Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Pas d’innovation dans le sport sans numérique ?

Puces dans les équipements, capteurs dans les textiles, applis smartphone... À Inosport, rendez-vous annuel dédié à l’innovation dans le sport et les loisirs, les industriels n’imaginent plus le futur sans le numérique.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Pas d’innovation dans le sport sans numérique ?
Pas d’innovation dans le sport sans numérique ? © Torley - Flickr - C.C.

Le numérique tisse sa toile… Y compris dans l’industrie du sport et des loisirs. À Inosport, la rencontre annuelle dédiée à l’innovation dans ce secteur, qui se tenait ce jeudi 13 juin à Voiron (Isère), les industriels l’ont démontré. Difficile désormais d’imaginer capter de nouvelles cibles ou monter en gamme sans recourir aux TIC. "Le numérique est quelque chose d’absolument déterminant : il fait complètement partie de l’environnement aujourd’hui", assène le parrain de l’événement Pascal Morand, directeur de l’Institut pour l’innovation et la compétitivité i7.

Première application relativement aisée : l’utiliser dans les services développés par les industriels. L’exemple de Nike, qui a placé dans ses chaussures une puce connectée, est cité en modèle. "L’équipementier améliore son image en se positionnant comme caution technique dans son marché", explique Gérald Crescione, co-fondateur de l’agence Differential Marketing. Qui perçoit aussi d’autres enjeux auxquels répondent les objets connectés dans le sport. La mesure de la performance peut être communiquée sur les réseaux sociaux, transformant le consommateur en " ambassadeur " de la marque. Qui crée aussi ainsi un lien direct avec son client, s’affranchissant du traditionnel intermédiaire du distributeur. Tout en recueillant des multitudes de données sur ses clients…

Rossignol joue la carte des réseaux sociaux

Une stratégie déployée par Rossignol avec le lancement de sa première application sur Smartphone "Ski Pursuit" en janvier 2012. Le groupe grenoblois entend bien "profiter de l’interconnectivité pour créer un lien avec le consommateur", annonce Sylvain Noailly, vice-président marketing et business développement du fabricant de skis. Avec "une contrepartie : que le consommateur soit prêt à donner quelques informations le concernant, afin que la relation apporte de la valeur ajoutée dans le temps". On ne s’étonnera donc pas que l’application, téléchargée plus de 100 000 fois, soit désormais connectée à Facebook.

Encore de la résistance au changement

L’innovation via les TIC se frotte cependant encore à la résistance au changement des entreprises. Car tout le monde n’est pas prêt, comme Rossignol, à accepter de ne pas déposer de traditionnels brevets pour protéger ses applications - "cela fait perdre du temps, alors qu’il faut aller toujours aller plus vite", justifie Damien Hars, le web marketing manager du fabricant de skis. Au CEA Leti, Coralie Gallis, chargée d’accélérer le transfert d’innovation vers les industriels, doit aussi faire face à la frilosité des entreprises à intégrer dans leurs produits ses biocapteurs.

Cette innovation - qui permet de mesurer de nombreux paramètres physiologiques et de rendre les tissus ou dispositifs médicaux "intelligents" - rencontrera-t-elle un marché suffisant, se demandent les industriels ? Certains, comme le fabricant de pansements Urgo, ont néanmoins pris le risque, sachant qu’un tel partenariat leur permettrait de se différencier d’autant plus sur leur marché. Les plus prudents attendront sans doute la création prochaine de Primo 1D - spin-off du CEA Leti dédiée à l’intégration du LED et de puces RFID dans les textiles, pour vérifier l’authenticité d’une marque par exemple - pour se lancer.

Un bassin d’innovation via le numérique

Mais, dans la région Rhône-Alpes encore plus qu’ailleurs, les industriels du sport et du loisir ne sont plus seuls pour innover via le numérique. Ils bénéficient en effet de l’aide des pôles de compétitivité Minalogic et Techtera (dédié aux textiles et aux matériaux souples, qui a fait des TIC embarquées dans les textiles une de ses priorités), ou encore du cluster Sporaltec, spécialisé dans l’innovation.

Pas étonnant, dès lors, que l’entreprise Cityzen Sciences, spécialiste des textiles connectés, soit parvenue à monter le projet Smart Sensing. Porté par un consortium public-privé de spécialistes de l’électronique, du sport ou encore du textile, il vise à miniaturiser des capteurs physiologiques et de mouvement, afin de les insérer dans les vêtements. L’AS Saint Etienne et le Stade Toulousain ont déjà accepté de jouer les cobayes. On a hâte de voir le résultat…

Gaëlle Fleitour, à Voiron

 

Le numérique ne tue pas la vente au détail… pour ceux qui la réinventent

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media