Pour sortir la tête de l'eau, Panasonic copie les méthodes de Sony

Incapable de reprendre le chemin de la croissance, le samouraï de l’électronique Panasonic est contraint, à l’instar de Sony, de privilégier désormais la rentabilité.

Et il envisage de s’inspirer des réformes menées par son grand rival pour redresser les activités encore en difficultés.

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Pour sortir la tête de l'eau, Panasonic copie les méthodes de Sony
Le siège de Panasonic à Osaka, au Japon

Panasonic enterre son rêve de croissance durable. L'électronicien revoit à la baisse ses prévisions de résultats. Pour l’exercice fiscal clos le 31 mars 2016, il s’attend désormais à une baisse de 2,1% du chiffre d’affaires à 7550 milliards de yens, l’équivalent de 68,4 milliards de dollars, et à une chute de 38% de son bénéficie d’exploitation à 410 milliards de yens. Auparavant, il tablait sur un revenu de 8000 milliards de yens pour un bénéfice d’exploitation de 430 milliards de yens.

Perte de 11% du chiffre d'affaires depuis 2011

Et les perspectives pour l’exercice prochain, à clôturer le 31 mars 2017, s’annoncent tout aussi mauvaises. Le groupe prévoit un recul de 1% du chiffre d’affaires à 7500 milliards de yens et la tombée du bénéfice d’exploitation à 375 milliards de yens.

Certes, le deuxième électronicien japonais après Hitachi reste bénéficiaire pour la troisième année consécutive, avec le pronostic d’un résultat net positif de 180 milliards de yens sur l’exercice écoulé, presque identique à celui enregistré un an auparavant. Mais il peine toujours à rebondir. Depuis le pic de l’exercice clos en mars 2011, il aura perdu 11% de son chiffre d’affaires.

Echec de la stratégie de croissance

Kazuhiro Tsuga, qui a pris les rênes du groupe en pleine tempête en avril 2012, a fait de la croissance le pivot de sa stratégie de redressement. Et pour donner un horizon à ses 254 000 employés dans le monde, il a fixé l’objectif de franchir la barre symbolique des 10 000 milliards de yens de chiffre d’affaires au cours de l’exercice fiscal à clôturer en mars 2019. Une façon de fêter en fanfare le centième anniversaire du groupe en 2018.

Peine perdue. Panasonic est obligé de réviser cet objectif à 8800 milliards de yens. Et désormais, la priorité n’est plus la croissance, mais la rentabilité. Une stratégie qu'a déjà appliquée Sony. Kazuhiro Tsuga ne cache pas observer avec intérêt les réformes menées par Kazuo Hirai à la tête de son grand rival.

Trois activités encore dans le rouge

Panasonic a déjà mené de lourdes restructurations dans sept de ses activités à problèmes (télévision et écrans plats, semiconducteurs, circuits imprimés, mobiles, dispositifs optiques, climatiseurs et appareils photo numériques). Trois activités restent encore déficitaires : les semiconducteurs, les composants optiques et surtout la télévision, dans le rouge depuis six années consécutives.

Victime des mêmes problèmes, Sony a changé au milieu de 2014 de stratégie en détachant ses activités l'une après l’autre dans des filiales autonomes et responsables de leurs résultats. Une tactique qui semble porter ses fruits puisque sa télévision est passée au vert il y a un an après 10 années consécutives de perte. Là aussi c'est une voie dont Panasonic compte s’inspirer.

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