start-up. Apprendre oui, mais sans oublier de s'amuser aussi ! © D.R.

Mais quelle est donc cette école fréquentée chaque mois par 2 à 3 millions d’élèves pour suivre une des mille formations disponibles ? C’est la plateforme de cours OpenClassrooms, créée il y a plus de 15 ans par Pierre Dubuc et Mathieu Nebra. Ces deux collégiens, qui voulaient apprendre à créer des sites Internet, ne trouvaient pas de solutions satisfaisantes, ni en ligne, ni dans les livres, pas davantage à l’école. "On n’imaginait pas à l’époque en faire notre métier, ni employer trente personnes trente ans plus tard", explique Pierre Dubuc, le président de l'entreprise.

 

Un développement récent. L’entreprise n'a pris sa forme actuelle qu'il y a trois ans. Ressortissant plutôt de la formation ou de l’enseignement supérieur, que de l'école, OpenClassrooms propose un ensemble de modules vidéos et autres supports de cours sur des sujets variés. Sur le site de l’entreprise, on trouve aussi bien des cours pour coder que des conseils pour faire une dissertation, le tout gratuitement, puisque comme l’explique Pierre Dubuc, l’entreprise "ne vend pas de formation, mais des services."

 

Et elle parie sur le développement de ces services, qui sont la principale source de revenus. Pour 20 euros par mois, l'apprenant obtient ainsi, outre l'accès à des vidéos en ligne, la possibilité de les télécharger (et donc de les conserver), de pouvoir consulter des livres électroniques sur des thèmes associés et d’aller au rythme qui lui convient. Le paiement est indispensable pour qui veut obtenir un certificat.

 

Concilier l'industrialisation et le sur mesure

Une nouvelle offre vient d’être mise au point. Pour 300 euros par mois, elle associe les cours en ligne et le recours à un mentor en visioconférence, capable de répondre aux questions que se pose la personne en cours de formation. De cette façon, il est possible de concilier les bienfaits d’une industrialisation de la production des vidéos et un service sur mesure. "Ce n’est pas un professeur qui donne un cours, précise Pierre Dubuc, mais bien un mentor, qui pratique la pédagogie inversée".

 

Selon lui, les clients ont deux profils distincts. Ce sont soit des personnes qui n’auraient pas pu suivre de formation, notamment en raison de la difficulté à comprendre l’univers de la formation professionnelle, soit des gens qui auraient pu aussi bien suivre une formation classique mais qui ont été séduit par la flexibilité proposé.

 

Parallèlement, OpenClassrooms a également développé une offre en direction des entreprises et du monde académique. Aux premières, elle fournit son ingénierie pour développer des contenus spécifiques ou bien des abonnements aux contenus disponibles sur la plateforme. Aux secondes, elle propose de mettre en ligne certains cours. Mais à sa façon. Car si la plateforme est ouverte aux propositions venues aussi bien d’institutions que de particuliers, il n’est pas question de diffuser un cours magistral filmé en plan fixe par une caméra. Les cours reprennent les codes popularisés par Internet (formats courts et flexibles, pédagogie inversée, collaboration entre les personnes qui  apprennent, beta tests réalisés par des utilisateurs…).

 

Un développement international programmé

L’entreprise compte 30 salariés répartis entre pros de la pédagogie, des technologies et du marketing et de la vente. Pour assurer son développement, elle a levé deux millions d’euros auprès du fond Alven Capital. Si, à terme, l’entreprise n’exclut pas de s’intéresser à l’enseignement secondaire ou primaire, elle préfère se concentrer sur les segments supérieurs et professionnels, notamment parce qu’ils sont moins protégés et ont un ticket d’entrée qu’elle estime moins élevés.

 

En attendant, elle prépare un lancement d’ici à la fin de l’année sur les marchés allemands et espagnols, où OpenClassrooms va proposer à des enseignants locaux de reprendre des cours existants déjà en français. "Sous titrer un cours ne contribue pas à une bonne expérience utilisateur", justifie Pierre Dubuc. Des cours sont déjà disponibles en langue anglaise, leur nombre va continuer de croître de la même façon.

 

Paradoxalement, OpenClassrooms ne compte pas proposer de cours de langues étrangères, car le marché est très spécifique.

Et quand on lui demande s'il prévoit de "disrupter" les grands noms de la formation professionnel, Pierre Dubuc préfère rire. Le projet d'OpenClassrooms reste fidèle aux débuts de l'aventure, seule l'envergure des moyens a changé : développer une offre alternative pour satisfaire un besoin que les organisations en place ne remplissent pas. Jusqu'à quand ?

Les deux fondateurs d'OpenClassrooms : Pierre Dubuc et Mathieu Nebra

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