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Pourquoi Stéphane Richard est finalement pressé de croquer Bouygues Telecom

A l’occasion de ses vœux à la presse le 12 janvier, Stéphane Richard a précisé ses intentions vis-à-vis de Bouygues Telecom. Il a renouvelé son incompréhension vis-à-vis des régulateurs qui pourraient ralentir la réalisation de l’opération. Le patron d’Orange, qui estime avoir une chance sur deux d’y arriver, veut aller vite.
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Pourquoi Stéphane Richard est finalement pressé de croquer Bouygues Telecom
Pourquoi Stéphane Richard est finalement pressé de croquer Bouygues Telecom © Emmanuelle Delsol

Stéphane Richard a confirmé le 12 janvier être en discussions parallèles avec la filiale du groupe de BTP, et avec Iliad et Altice. "Nous sommes entrés dans cette négociation avec une grande sérénité, a insisté Stéphane Richard. Nous ne sommes pas en difficultés sur le marché et s’il y a consolidation en France, Orange sera impliqué. On travaille et on est détendu." En réalité, pas tout à fait... Le patron de l’opérateur est en particulier très agacé par les réticences possibles des autorités de régulation et de la concurrence. Maintenant que la discussion est engagée, il veut la voir aboutir. Vite. Et il n’a pas envie que les régulateurs se mettent en travers de sa route.

 


Une chance sur deux 

Il n’a évalué qu’à une chance sur deux la probabilité que l’acquisition soit conclue et ne veut pas passer plus de quelques semaines sur le projet. Même si le choix de l’autorité de la concurrence concernée par le dossier – française ou européenne – doit encore attendre quelques jours, car il dépend des comptes 2015 d’Orange. Pour que la France s’en occupe, la part française du chiffre d'affaires de l’opérateur ne doit pas dépasser deux tiers de ses ventes européennes. A ce sujet, le patron d’Orange a précisé qu’il n’escomptait pas à plus de facilités si le dossier était traité – ce qui lui semble probable – par l’autorité française.


"En Europe, on vous répond de travers dès que vous avez 30% de marché"

"En Europe, l’heure n’est pas à l’autosatisfaction en particulier chez les régulateurs, a-t-il asséné. Ici, on vous répond de travers dès que vous avez 30% de marché ! En Chine, trois opérateurs se partagent tout. Et c’est quasiment la même chose aux Etats-Unis." Il a une nouvelle fois discuté le choix de l’Europe organisée par pays pour ses opérateurs, ses régulateurs…  Et s’est interrogé sur la capacité de l’Union, comme de la France, à investir suffisamment dans leurs réseaux pour relever le défi de l’économie numérique. En résumé, autoriser des acquisitions comme celle de Bouygues Telecom par Orange, permettrait d’avoir des acteurs européens plus forts, mieux à même d’investir. Un raisonnement ancien, mais de nouveau d’actualité.


Un projet avant tout industriel

Stéphane Richard assure aussi que l’opération est avant tout un projet industriel. Le projet conforterait en particulier Orange dans sa position de force sur la convergence entre fixe et mobile avec la récupération d’éléments techniques tels les fréquences et d’une base de clients. Il y voit aussi une diminution des risques de se voir imposer des règles qu’il qualifie d’"anti opérateur historique" puisqu’il aurait davantage de capacité à déployer la fibre optique et à couvrir les zones grises, en cohérence avec les objectifs de l’Etat. 

 

"Ce qui est en cause c’est une approche où, peu ou prou, le principal problème du secteur serait la taille, la part de marché, la capacité d’investissement de l’opérateur historique, s’est insurgé Stéphane Richard. C’est une obsession du régulateur. Même dans un régime de concurrence où chacun décide de ses investissements !" Il a enfin listé trois conditions sans lesquelles il ne se serait pas engagé dans un tel rapprochement : qu’il crée de la valeur pour Orange, qu’il soit socialement irréprochable et qu’Orange maîtrise le risque d’exécution en étant à la manœuvre.


La baisse des prix, un acquis intangible

Stéphane Richard a aussi répondu aux interrogations sur l’impact sur les prix pour le consommateur, et sur l’emploi. Stéphane Richard a estimé que si l’on observait les chiffres, l’impact social ne serait pas un problème majeur. "Il y a environ 7000 salariés chez Bouygues Telecom, 90000 chez Orange France, avec quelque 20000 départs en retraites d’ici à 2017", a-t-il décompté. En fonction de la dévolution des actifs, on ne va pas reprendre tous les effectifs de Bouygues.

 

"En aucune manière, cette opération n’entrainera de hausse des prix pour le consommateur, a-t-il par ailleurs assuré. La baisse est un acquis intangible. Même à trois, la concurrence restera forte. Et soyons lucides ! Un mois d’abonnement illimité avec de la data en France, ça coûte moins cher que de laisser sa voiture toute la nuit dans un parking parisien !"

 

Master of the french télécoms

Enfin, tout en réfutant toute mise en avant, Stéphane Richard a tenu à préciser que, si en 2014, c’était lui qui était allé voir Martin Bouygues, cette fois, c’est le patron du groupe de BTP qui a fait appel à Orange. Il a aussi rappelé que s’il préférait un modèle à trois opérateurs, Orange n’était pas plus effrayé par un statu quo à quatre. "Ce n’est pas nous qui souffrons pour investir…" Petit tacle à peine déguisé à tous les autres opérateurs français. Une façon de rappeler à tous qu’Orange se voit bel et bien comme le patron des télécoms français.

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