Orange Hello 3 : la démonstration d’open innovation industrielle de Stéphane Richard

Ce n’est pas tant les nouveaux produits et services, au goût de déjà-vu, qu’il faut retenir de cette troisième édition du Show Innovation d’Orange : Hello 3. Mais la capacité de l’opérateur à, enfin, ouvrir efficacement ses processus d’innovation à des partenaires industriels. Et son avance en Afrique.

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Orange Hello 3 : la démonstration d’open innovation industrielle de Stéphane Richard

Ce qu’il y a de plus innovant chez Orange, ce n’est pas forcément la multitude de nouveaux produits et services que Stéphane Richard, le PDG, a égrené lors de la troisième édition de son grand show Innovation, Hello 3, le 2 octobre, au Palais de Chaillot, à Paris. D’autant que la plupart des nouvelles offres ont un goût de déjà-vu, chez les concurrents internationaux, souvent américains, qu’ils soient opérateurs, start-up ou géants du Web. L’innovation de rupture pour Orange, annoncée lors du premier Hello, en décembre 2012, c’est le déroulement d’une stratégie dopée à l’innovation tous azimuts, malgré les réticences internes et un lourd historique de réorganisation de la R&D.

En trois ans, Stéphane Richard, qui tient à animer lui-même ces grands shows, à la mode ds "keynotes" américains, a semble-t-il changé d’amis. En 2012, il vantait ses partenariats avec ses principaux concurrents, annonçant un service de communication unifiée (Joyn) avec Vodafone, Deutsche Telekom ou China Mobile et même sa collaboration avec Facebook pour intégrer un système de conversation téléphonique au sein du réseau social (Libon). Aujourd’hui, Orange semble avoir compris que pour capter la valeur de ses clients, que lui disputent les OTT (Over the Top) comme Google, Facebook, Amazon ou Apple, c’est plus vers les industriels ou les start-up qu’il doit se tourner, sans les piller.

Partenaire de Tesla, EDF, Philips, Quicksilver…

Ainsi, c’est avec Sita, qu’il va tester ses "Express Download Stations" bornes de téléchargement ultrarapides dans les gares et les aéroports. Le Grand Stade de Lyon, dont Orange est fondateur partenaire, accueillera son app "Mon réseau" d’optimisation sociale de la qualité du réseau. Pour la voiture connectée, Stéphane Richard a annoncé avoir été choisi comme partenaire par Tesla pour son Modèle S, en France et avoir travaillé avec Renault, Smart et PSA.

Pour développer sa solution "Pops" pour les objets connectés, Orange travaille d’une part avec la start-up française Citizen Sciences, qui développe des tee-shirts mesurant des paramètres d’activité, mais aussi avec Quicksilver, qui a intégré son système dans un bracelet connecté pour surfeurs. Pour la Maison Connecté, son Home Live a comme premiers partenaires Philips et Netatmo.

Côté exploitation des données, grande annonce du Hello 2 de 2013, Stéphane Richard a choisi de valoriser la plate-forme d’open data anonymisées du groupe (Data Avenue) avec une application de "bilan conso expert" développé avec EDF. Il annonce aussi des partenariats avec Altran, Malakoff Médéric, Schneider Electric, SAB ou encore Suez Environnement. "C’est le rôle d’Orange et de ses partenaires de faire prendre conscience de l’importance de ce que l’on appelle aujourd’hui les big data", a même lancé Stéphane Richard.

À noter aussi un mini-consortium d’opérateurs international, comprenant Orange, l’Espagnol Telefónica, China Mobile et l’Australien Telstra, soit un potentiel d’un milliard de clients, pour pousser un système d’authentification sécurisée : Mobile Connect. Annoncé au MWC 2014 en février dernier, il propose un code d’identification unique stocké seulement sur les cartes SIM. "Et nous travaillons avec AT&T à un système de remplissage instantané de questionnaire à partir des données dont nous disposons", a aussi annoncé Le PDG d’Orange.

Toujours une longueur d’avance en Afrique

Reste que la plupart des nouveaux produits et apps présentés pour ses abonnés européens, existent pour la plupart déjà, comme le projet Polaris, qui permettra, comme le fait déjà Netflix, de proposer la même interface quel que soit l’équipement (TV, tablette, smartphone…), ou le boîtier Beacon, de diffusion Bluetooth pour les écoles et les commerces, qu’Apple, notamment, a déjà implémenté…

Mais il est une région où Orange semble garder une vraie longueur d’avance : l’Afrique. Son Orange Money a déjà séduit 12 millions d’utilisateurs. Et l’opérateur continue d’innover en lançant son service Afrimarket, qui permettra aux expatriés d’acheter des produits en Afrique depuis la France, à consommer localement. Mais là-aussi, les Google et autres Facebook ont de grandes ambitions. Et les enjeux sont majeurs.

Aurélie Barbaux

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