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Pour Bpifrance, la crise du Covid-19 a été un choc révélateur pour les entreprises réfractaires au numérique

Entretien A l'occasion de l'évènement Bpifrance Inno Génération (Big), Guillaume Mortelier, directeur de l'accompagnement au sein de la Banque publique d'investissement revient sur l'impact de la crise du Covid-19 en matière d'adoption du numérique par les entreprises françaises. Il voit dans cette digitalisation un moteur d'agilité et un outil essentiel de la transition énergétique.
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Pour Bpifrance, la crise du Covid-19 a été un choc révélateur pour les entreprises réfractaires au numérique
Pour Bpifrance, la crise du Covid-19 a été un choc révélateur pour les entreprises réfractaires au numérique © Bpifrance

Bpifrance tiendra son évènement Big 2020 à L’Accor Arena le 1er octobre. Pandémie de Covid-19 oblige, il se déroulera cette année principalement sous format numérique, diffusé en direct sur Internet. Malgré cela, il ne manque pas d'ambition, cette 6e édition de Bpifrance Inno Génération ayant pour thème la liberté. Inscrivez-vous pour suivre l'évènement en direct le 1er octobre.

"Big est un évènement fondamental qui rassemble tout l'écosystème entrepreneurial et s'inscrit dans notre vocation de soutenir les dirigeants dans la création d’entreprises, qu'il s'agisse de start-up, PME, ETI ou grands groupes," explique Guillaume Mortelier, directeur de l’accompagnement au sein de Bpifrance.

La transition énergétique est au cœur des thématiques cette année. "C'est le fil rouge de cet évènement, avance Guillaume Mortelier. Les dirigeants sont très mobilisés par la transition énergétique et la décarbonation, et le numérique est un outil essentiel pour y parvenir. Car on ne le dit pas assez mais la digitalisation n’est pas un objectif en soit, c'est un moyen de faire évoluer l’entreprise." Une évolution qui peut se faire aussi bien au niveau du business model que de la façon de produire ou de gérer sa logistique, voire, plus simplement, du traitement des tâches administratives.

Covid-19 a accéléré l'adoption du numérique
La crise du Covid-19 a été un accélérateur pour l'adoption des outils numériques par les entreprises françaises, chose que Bpifrance a pu constater dans son activité d'accompagnement. "Nous distinguons trois grandes catégories de dirigeants : les conquérants, qui saisissent très vite les nouvelles technologies et fédèrent leurs équipes, les apprentis, qui ont une vision de l’impact mais pas de feuille de route claire et ont un vrai besoin d’accompagnement technique, financier et humain, et les sceptiques, qui pensent que le digital n’est pas pour eux, soit car cela ne les concerne pas ou parce qu'ils pensent qu'ils n’y arriveront pas."

Guillaume Mortelier en est persuadé : ces catégories, qui étaient auparavant de l'ordre de 10% de conquérants, 50% d'apprentis et 40% de sceptiques, ont connu une importante transition des sceptiques vers les apprentis. "Rien que dans la gestion des réunions et de la communication interne, ceux qui avaient effectué la transition vers des outils modernes ont beaucoup mieux géré la crise et sont repartis plus vite." Au contraire, ceux n'ayant pas entâmé cette transformation ont vu que leur entreprise était à risque, et en cela la crise du Covid-19 a été un choc révélateur. Certains dirigeants historiques, qui avaient du mal à lâcher prise, ont par exemple embauché des DG pour passer la main.

Par ailleurs, les "apprentis" ont aussi largement accéléré leur appropriation du digital d'après le directeur de l'accompagnement. "Il y a deux axes : au sein des PME, c'est surtout du soutien organisationnel, par exemple faire des réunions sur Zoom ou Teams, c'est quasiment de la bureautique." De petits pas qui permettent à ces entreprises d'être plus agiles et qui facilitent l'intégration au bout du compte de cycles d’innovation plus rapides. "Il faut bien garder en tête qu'un dirigeant de PME n'a pas de DSI pour benchmarker et déployer ces outils, il a au mieux un prestataire. Même si vous avez Teams dans le package Microsoft, vous n’avez pas le technicien en interne pour le faire. Parce que voir l’intérêt d'une technologie et avoir un référent, ce n'est pas du tout pareil."

La tâche difficile d'atteindre les dirigeants réfractaires
Le deuxième axe concerne les moyens de production ou la chaîne logistique, voire la façon de proposer des services pour les entreprises du secteur tertiaire. "Nous essayons de pousser fortement cette thématique, mais la marche à franchir est plus haute", commente Guillaume Mortelier. "C'est un mélange de recherche et de développement, qui n'est pas forcément de l’hyper innovation mais peut aussi être simplement le déploiement d'outils sur étagère."

L'accompagnement se fait dans ce cas très en amont. "Nous aidons les dirigeants à prendre du recul pour qu'ils étudient de quelle manière leur business model est impacté. Par exemple, moderniser une machine de production, c'est bien, mais peut-être que les clients seraient mieux servis par une nouvelle approche, comme d'utiliser l'impression 3D pour fournir du sur-mesure."

Évidemment, certains dirigeants restent sceptiques. "Malgré l'adoption croissante du numérique, nous avons encore du mal à aller chercher certains dirigeants, et cette tendance est renforcée par le fait que nous voyons naturellement plus souvent ceux qui investissent et qui nous sollicitent pour obtenir des prêts, admet Guillaume Mortelier. Et c'est justement l'un des objectifs de Bpifrance Inno Génération, de mettre tous ces éléments en lumière pour attirer à nous ces dirigeants que nous ne voyons pas."

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