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Pourquoi Soundcloud débarque en France avec une version enrichie et payante

Entretien Décontracté, Alexander Ljung, le pdg et co-fondateur de soundcloud l'est assurément en jean basket  t-shirt. Mais il semble aussi très déterminé à faire de sa plateforme l"offre musicale la plus riche avec ses 125 millions de morceaux et ses 12 millions d'artistes. Pour lui, Soundcloud est le lieu où on trouve toute la musique du monde.  Aussi, quand il annonce une offre payante en France, c'est pour valoriser son affaire mais aussi pour rémunérer les artistes (Soundcloud annonce également un accord avec la Sacem), insiste-t-il. Dans l'interview qu'il nous a accordée, il développe sa vision du marché de la musique et de l'offre Soundcloud.  
mis à jour le 11 mai 2016 à 14H36
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Pourquoi Soundcloud débarque en France avec une version enrichie et payante
Le jeune pdg de Soundcloud joue encore du piano mais a choisi de se concentrer sur son métier de manager.. pour le moment. © Christophe Bys

L'Usine Digitale : Vous lancez aujourd'hui Soundcloud Go, une nouvelle offre payante en France. Renoncez-vous à ce qui fait la spécificité de votre site, qui était très ouvert ?

Alexander Ljung : Nous lançons Soundcloud Go en France ce mardi 10 mai. Nous l'avons déjà lancé aux Etats-Unis et au Royaume-Uni la semaine dernière. C'est donc le troisième pays.

 

Ce lancement s'inscrit dans l'histoire de Soundcloud, que nous avons créé en 2007 avec Eric [Wahlforss]. Notre originalité est que nous avions une expérience de musicien et de créateur. C'était quelque chose de rare dans le milieu d'Internet, où les gens savaient faire des sites web mais ne connaissaient pas toujours bien la musique. Nous avons commencé avec l'idée que l'arrivée d'Internet était une très bonne chose. Eric et moi, nous nous sommes posé la question suivante : que pouvons nous y faire pour les musiciens et les créateurs ? C'est pour cela que nous avons créé Soundcloud.

 

En quelques années, Soundcloud est devenu la plus grande communauté de musiciens et d'artistes d'Internet. D'un point de vue économique, nous avons observé qu'une fois qu'on a le plus grand nombre d'artistes sur son site, les auditeurs, les consommateurs viennent. Ils veulent être là où sont les musiciens, là où ils créent de nouveaux morceaux.

 

C'est de cette façon que nous avons construit la plus grande plateforme de musique du monde. Nous avons plus de 175 millions d'auditeurs uniques par mois. Ils continuent de venir sur Soundcloud pour ce lien unique avec les créateurs. Il y a plus de créateurs et de musiciens sur Soundcloud que sur n'importe quelle autre plateforme. Quand une radio classique diffuse 3 ou 4 000 artistes par an, nous en proposons 12 millions d'artistes par mois. L'échelle n'est pas comparable.

 

Nous avons construit des outils faciles à utiliser pour les artistes de sorte qu'il télécharge beaucoup de contenus, de musiques qui n'existent nulle part ailleurs. Les gens viennent sur notre plateforme pour trouver ces morceaux uniques.

 

Soundcloud est surtout fort sur la musique électro, mais pour le reste ?

Oui nous sommes historiquement forts sur le hip hop et la musique électronique. Parfois les gens pensent que Soundcloud est réservé pour les groupes qui ne sont pas produits par des majors. Ce n'est pas le cas. Soundcloud est fait pour tous les artistes du monde, des plus connus aux plus confidentiels. Ils viennent y partager des remixs, des morceaux qu'ils ont fait en dehors des albums, des contenus spéciaux pour résumer.

 

C'est pour cela aussi que nous avons un catalogue unique que personne d'autre ne possède. Nos concurrents ont souvent les mêmes morceaux. Nous sommes une plus grande plateforme qui offre des musiques différentes.

 

Quel était votre business model initial et quels changements apporte Souncloud Go ?

Depuis deux ans, nous travaillons avec l'industrie musicale pour construire ensemble un modèle économique. Pour cela nous avons suivi le même schéma que des entreprises comme Facebook. Nous avons commencé par créer une plateforme pour les utilisateurs, puis dans un second temps, nous travaillons à créer des revenus. Nous avons décidé de faire un modèle de revenus mixte, avec de la publicité et des abonnements.

 

Sur l'offre gratuite que nous maintenons, il y a aura désormais de la publicité. Nous ajoutons une nouvelle offre Soundcloud Go qui coûtera 9,99 euros avec 30 jours d'essai gratuit.

 

Qu'offrez-vous en plus pour ce prix ?

