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Pour Angela Merkel, l’Allemagne numérique n’est "pas au sommet"

A trois mois des législatives allemandes, la chancelière a dressé un bilan en demi-teinte de l’agenda numérique adopté par son gouvernement il y a trois ans. Le réseau allemand se traine et et, au pays de l’industrie 4.0, les entreprises sont encore loin d’avoir fait leur révolution numérique.
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Pour Angela Merkel, l’Allemagne numérique n’est pas au sommet
Pour Angela Merkel, l’Allemagne numérique n’est "pas au sommet" © bundeskanzlerin.de

Fibre optique, formation, économie de la donnée : sur ces trois chantiers, l’Allemagne peut "mieux faire" a reconnu la Chancelière Angela Merkel lors du Sommet numérique qui se tenait les 12 et 13 juin à Ludwigshafen au sud du pays. Sa coalition gouvernementale s’était engagée à connecter tous les foyers allemands à un débit de 50 Mb par seconde en 2018, mais "nous devons aller beaucoup plus vite vers la société du Gigabyte" indispensable pour la médecine à distance ou les voitures connectées, a reconnu la Chancelière.


Il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Pour l’heure, seuls 10% des foyers allemands ont accès à ce débit de 50 Mb, alors que l’Union européenne vise déjà 100 Mb/s en 2020. L’Allemagne se classe aussi 28ème sur 32 pays de l’OCDE pour les connexions en fibre optique.


"L’Allemagne doit maintenant accélérer"

Depuis l’adoption d’un agenda numérique en 2014 en Allemagne, "86 des 121 mesures annoncées ont été mises sur les rails", a fait valoir Thorsten Dirks, président de l’association allemande du numérique, Bitkom, et dirigeant d’Eurowings, filiale de Lufthansa. "C’est un marathon en terrain difficile" mais "l’Allemagne doit maintenant accélérer", notamment en matière de protection des données ou de cybersécurité.


La Chancelière l’a reconnu elle-même : "il suffit d’aller en Estonie ou en Islande pour savoir que nous ne sommes pas au sommet", pour les services publics en ligne ou l’inclusion de toute la société dans le numérique notamment.


Moins de 20% des entreprises "très numérisées"

Près d’un Allemand sur cinq ne se sent pas à l’aise avec le numérique a souligné Thorsten Dirks. Selon une étude réalisée pour le Ministère allemand de l’économie pour ce sommet, seulement 19% des PME et 17% des grandes entreprises se décrivent comme "très numérisées". L’énergie ou la construction mécanique s’en sortent mieux que d’autres, constate l’étude. Les lacunes se trouvent surtout dans le secteur de la santé.


Autres failles de l’Allemagne : la formation. "Il manque plus de 10.000 spécialistes IT dans le pays", a rappelé Angela Merkel en soulignant au passage le manque de femme. "Seuls 25% des élèves dans les écoles d’ingénieurs ou d’informatique sont des femmes. Si elles sont fortes en maths ou pour écrire, elles peuvent aussi programmer", a lancé la chancelière, elle-même physicienne de formation.


Donnée : le "principe d’économie" questionné

Un bilan en forme de programme donc pour celle qui brigue un quatrième mandat à la tête de l’Allemagne et caracole en tête des sondages. Un manifeste commun à trois ministères a déjà dessiné les lignes : plus de coordination via une agence du numérique pour la méthode ; plus d’attention à la formation et aux consommateurs pour le contenu, et plus de réseau pour le financement.

 

La Chancelière a déjà entrouvert aussi une nouvelle porte dans la forteresse du système de protection allemand des données : le "principe d’économie" pour les données doit être interrogé afin de permettre aux PME d’utiliser "rapidement et intelligemment" les données de leurs clients en Allemagne, "sinon ce sont les grandes plateformes qui le feront".

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