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Publicité, cookies, données sensibles… Doctissimo assigné devant la Cnil

Vu ailleurs Doctissimo, propriété du groupe TF1, fait face à une plainte déposée devant la Cnil par Privacy International. L'ONG britannique reproche au site consacré à la santé et au bien-être de violer certaines règles du RGPD, en particulier celles relatives à la publicité.  
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Publicité, cookies, données sensibles… Doctissimo assigné devant la Cnil
Publicité, cookies, données sensibles… Doctissimo assigné devant la Cnil © U.D

Privacy International, spécialiste britannique de la défense des droits numériques, a déposé une réclamation contre Doctissimo devant la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), révèle Le Monde le 1er juillet. L'ONG londonienne reproche au site consacré à la santé, racheté par TF1 en 2018, de violer certaines dispositions du Règlement général sur la protection des données (RGDP).

Absence de consentement aux cookies
Dans sa plainte, l'ONG reproche au site internet sa mauvaise gestion des cookies. Elle affirme avoir découvert que certains cookies sont déposés alors que l'internaute n'a pas donné son autorisation. En bref, la simple présence d'une personne sur le site suffirait à déduire son consentement.

Au-delà des cookies, Doctissimo a recours au "Real Time Bidding" (RTB). Cette pratique consiste à mettre en concurrence en temps réel des annonceurs pour afficher une publicité sur une page web selon le profil ou le comportement de l'internaute. Cette technique publicitaire peut conduire à l'envoi de données sensibles car elle consiste justement à envoyer de façon permanente des informations sur le visiteur. A ce titre, l'organisme britannique critique ce "partage systématique de données personnelles avec un grand nombre de tiers".


L'ONG indique par ailleurs dans sa réclamation que sur les pages consacrées à la dépression et à la grossesse, des informations sont envoyées à 41 sites partenaires et comportent 23 cookies appartenant à dix entreprises différentes. "Si vous répondez à un test sur la dépression ou consultez des informations sur la grossesse, ces données vont pouvoir être centralisées par ces partenaires via leurs trackers afin de construire un profil détaillé qui va être vendu à des éditeurs et permettre d’envoyer des publicités, mais potentiellement finir ailleurs, dans des agences de notation de crédit par exemple", détaille Eliot Bendinelli, technologue au sein de Privacy International.

Le groupe TF1 nie les accusations
Sollicité par Le Monde, le groupe TF1 a assuré que "la sécurité des données personnelles de nos internautes est la priorité de Doctissimo. Nous agissons ainsi conformément à notre mission qui consiste à proposer gratuitement des contenus éditoriaux et des services de qualité tout en assurant la sécurité des données personnelles que nous confient nos utilisateurs lorsqu’ils créent un compte Doctissimo et utilisent nos services".

Si ces arguments ne convainquent pas la Cnil, le groupe de médias français risque une amende pouvant s'élever jusqu'à 4 % de son chiffre d'affaires annuel mondial. En 2019, le chiffre d'affaires du groupe était de 2,33 milliards d'euros. Au-delà du préjudice financier, une telle sanction n'est souvent pas très bonne pour l'image de l'entreprise. 

La réclamation déposée par Privacy International s'inscrit dans une démarche plus large contre les entreprises spécialisées dans le ciblage publicitaire qui manipulent des quantités colossales de données. "On attend des régulateurs qu’ils prennent des sanctions et forcent cette industrie à évoluer. Cela fait deux ans que le RGPD est mis en place : une telle industrie ne peut continuer à perdurer et engranger autant d’argent de manière illégale", déclare Eliot Bendinelli.

En France, la Cnil a ouverte en mars 2020 une enquête sur Criteo. Le spécialiste français du reciblage publicitaire est accusé de violer la législation sur la protection des données personnelles. A noter que le Conseil d'Etat vient de rendre une décision dans laquelle il affirme que la Cnil a outrepassé ses fonctions en interdisant les cookies wall.

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