Qualcomm dans le collimateur de la Commission européenne pour abus de position dominante

La Commission européenne a ouvert contre Qualcomm deux procédures d’examen sur des éventuels abus de position dominante dans les modems cellulaires. Une action qui risque de se terminer par une grosse amende pour le géant américain des puces pour mobiles.

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Qualcomm dans le collimateur de la Commission européenne pour abus de position dominante

Les ennuis de Qualcomm avec les autorités de la concurrence ne sont pas terminés. Après la Chine, c’est au tour de l’Union européenne de s’intéresser aux pratiques concurrentielles du géant américain des puces pour mobiles. La Commission européenne vient de lancer officiellement deux procédures d’examen d’éventuels abus de position dominante de sa part dans les jeux de circuits de bande de base, ces modems cellulaires qui assurent l’interface radio entre un terminal et le réseau mobile.

66% du marché des modems 3G et 4G

La première porte sur les conditions de fourniture par Qualcomm de certains modems 3G et 4G utilisés dans les smartphones et tablettes. Le groupe américain, qui s’accapare 66% du marché de ces puces en 2014 selon Strategy Analytics, est suspecté de s’imposer auprès des clients comme fournisseur exclusif en contrepartie de paiements, rabais et autres incitations financières. La seconde procédure concerne les pratiques de Qualcomm en matière de fixation des prix de certains modems 3G. Le géant californien est soupçonné de pratiquer des "prix d’éviction" en vendant ses puces à perte dans le but de forcer les concurrents à quitter le marché.

"A cette étape de l’enquête, il ne s’agit ni d’une expression par la Commission européenne sur le fond de l'affaire, ni d’une accusation contre la société. Alors que nous sommes déçus par cette action, nous allons coopérer avec la Commission européenne et démontrer que ses préoccupations sont sans fondement", a réagi Qualcomm dans un communiqué.

Le précédent chinois

Qualcomm a fait l’objet d’une action similaire en Chine concernant ses pratiques concurrentielles dans les redevances de brevets sur les technologies 3G et 4G. Cette procédure s’est terminée en février 2015 par une amende de 975 millions de dollars et la baisse d’un tiers de ses redevances de brevets imposées aux constructeurs chinois de mobiles.

Si les soupçons qui pèsent sur lui en Europe sont vérifiés, Qualcomm risque une amende atteignant 10% de son chiffre d'affaires dans les modems 3G et 4G, soit près de 1,5 milliard d’euros. Le géant américain, qui a dégagé un bénéfice net de 8 milliards de dollars en 2014, a les moyens de payer. Le problème c’est que la Chine a ouvert la boîte de Pandore. Qualcomm est maintenant dans le collimateur des autorités de la concurrence de plusieurs autres pays, dont la Corée du Sud et les Etats-Unis. Il n’a pas fini de payer le prix de sa domination dans les puces pour mobiles.

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