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Pour mener sa transformation numérique, le groupe télévisuel hispanique Univision choisit Google Cloud

Google vient de signer un contrat d'ampleur avec le groupe Univision, le premier réseau de chaînes de télévision hispaniques aux Etats-Unis, pour piloter sa transformation numérique. En plus du cloud, la société va exploiter Android, YouTube ou encore Google Play pour fournir un panel de services aux téléspectateurs. Ce genre d'offre groupée, qui a été déterminante pour le contrat, inquiète car sa généralisation pourrait accentuer le monopole des grandes entreprises technologiques. 
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Pour mener sa transformation numérique, le groupe télévisuel hispanique Univision choisit Google Cloud
Pour mener sa transformation numérique, le groupe télévisuel hispanique Univision choisit Google Cloud © Google

Univision, société gestionnaire du premier réseau de télévision américain hispanophone, a annoncé le 26 avril la signature d'un contrat pluriannuel avec Google Cloud. L'accord s'élèverait à près d'un milliard de dollars, d'après le Wall Street Journal.

Le service de cloud computing contribuera à "conduire la transformation numérique d'Univision, en approfondissant les relations de l'entreprise de médias avec le public et les communautés hispaniques", peut-on lire dans le communiqué.

En pratique, Google aidera le géant de la diffusion en langue espagnole à consolider ses plateformes de distribution numérique, à créer un nouveau data warehouse pour les données clients et à migrer les principales applications de l'entreprise vers le cloud.

Les contenus d'Univision disponibles sur Google Play
Univision va également exploiter les autres produits de Google – tels qu'Android, Android TV, YouTube, Google Play, Google Ad Manager et Google Search – pour "améliorer l'expérience globale du spectateur". Ainsi, les offres de streaming de ses chaînes seront étendues et Google Search intégrera des fonctionnalités pour aider les internautes à trouver des émissions de télévisions et des films. Univision distribuera également son contenu et ses services sur Google Play et les smartphones et tablettes Android, précisent les partenaires. 

Ce nouveau contrat étend la mainmise de Google sur le secteur des médias et du divertissement, devenu le segment le plus important du marché du cloud. En effet, l'essor de la télévision en streaming a fait de l'industrie des médias la plus dépensière en services cloud, représentant 12 milliards de dollars, soit 27% des dépenses totales en 2019, selon le cabinet de conseil Gartner. Le secteur du retail arrive en deuxième position en matière de dépenses avec 7,6 milliards de dollars.

Transformer Univision en une plateforme numérique
Interrogé sur son choix lors d'une interview accordée au WSJ, Wade Davis, le directeur général d'Univision, a expliqué que Google proposait l'offre la plus attrayante car la plus complète, son objectif étant de transformer Univision en une plateforme numérique capable de toucher les hispanophones du monde entier. "Si je veux acheter une voiture, je ne veux pas acheter séparément quatre roues et un volant, un moteur et des portes puis essayer de comprendre comment les assembler", a-t-il schématisé.

Les offres groupées sont devenues depuis quelques années un ingrédient clé des stratégies menées par les grands fournisseurs de cloud, Amazon et Microsoft en tête. Amazon a, par exemple, lié son activité de cloud computing à d'autres de ses services. Ainsi, WarnerMedia, pour obtenir HBO Max sur Amazon Fire TV, aurait été obligé de prolonger son contrat cloud, rapport le WSJ.

Les offres groupées inquiètent les parlementaires
Mais cette méthode inquiète les parlementaires américains qui, en octobre 2020, avaient publié un rapport sur Apple, Google, Facebook et Amazon après plus d'un an d'enquête. La Commission judiciaire de la Chambre des représentants affirmait que la firme de Mountain View exploitait sa domination dans certains secteurs pour capter de nouveaux clients, notamment sur le marché du cloud. Par conséquent, elle appelait le Congrès à clarifier les lois antitrust sur ces questions.

De son côté, Google emploie toujours la même rhétorique : si les internautes le choisissent, c'est parce qu'il propose des services répondant à leurs besoins et pas parce qu'ils y sont obligés. "Dire que vous pouvez travailler avec nous sur le cloud mais pas sur les autres plateformes n'a pas beaucoup de sens", a réagi Thomas Kurian, CEO de Google Cloud, lors d'une interview à propos de l'accord avec Univision. 

Google sous pression antitrust
Google multiplie les accusations antitrust. En septembre 2019, une enquête antitrust a été lancée par 50 procureurs généraux américains, à laquelle il faut ajouter une procédure menée par le ministère de la Justice et 11 Etats ainsi qu'une troisième chapeautée par 7 Etats. En décembre dernier, le Texas et neuf autres Etats américains ont lancé des poursuites à l'encontre de la société.

La pression sur l'entreprise américaine pourrait s'accentuer par l'arrivée de Lina Khan en tant que commissaire à la concurrence au sein de la Federal Trade Commission (FTC), l'équivalent de l'autorité de la concurrence aux Etats-Unis. Connue pour ses positions très marquées, la juriste souhaite mettre un terme au monopole des grandes entreprises technologiques américaines, si nécessaires en les démantelant.

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