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Pour Bruxelles, Google étouffe les fabricants de smartphones avec Android

Après s'être attaquée aux pratiques antitrust de Google dans la recherche sur Internet, la Commission européenne franchit le pas dans un autre registre : celui des smartphones et tablettes. Elle vient d'accuser formellement l'entreprise d'abus de position dominante concernant son système d'exploitation Android, qui équipe plus de 90% des appareils du marché.
mis à jour le 21 avril 2016 à 07H22
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Pour Bruxelles, Google étouffe les fabricants de smartphones avec Android
Pour Bruxelles, Google étouffe les fabricants de smartphones avec Android © D.R.

Pressentie depuis plusieurs mois, la démarche est désormais officielle : ce 20 avril, la Commission européenne a formellement accusé Google d'un abus de position dominante au sujet de son système d'exploitation mobile Android. Margrethe Vestager, la commissaire européen à la concurrence, enquêtait depuis un an sur l'affaire. Sont mises en cause les pratiques de Google réprimant le développement de versions parallèles d'Android (qui pourtant est "open source"), ainsi que d'applications et de services concurrents à ceux de Google. Cette affaire est séparée de celle déjà en cours concernant les pratiques anticoncurrentielles de Google sur son moteur de recherche.

 

un monopole au détriment des constructeurs

La firme de Mountain View a su s'imposer rapidement sur le marché des smartphones en proposant gratuitement et clé en main un système d'exploitation performant aux fabricants d'appareils, qu'ils pouvaient ensuite modifier à loisir. Une offre irrésistible à l'époque où des OS comme Symbian ou Windows Mobile peinaient à évoluer suffisamment vite face à l'offensive d'Apple. Cependant, à mesure que le succès augmentait, Google a progressivement restreint la marge de manoeuvre des constructeurs, imposant de plus en plus strictement l'utilisation de son magasin d'applications et de ses services (qui génèrent la quasi-intégralité des bénéfices de l'écosystème) sous peine de se voir radier de la liste des partenaires. Une situation qui a contribué, avec les pratiques belliqueuses des constructeurs chinois, à laisser bon nombre de fabricants historiques exsangues : HTC, Sony, LG...

 

Pour la Commission européenne, Google a enfreint les lois anti-trust en

  • requérant des fabricants qu'ils préinstallent Google Search et Google Chrome et qu'ils soient les options par défaut comme condition d'utilisation d'autres applications propriétaires de Google,
  • interdisant aux fabricants de vendre des appareils utilisant d'autres systèmes d'exploitation basés sur le code source d'Android,
  • motivant financièrement les constructeurs à ne pas proposer d'autres alternatives.

 

Une situation rendue d'autant plus préoccupante par le fait qu'Android est utilisé sur la quasi-majorité des smartphones vendus dans l'Union européenne : plus de 90%... Tout comme Google est utilisé à plus de 90% pour la recherche sur Internet dans l'UE.

 

Double discours

Notant que les utilisateurs ne prennent que rarement la peine d'aller chercher d'autres applications que celles installées par défaut, la Commission compte "veiller à ce que les fabricants soient libres de choisir les applications qu'ils préinstallent sur leurs appareils." La Commission européenne remet donc en cause le double discours de Google, qui se targue depuis toujours de son ouverture face aux consommateurs et aux développeurs, mais s'efforce de jugguler toute vélleité de concurrence (ou de liberté) chez ses partenaires et clients une fois ses services devenus prévalents. Suite à cette accusation, Google a publié un communiqué réitérant qu'Android promeut la compétition et n'est que bénéfique aux consommateurs.

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