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Petites leçons de la Valley : Ici, la télé s’appelle Netflix, pas Cablevision !

En Silicon Valley, personne ne s’intéresse aux ambitions mondiales de Patrick Drahi. Donald Trump et même la tablette à 50 dollars d’Amazon font davantage de bruit. Lourd de conséquence pour la France et l’Europe, le nouveau rachat d'Altice est un non-événement de l’autre côté de l’Atlantique.
mis à jour le 18 septembre 2015 à 12H02
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Petites leçons de la Valley : Ici, la télé s’appelle Netflix, pas Cablevision !
Le rachat de Cablevision par Patrick Drahi est un non-événement pour la côte ouest des Etats-Unis © Ecole polytechnique

A San Francisco, capitale mondiale du digital, l’acquisition par Altice du câblo-opérateur américain, Cablevision Systems pour 17,7 milliards de dollars passe totalement inaperçue. À la conférence Dreamforce 2015 qui occupe un quartier entier de la ville, les 160 000 visiteurs préfèrent parler cloud des objets ! En salle de presse, les news défilent sur deux grands écrans. CNBC d’un côté, CNN de l’autre.

 

Donald Trump et le débat des prétendants républicains à la candidature continuent de faire la une. Entre autres au travers des échanges avec Carly Fiorina, l’ancienne patronne de HP. Et si la presse américaine parle un peu de la France, c’est que le Président Barack Obama a reçu le 16 septembre les "french train heroes", les héros du Thalys. Même le lancement de la tablette à 50 dollars d’Amazon fait plus de bruit !

 

La question des câblo-opérateurs n’en est plus une

Dans la Silicon Valley, la question des câblo-opérateurs n’en est plus une. Les télécoms restent chez les grands opérateurs, Verizon en tête, même si Google pourrait venir les chatouiller. Et la télévision s’appelle Netflix. De plus, Cablevision n’est pas Time Warner Cable (TWC). Même si selon Altice, l’ensemble que Cablevision forme désormais avec Suddenlink racheté le même Altice au printemps, devient le 4e "câblo" américain. La tentative avortée de rachat du géant TWC par le groupe de Patrick Drahi avait provoqué bien davantage de bruit.

 

Du point de vue d’Altice et des télécoms et médias européens, le mouvement du groupe est important. Le groupe cherche à devenir un géant des médias, maîtrisant à la fois l’infrastructure et les contenus. Pour ce faire, il grossit à la fois dans les télécoms, poursuivant une stratégie orientée vers le câble d’une part - la valorisation des câblo-opérateurs, y compris celui qu’il vient d’acheter, semble lui donner raison - et dans les médias d’autre part, avec un récent investissement dans Nextradio par exemple.

 

Donald Trump plus médiatique que Patrick Drahi

Et alors qu’Orange était le seul opérateur français de dimension internationale jusque-là (Iliad ayant échoué à racheter T-Mobile), il tente lui aussi de se développer dans le monde entier. Enfin, la question du financement par une dette abyssale interroge également, sur la viabilité du groupe. Son effondrement aurait de lourdes conséquences économiques et sociales, en France en particulier.

 

En revanche, vu de la cote ouest des États-Unis, l’absorption de Cablevision par Altice ne bouleversera ni la situation des télécoms ni celle des médias. Et l’Amérique d’Obama se sent bien plus concernée par l'avenir de Donald Trump que par celui de Patrick Drahi.

Emmanuelle Delsol, San Francisco

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