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Pas d'économie du partage sans assureurs, mais qu'ils sont lents à réagir !

Les entreprises de l'économie du partage travaillent de pair avec les assureurs pour développer des offres qui correspondent à leurs besoins. Mais les acteurs traditionnels du secteur ne sont pas assez mobiles au goût de ces start-up venues du web.
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Pas d'économie du partage sans assureurs, mais qu'ils sont lents à réagir !
Pas d'économie du partage sans assureurs, mais qu'ils sont lents à réagir ! © Randy Robertson - Flickr - Creative Commons

Assurer leurs clients de façon permanente pour des biens dont ils sont propriétaires, comme une tondeuse à gazon. Voilà le métier traditionnel des assureurs. Mais le boom de l'économie du partage vient remettre en cause ce schéma classique : ils doivent développer de nouvelles offres ponctuelles, destinées à des personnes qui ne seront leurs clientes que pour quelques heures, et qui ne sont pas propriétaires desdits biens - le jardinier du dimanche à qui l'on prête une tondeuse, via une plate-forme de prêt entre particuliers par exemple.

 

"Les assureurs commencent à faire l'effort de ce changement de modèle, mais cela prend du temps", souligne Pascal Demurger, directeur général de la Maif et président du Groupement des entreprises mutuelles d'assurance, au cours du Congrès de l'assurance digitale organisé le 3 novembre par nos confrères de L'Argus de l'assurance.

 

De nouveaux risques

Les plates-formes HomeExchange et Trocmaison (version tricolore du site) par exemple permettent aux internautes d'échanger gratuitement pour les vacances leur logement avec celui d'un autre utilisateur, ailleurs dans le monde.

 

"Le risque, c'est que la personne chez laquelle vous avez prévu de partir se casse la jambe. Si vous avez pris des billets d'avion non remboursables, soit vous les perdez, soit vous partez en payant un logement à l'arrivée. Nous nous sommes donc mis en quête d'une offre d'assurance annulation voyage, qui couvre les deux parties (l'utilisateur qui s'est cassé la jambe et l'autre, ndlr). Nous avons fait le tour des assureurs en vain, malgré notre base de 67 000 utilisateurs et donc potentiels clients pour ces entreprises", se désole William Heinzer, cogérant de Trocmaison.

 

Assurance pour le conducteur tiers

Certains assureurs cherchent quand même des solutions, comme la Maif, qui était le premier assureur de Blablacar, géant français du covoiturage. "Lorsque j'ai rencontré Frédéric Mazzella, le fondateur de la start-up, nous avons échangé pendant plusieurs heures sur le modèle de son entreprise. Nous n'avons pas d'offres toutes faites, il faut prendre le temps d'écouter les besoins nouveaux des acteurs de l'économie du partage", explique le Pascal Demurger.

 

Ces sociétés d'un nouveau genre ont pris l'initiative de co-construire des offres qui leur conviennent avec les assureurs. Blablacar, qui travaille désormais avec Axa, garantit depuis mai 2015 à ses utilisateurs l'arrivée à bon port, même en cas de panne ou d'accident. La jeune pousse permet également aux conducteurs de prêter le volant à l'un des passagers pour les trajets longs : elle rembourse les frais de "surfranchise" que peut exiger dans ces cas-là l'assureur du conducteur. Des offres similaires ont été développées par Allianz avec la plate-forme tricolore de location de voitures entre particuliers Drivy.

 

Pourvoyeurs de confiance

Les entreprises de l'économie du partage ont de toute façon besoin des assureurs pour se développer : ils sont une brique nécessaire pour que leurs utilisateurs aient confiance dans leur modèle. "Les entrepreneurs-conducteurs d'Uber ont accès à une offre d'assurance facile à souscrire, et claire, chez notre partenaire Allianz. Cette offre est visible, l'assureur est connu de nos clients. Cela les rassure. Notre collaboration avec cet assureur 'pourvoyeur de confiance' était nécessaire pour que notre service fonctionne", souligne Alexandre Droulers, directeur du développement pour l'Europe de l'Ouest chez Uber.

 

Mais les assureurs ne vont pas assez vite au goût des acteurs de l'économie du partage. Laure Wagner, porte-parole de Blablacar et première salariée de l'entreprise, lance un appel pendant la conférence : "lorsque nos conducteurs s'inscrivent sur la plate-forme, ils déclarent avoir une assurance pour leur véhicule. Aujourd'hui, il nous est impossible de vérifier si c'est vrai, cela serait trop complexe à mettre en œuvre. Les assureurs pourraient donner accès facilement à ces informations, via des API (interfaces de programmation) sur lesquelles nous pourrions nous connecter." Hochements d'épaules dans la salle. Les assureurs vont y réfléchir, doucement.

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1 commentaire

Thierry Bensoussan
05/11/2015 10h07 - Thierry Bensoussan

Affiniteam, courtier en assurance de la consommation collaborative, a convaincu des assureurs de se lancer sur ce marché. Nous avons d'ailleurs obtenu un trophée du courtage au mois d'Octobre pour la création du contrat Costockage (location de caves entre particuliers).

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