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Porcs et volailles sous surveillance électronique

La fièvre de l’automatisation qui gagne les éleveurs laitiers n’épargne pas les élevages hors-sol. Dans les filières porcine et avicole, l’alimentation de précision se développe et les capteurs gagnent les bâtiments d’élevage.
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Porcs et volailles sous surveillance électronique
À l’ère du cyberélevage, les porcs sont "pucés" et profitent d’un suivi alimentaire et médical optimisé. © crédit photo

Mesures des paramètres d’ambiance, contrôles des émissions sonores, ouverture automatique de vannes d’aération dans les bâtiments en cas d’excès de chaleur, de méthane ou d’ammoniac… L’automatisation de certaines tâches s’accélère dans les élevages porcins et avicoles. Depuis peu, l’Institut technique français du porc (Ifip) teste dans sa ferme expérimentale de Romillé, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), l’alimentation de précision individualisée combinée à des critères sanitaires.

"Grâce à une puce RFID sur l’oreille, les truies ou les porcs charcutiers se présentent devant un distributeur d’aliments composés, qui va reconnaître l’animal et lui administrer un aliment spécifique, en fonction de son âge et de son état de santé", explique Michel Marcon, chercheur à l’Ifip. Ce système pourrait être commercialisé d’ici à cinq ans, s’il confirme son efficacité, avec un partenaire industriel, le breton Asserva, installé à Lamballe (Côtes-d’Armor).

Gagner en compétitivité

L’Ifip y voit l’occasion d’améliorer la compétitivité des élevages de porcs en France, mis à mal depuis des années par la concurrence européenne. "Cela permettrait d’avoir un meilleur rendement des aliments par rapport au taux de muscles, pour augmenter le revenu des éleveurs", estime Michel Marcon.

Dans l’élevage avicole français, désavantagé comme le porc par des bâtiments anciens et des exploitations plus petites que chez nos voisins, on joue la carte des capteurs électroniques pour gagner en compétitivité. Leur présence se développe depuis une dizaine d’années en France. Les bâtiments s’équipent de capteurs mesurant les températures, l’hygrométrie, les concentrations de certains gaz nocifs dans l’air et les émissions sonores.

Commander depuis son smartphone

"Grâce à son smartphone, l’éleveur peut avoir accès à de nombreuses données depuis l’extérieur et agir sur les ventilateurs ou vannes de ses bâtiments", détaille Gérard Amand, ingénieur responsable des bâtiments à l’Institut technique de l’aviculture (Itavi). Certaines exploitations, comme celles travaillant avec le géant américain Cargill (fournisseur de McDonald’s), sont même équipées de capteurs optiques, vérifiant le comportement des poulets.

Les abreuvoirs ou bacs alimentaires automatisés ne sont pas rares. "L’automatisation réduit la main-d’œuvre et la pénibilité. Cela permet aussi d’anticiper les maladies, d’optimiser le bien-être animal et de réduire la mortalité", souligne Gérard Amand. Et de réduire les coûts. Mais cela suppose d’avoir les capacités financières pour investir.

Adrien Cahuzac

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