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"Pour que notre minibus autonome soit accepté sur route, il faudrait lui apprendre à conduire mal", avance Henri Coron (Navya)

La navette de l’entreprise lyonnaise Navya a transporté, pour la première fois, des passagers sur route ouverte au salon ITS de Bordeaux. La commercialisation de ce minibus électrique et automatisé laisse présager un essor du marché des véhicules autonomes de transport collectif (VATC).
mis à jour le 08 octobre 2015 à 10H27
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Pour que notre minibus autonome soit accepté sur route, il faudrait lui apprendre à conduire mal, avance Henri Coron (Navya)
"Pour que notre minibus autonome soit accepté sur route, il faudrait lui apprendre à conduire mal", avance Henri Coron (Navya) © D.R.

Navya Arma, la navette électrique et totalement autonome de l’entreprise lyonnaise Navya, a roulé sur les routes bordelaises lors du salon mondial sur le transport intelligent, l’ITS du 5 au 9 octobre. Une première pour ce véhicule au design rond et transparent, plutôt destiné aux trajets très courts sur sites fermés, comme les hôpitaux, les usines ou les campus.

 

Sur route ouverte, manette obligatoire

En circuit fermé, la navette Navya Arma n’a pas besoin de volant, ni de pédale pour rouler. Elle s’oriente grâce à ses capteurs lidars, caméras stéréovision, GPS RTK, GNSS et ses capteurs infra-rouge. "Comme nous nous sommes risqués à rouler sur route ouverte pour l’ITS, nous avons dû ajouter une manette et deux claviers d’ordinateur pour contrôler le véhicule en cas de problème", explique Henri Coron, le directeur commercial de Navya.

 

La convention de Vienne, qui régit le code de la route en Europe, stipule qu’un conducteur doit rester maître de son véhicule. Navya a obtenu une autorisation exceptionnelle du gouvernement pour pouvoir circuler sur les routes, mais seulement avec une manette. De même, pour des raisons de sécurité, la navette, conçue pour 15 passagers, n’est autorisée à transporter que 9 personnes.

 

Sur les routes, la navette a tendance à osciller de droite à gauche. "C’est parce que lors du mapping, certains obstacles n’étaient pas présents, elle ne les a donc pas enregistrés, précise Henri Coron. Quand elle est sur un trajet qu’elle fait en continue, elle n’a pas ce problème puisqu’elle a appréhendé tous les obstacles." Sur route ouverte, la navette reste tout de même capable de reconnaître les obstacles statiques et dynamiques et d’adapter sa course en temps réel.

 

"Le problème c'est les autres conducteurs"

Malgré les deux écrans situés à l’arrière et à l’avant du véhicule, qui lui permettent de communiquer avec les autres voitures et les piétons, les conducteurs bordelais s’impatientent derrière le véhicule. Celui-ci ne roule qu’à 25 km/h. Lorsqu’Arma s’arrête trop longtemps au feu rouge, malgré un système lui permet de déterminer s’il est rouge ou vert, les automobilistes klaxonnent.

 

"L’un des freins au développement des véhicules autonomes, ce sont les autres conducteurs, avance Henri Coron. Pour qu’ils s’habituent à un véhicule comme Navya Arma, il faudrait lui apprendre à conduire mal." La navette est pour le moment très respectueuse : elle se laisse dépasser par les autres véhicules, et respecte toujours les priorités.

 

Le marché des VATC en plein essor

Navya livrera ses deux premiers modèles de navettes au mois de novembre. Les acheteurs souhaitent rester anonymes. "Les premiers modèles seront destinés à rouler en ville sur de petits parcours prédéfinis", annonce Christophe Sapet, le directeur général de Navya. A terme nous voulons que Navya roule sur route ouverte. Christophe Sapet espère réaliser 5 à 10 millions de chiffre d’affaires en 2016. "Notre potentiel de marché peut être estimé à plusieurs milliers de véhicules d’ici à 2025", prévoit-il.

 

Easymile, le concurrent français direct de Navya, confirme l’essor du marché des véhicules autonomes de transport collectif (VATC). Il vient de signer un partenariat avec l’autorité des transports californiens Contra et la société Gomentum. Ce partenariat permettra à Easymile de tester une flotte de EZ 10 (sa navette) sur un parc d’activité de San Ramon, en Californie. Début de l’expérimentation à l’été 2016.

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