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Pourquoi le designer star Mathieu Lehanneur a dit oui au chinois Huawei

Pour piloter son premier centre mondial de design, l’équipementier télécoms chinois Huawei a choisi Paris et le nouveau designer star français, Mathieu Lehanneur. Ce dernier a raconté à L’Usine digitale la petite et la grande histoire de leur rencontre.
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Pourquoi le designer star Mathieu Lehanneur a dit oui au chinois Huawei
Pourquoi le designer star Mathieu Lehanneur a dit oui au chinois Huawei © Bernard Lachaud

Le chinois Huawei a choisi Paris pour installer son premier centre mondial de design, le "Aestethetics Research Center" (ARC). Inauguré le 12 mars 2015, dans le 7e arrondissement, au 5e étage d’un immeuble avec vue sur la Tour Eiffel et l’assemblée nationale, le centre installé est opérationnel depuis plusieurs mois. Une dizaine de designers, spécialisés dans les produits de luxe, la mode, l’automobile, la 3D et le numérique, y travaillent déjà. Leur mission : apporter des idées créatives sur les couleurs et le style des produits Huawei et intégrer des technologies innovantes en accord avec les codes en esthétisme, explique le communiqué officiel. Mais pourquoi Paris ? Pourquoi avoir choisi la nouvelle coqueluche du design français, Mathieu Lehanneur, comme Chief Designer ? Et surtout, pourquoi ce dernier a-t-il dit oui à Huawei ?

 

Un premier centre mondial de design à Paris

Le choix de Paris a plusieurs explications. D’une part Ren Zhengfei, le président fondateur de Huawei, est un grand amateur d’art et d’architecture et il considère Paris comme une référence mondiale pour la mode et les arts. De plus, le groupe chinois a décidé d’investir massivement en Europe et notamment en France. L’ouverture de l’ARC s’inscrit ainsi dans le programme d’investissement de 600 millions d’euros de Huawei en France, que Ren Zhengfei était venu présenter en personne à François Hollande en septembre 2014. Il en avait aussi profité pour s’organiser une rencontre avec les deux figures montantes de la French Touch : le mathématicien Cédric Villani et le designer Mathieu Lehanneur.

 

Des contacts noués depuis deux ans

"Nous n’avons pas parlé de smartphone ou d’objets connectés. La discussion, qui a duré plus d’une heure, a porté sur la fondation de la marque, son histoire, les mathématiques, la philosophie, mais aussi sur la technologie et le tsunami de la data…", raconte le designer. Une rencontre intense, inscrite dans une longue suite de rendez-vous entre le designer et les dirigeants du groupe chinois : "Le premier contact a eu lieu il y a plus de deux ans, avec une longue première rencontre à Paris", précise-t-il. Puis le designer est allé au siège du groupe à Shenzhen, en Chine. "J’y ai eu une très bonne surprise, se souvient Mathieu Lehanneur. J’avais une vision d’efficacité frénétique concernant cette entreprise. J’y ai rencontré un groupe qui prend le temps de construire sans urgence, sur le long terme. Huawei prend le temps d’aller vite." Cette philosophie a séduit le designer. La mission aussi.

 

Donner forme à la révolution relationnelle

Car il ne s’agit pas uniquement de donner aux produits Huawei de jolies formes. "Je ne vois pas la notion d’esthétique sous sa dimension cosmétique, mais comme une intelligence, une cohérence du fond et de la forme", explique le designer. De toute façon, sa vraie mission à la tête de l’Aestethetics Research Center consiste à construire une identité de marque du groupe chinois pour l’ancrer dans l’ère des objets connectés. "Après la révolution industrielle, après la révolution numérique, nous entrons à présent dans l’ère de la révolution relationnelle. La technologie n’est plus entre nous, elle est avec nous et sur nous. Il ne reste plus qu’à lui donner forme…", déclare le designer.

 

Un supplément d’âme pour la marque Huawei

Mais fort de ses 2000 brevets déposés par an, le chinois n’a pas besoin de Paris pour la technologie. Ce qu’il vient chercher auprès du designer français, "c’est un supplément d’âme et de compréhension de ce nouveau monde connecté", précise Mathieu Lehanneur. Selon lui, pour les trouver, il faut avoir le recul nécessaire, prendre de la distance vis-à-vis de la technologie. "Il s’agit d’écouter le monde pour avoir un coup d’avance", explique-t-il. Et c’est justement ce qu’il fait le mieux, comme pour la gamme Wiser de capteur connecté pour la maison de Schneider Electric).

"S’ils m’ont choisi, c’est parce que justement, je ne suis pas spécialisé dans un domaine. Je suis à l’aise avec la technologie, mais sans fascination. Ce qui leur a plu, c’est cette gourmandise de ma part dans tous les champs", a compris le designer. Une gourmandise que Mathieu Lehanneur va de plus continuer d’assouvir librement. Sa mission pour Huawei n’est pas exclusive.

 

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