Planter sa campagne Kickstarter ne signifie pas forcément mourir

Les deux co-fondateurs de la start-up LucieLabs reviennent de loin : leur projet précédent n'avait pas rempli son objectif sur Kickstarter. Ils expliquent comment cet échec leur a permis de totalement repenser le projet... et de rebondir.

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Planter sa campagne Kickstarter ne signifie pas forcément mourir

De plus en plus, les campagnes de financement participatif apparaissent davantage comme des outils de communication que de financement. Les start-up qui se lancent dans l'aventure ont en effet souvent déjà réalisé une, voire deux levées de fonds classiques. Elles peuvent donc financer leur campagne de financement à grands coups de vidéos très léchées, d'événements de lancement, et de communication offensive sur les réseaux sociaux pour mettre toutes les chances de leur côté. Les dés sont donc pipés et certaines start-up moins bien armées ratent ce rendez-vous avec leur (potentiel) public.

prise de contact inattendue

Est-ce pour autant la fin du monde ? Non, répondent les fondateurs de CodLight, dont la campagne Kickstarter pour financer sa coque de téléphone lumineuse a été un retentissant échec, avec moins de 4000 dollars récoltés (sur 350 000 demandés). Mais paradoxalement, cela a permis à la jeune start-up de se réinventer. "La campagne nous a permis de nous faire remarquer, explique Yan Lee-Dajoux, co-fondateur et chargé des ventes et du marketing. De façon assez incroyable, le monde de l'entertainment japonais est venu vers nous. Ils nous ont dit : le produit, sous sa forme actuelle, ne nous intéresse pas. Mais la technologie, oui." Une connexion inattendue qui a permis aux deux fondateurs de s'interroger sur leur positionnement. "Notre métier, cela reste de rendre la lumière plus intelligente. Mais sous quelle forme ? On a gardé le cœur de la techno, le codage de la lumière, mais on l'a totalement repackagé", précise François Mazard, le CTO de la start-up.

pivoter pour revivre

Résultat : CodLight est devenu Lucie Labs, et sa coque pour smartphone lumineuse s'est transformée en bracelet connecté à LED pour le monde de l'événementiel. Un concept développé en lien avec ses nouveaux partenaires nippons. "L'idée, c'est que lors d'un spectacle, la foule est passive, elle n'interagit pas avec ce qui se passe sur scène. On a donc mis la techno de CPulse (le produit précédent, ndlr) dans un bracelet pour que le public puisse interagir en temps réel. Ses feedbacks pourraient avoir un effet sur l'éclairage de la salle, par exemple", détaille Yan Lee-Dajoux.

Le concept peut se décliner sous d'autres formes. Lucie Labs aimerait bien mettre ses bracelets lumineux dans les stades français de l'Euro de foot, en 2016. La start-up a d'ailleurs été sélectionnée dans la première promotion de l'accélérateur Allianz, hébergée dans le stade de l'OGC Nice, et fait partie de la saison 3 d'Orange Fab. Un bel échec, et ça repart !

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