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Pourquoi Deezer reporte son introduction en bourse à de meilleures heures

Analyse Le site français de streaming de musique, Deezer, a annoncé mardi 27 octobre le report de son introduction en bourse in extremis. En cause un mauvais climat sur les marchés, selon l'entreprise. S'il progresse, le modèle payant pour l'offre de contenus culturels peine à trouver sa rentabilité, la seule boussole des investisseurs.

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Pourquoi Deezer reporte son introduction en bourse à de meilleures heures
Pourquoi Deezer reporte son introduction en bourse à de meilleures heures © Deezer

"Deezer annonce aujourd'hui le report de son projet d'introduction en bourse en raison des conditions de marché. La société évaluera ses différentes options de financement dans le futur. Deezer dispose des capacités de financement et du positionnement adéquat pour poursuivre sa stratégie de croissance."

 

On a connu communiqué de presse plus loquace, que ces trois lignes (dans la version originale) envoyé par Deezer mardi 27 octobre à 20h01 pour annoncer ce qui s'annonçait pourtant comme un événement à la Bourse de Paris. En effet, l'offre promettait de déboucher sur la naissance d'une licorne, une de ces sociétés valorisées plus d'un milliard. Las, les "conditions de marché" ne sont pas au rendez-vous et l'opérateur de streaming musical sur Internet a préféré reporter, comme d'autres entreprises, Elis ou Spie avant lui.

 

Des abonnés, un déficit et un nouveau concurrent nommé Apple

 

Au-delà de l'incertitude prévalant sur le marché, c'est le modèle économique de Deezer qui pourrait avoir peiné à séduire les investisseurs. Car si Deezer affiche 1,5 million d'abonnés directs et 4,8 issus de divers partenariats, l'entreprise ne gagne toujours pas d'argent. Ainsi, avec un chiffre d'affaires pour 2014 que nos confrères des Echos avait estimé à 142 millions d'euros, la marge brute d'exploitation restait négative de 12 millions d'euros à la fin du premier semestre. Un des enjeux de la levée de fonds devait être d'accélérer la conquête de nouveaux clients payants, pour grossir et combler une partie de l'écart avec Spotify qui avance 20 millions d'abonnés.

 

Surtout, le paysage a changé ces derniers mois avec l'arrivée d'Apple sur ce marché. En quelques mois, la firme de Tim Cook revendique 6,5 millions d'abonnés. Même si les prévisions anticipent une croissance du marché des abonnements musicaux en streaming payants, la part qui reviendra à Deezer reste à déterminer.

 

Mauvaises nouvelles en série sur les pure players

 

Cette incertitude pourrait avoir rendu frileux certains investisseurs ayant encaissé coup sur coup des résultats inférieurs à ceux attendus de la part de Netflix (qui est au cinéma ce que Deezer voudrait être à la musique) et une alerte sur les résultats de Pandora, la radio musicale par Internet. A cela s'ajoute les négociations ouvertes pour améliorer la rétribution des ayant-droits du secteur musical ouvertes en France par le Ministère de la Culture : si le pourcentage rémunérant les artistes augmentent, celui qui sera réservé aux entreprises comme Deezer devrait mécaniquement baisser.

 

Face à cette annulation, l'entreprise assure disposer des moyens nécessaires pour mener son développement comme elle l'entend, le temps de revoir sa stratégie financière. Il faudra suivre l'actualité ces prochains mois, pour voir si finalement elle retente l'aventure boursière ou si elle retourne à une levée hors marché. Refera-t-elle le choix de la place parisienne ou tentera-t-elle d'aller aux Etats-Unis, réputés être plus accueillants pour la prise de risque ? Affaire à suivre...

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