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Paris Games Week 2015 : Orange veut faire de ses box des consoles de jeux... grâce au cloud

Analyse Orange met en avant son service de cloud gaming à la Paris Games Week 2015. Si l'opérateur croit en ce service et se félicite de la confiance qu'il a su inspirer aux éditeurs de jeux, son objectif final est de valoriser la fibre optique.

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Paris Games Week 2015 : Orange veut faire de ses box des consoles de jeux... grâce au cloud
Jean-Louis Charléty, Directeur Jeux, Musique, Culture & Infotainment chez Orange. © Julien Bergounhoux

A la Paris Games Week 2015, Orange se fend d'un stand de grande envergure, et accueille même des joueurs professionnels pour des démonstrations en direct. L'enjeu est double. L'opérateur historique met en avant son service d'accès à Internet par la fibre optique, pour lequel il entend atteindre un million de clients avec la fin de l'année en France, mais il promeut aussi son service de cloud gaming.

 

Ce service, lancé par Orange il y a 3 ans, permet à un utilisateur de streamer (transmettre en temps réel) le flux vidéo d'un jeu depuis les serveurs d'Orange vers sa Livebox. Comme tout le travail de calcul nécessaire au fonctionnement du jeu se déroule dans le cloud, cela permet en pratique de jouer sans avoir de console ou d'ordinateur. Une autre façon pour Orange de valoriser la fibre.

 

Valoriser le réseau

Car si le cloud gaming fonctionne avec l'ADSL, il prend tout son sens avec le très haut débit. "Plus vous avez de débit, plus vous pouvez aller vers des jeux exigeants, vers du multijoueur... explique Fabien Dallot, Directeur Cloud gaming et Jeux mobile chez Orange. Et demain bien sûr nous avancerons sur la résolution 4K et même la réalité virtuelle. Avec ce couple fibre optique et cloud gaming, on se rapproche de plus en plus de l’expérience des consoles de nouvelle génération."

 

Nous avons pu tester le service brièvement sur le salon, et l'expérience était convaincante. La qualité graphique est celle d'une console de génération précédente, Xbox 360 ou PS3, la vitesse de rafraîchissement est de 50 images par seconde (contre 25 images par seconde jusqu'à récemment), et nous n'avons pas remarqué de latence entre les contrôles et leur exécution dans le jeu. Côté contrôles justement, le service gère les manettes de PS3 et Xbox 360, et Orange propose, en partenariat avec Bigben Interactive, un contrôleur sans fil dédié. Il est même possible d'utiliser un smartphone (Android ou iOS) en dépannage. Le service en lui-même coûte 10 euros par mois, et donne accès illimité à un catalogue de 200 titres.

 

Séduire les familles...

Orange ne cherche pas à séduire les joueurs les plus fervents (dit "hardcore gamers") et se concentre plutôt sur la famille. Si le marché n'a pas toujours été simple à appréhender, l'opérateur note une tendance positive et se dit confiant quant à l'avenir. "Nous avons doublé notre nombre d’abonnés au service cette année, et nous pensons que cela va se poursuivre l’année prochaine, confie Fabien Dallot. Comme pour toute nouvelle technologie, nous sommes passé par une phase d’apprentissage avec nos clients. Nous entrons désormais dans une phase de dynamisme commercial et d’expansion." Orange compte entre autres sur sa présence au sein des foyers pour s'imposer. "Notre parc installé est de 4 millions de box qui peuvent accueillir ce service, poursuit Fabien Dallot. Il touche donc plus de foyers en France que la PS3."

 

Cette cible familiale, moins exigeante sur les dernières nouveautés, confère également à l'opérateur une certaine marge de manoeuvre quant aux titres qu'il propose. "C’est un peu comme dans l’audiovisuel, vous avez du catalogue et des nouveautés, explique Jean-Louis Charléty, Directeur Jeux, Musique, Culture & Infotainment chez Orange. Sur le catalogue on est très bien accueillis, d’autant qu’on finance en général nous-même l'adaptation des titres. Nous travaillons avec une entreprise japonaise nommée G-Cluster, dont nous sommes actionnaires, pour adapter les jeux (en général des versions Windows) à notre service cloud. L'hébergement se fait sur nos serveurs à Val-de-Reuil (Normandie), et les développements ont également lieu là-bas."

 

 

...et les éDITEURS

La réponse favorable du marché à ce type d'offres a aussi ouvert la porte à une plus grande collaboration avec les éditeurs, qui n'étaient pas forcément enclins à travailler avec des opérateurs télécoms au départ. Le catalogue cloud d'Orange est ainsi passé de moins de 150 à plus de 200 titres en 2015. "Le meilleur exemple est Activision, le premier éditeur mondial, qui n’aime pas particulièrement expérimenter et qui a de grandes exigences en terme de qualité et de maturité, explique Fabien Dallot. Ils nous ont fait confiance avec Skylanders Trap Team, et sont très contents du résultat. Ils y croient et je pense que c'est un signe que ce marché va se développer."

 

Le changement de business model, qui passe de l'achat unitaire de jeux à la location d'un catalogue par abonnement, n'est pas un frein non plus. "Les éditeurs comprennent que le marché évolue, analyse Jean-Louis Charléty. Il y a toute une cible grand public que la Wii avait su capter et qui s'est déportée vers le jeu mobile qu'ils cherchent à recapturer. Les box opérateurs sont un moyen de le faire. Electronic Arts, par exemple, ont analysé d’eux-mêmes le changement de comportement des utilisateurs et ont déterminé qu’aujourd'hui ils ont moins de temps pour jouer et moins de budget pour investir. Un jeu qu’il faut télécharger, installer, configurer... ça prend du temps. Avec notre solution, en 30 secondes vous êtes sur PES 2015."

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