Ce service a trois caractéristiques. Il est sans publicité. Vous pouvez écouter de la musique en étant déconnecté. C'était une demande très forte des utilisateurs. La troisième caractéristique, qui est très singulière dans notre environnement, est le résultat de la négociation que nous avons menée avec l'industrie musicale. Nous allons proposer tous les standards de l'industrie musicale que nous rémunérons. Les gens pourront importer sur Soundcloud les morceaux qu'ils ont sur d'autres plateformes. Nous avons un catalogue de plus 125 millions de morceaux. Nous allons combiner les contenus exclusifs de Soundcloud avec le catalogue des majors, des indies, les vieux albums …

 

Ce sera la première fois, et j'avoue que c'est ce que je trouve de plus excitant dans cette aventure, qu'on aura une offre aussi large, comprenant aussi des mix de DJ ou des émissions de radio, le tout sur la même plateforme. Pour les Français, la nouveauté ce sera aussi d'avoir désormais une appli en français.

 

Faudra-t-il s'identifier désormais pour écouter de la musique sur Soundcloud ? 

Non. vous pourrez continuer à venir sans payer. D'autres s'identifieront sans payer. Enfin, les troisièmes paieront et seront forcément reconnus et ils auront accès à la richesse de notre catalogue sans publicité et avec la possibilité d'avoir de la musique hors connexion. 

 

Combien d'utilisateurs avez-vous d'ores et déjà aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ?

Nous ne communiquons malheureusement pas ces données pour le moment. Nous avons lancé aux Etats-Unis l'offre il y a quelques semaines et tout ce que je peux vous dire c'est qu'il y a un réel intérêt autour. Cela a fait beaucoup de bruit, aussi bien auprès des auditeurs de musiques que des musiciens. Pour moi c'est très important. C'est pour cela aussi que nous le lançons maintenant dans plusieurs pays.

 

Pourquoi avez-vous choisi la France après le Royaume-Uni, plutôt que l'Allemagne où vous avez vos bureaux ?

Nous aimons la France. Nous avons beaucoup de "bons" utilisateurs ici et la France est un important marché pour la musique. Il y a aussi beaucoup de très bons musiciens. Ce qui se passe dans la culture et la musique en France nous intéresse beaucoup. Et puis je voulais venir à Paris (rires).

 

Qu'attendez-vous avec cette offre ? Attirer de nouveaux clients ou faire passer les existants du gratuit au payant ? Quel est votre objectif ?

C'est de faire un mix des deux. Nous savons qu'une part de nos utilisateurs actuels voulaient écouter et étaient prêts à payer leur musique hors connexion. En outre, c'est la première fois que les gens vont avoir une offre aussi complète de musique. Quand ils vont le réaliser, certains, qu'ils sont d'anciens ou de nouveaux utilisateurs, vont comparer aux services existants et réaliser la richesse de ce que nous proposons.

 

Récemment, j'ai assisté à un débat du Social media club sur les podcasts où l'on a parlé de la place occupée par Soundcloud dans leur diffusion. Avez-vous une politique spécifique pour développer ses contenus et les valoriser ?

Ce que nous aimons sur Internet c'est qu'il est ouvert et que tout le monde peut participer. C'est cette philosophie que nous avons voulu appliquer à la musique et radio. Tout le monde peut créer un compte sur Soundcloud, partager des sons, que ce soit de la comédie, de la musique ou des podcasts... En faisant cela, en proposant les meilleurs outils, nous avons réussi à attirer de nombreux podcasts dans le monde. Je pense que nous sommes la plus grande plateforme de podcasts au monde.

 

Mais ce n'était pas le but ?

Non, le but était d'être le plus ouvert possible, d'avoir le plus de sons possibles. La musique est le contenu le plus important. Mais nous aimons toutes les formes de sons. Certaines personnes téléchargent des enregistrements de chants d'oiseaux... Nous aimons ces sons inattendus.

 

Une dernière question. Vous êtes suédois. Un célèbre service de streaming l'est aussi. Pourquoi cette présence suédoise sur la musique. Est-ce un héritage d'Abba ? 

Peut-être (rires). En Suède nous faisons de la musique très jeune à l'école et nous avons de longues longues nuits pendant plusieurs mois, durant lesquelles il faut bien s'occuper. Beaucoup de Suédois pratiquent d'un instrument. C'est sûrement un début d'explication... 

 

Un accord avec la Sacem pour élargir l'offre
Soundcloud a signé un accord avec la société de gestion des droits des musiciens, auteurs et interprètes pour "offrir de nouvelles opportunités créatives, commerciales et promotionnelles aux plus de 157 000 membres de la Sacem dans le monde" a aussi annoncé Soundcloud le 10 mai 2016 dans un communiqué. Autrement dit, la plateforme rémunèrera les artistes à "chaque fois que leurs œuvres y seront joués ". A quelle hauteur ? Top secret.  

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