Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Qualcomm intègre de l'intelligence artificielle sur ses puces pour lutter contre les malwares

En difficultés après les problèmes techniques rencontrés par le Snapdragon 810, son produit phare cette année, Qualcomm veut frapper fort pour son prochain System-on-a-Chip. Il utilise notamment l'intelligence artificielle pour détecter et stopper en temps réel les logiciels malveillants, directement depuis la puce.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Qualcomm intègre de l'intelligence artificielle sur ses puces pour lutter contre les malwares
Ce schéma explique comment l'analyse comportementale des applications permet une meilleure sécurité. © Qualcomm

En difficultés financières, le fabricant de processeurs mobiles Qualcomm mise sur ses innovations technologiques pour retrouver le succès. Il compte notamment sur son prochain produit phare, le Snapdragon 820. Ce System-on-a-Chip bénéficiera entre autres d'une meilleure gestion de la caméra (plus de couleurs, autofocus plus rapide, zoom amélioré) et d'un gain de performance graphique de 40%, que Qualcomm présente comme idéal pour les applications de réalité virtuelle sur smartphones. Mais sa technologie la plus intéressante est sans doute Smart Protect, une fonctionnalité de cybersécurité intégrée directement sur la puce.

 

L'intelligence artificielle contre les malwares

Les antivirus classiques, sous forme de logiciel à installer, ne sont pas adaptés pour lutter contre les "zero days", ces vulnérabilités encore inconnues des fabricants et dont la signature n'est pas intégrée à leurs bases de données. Des mois peuvent se passer avant qu'elles ne soient détectées et qu'une mise à jour ne soit faite. Smart Protect est la réponse de Qualcomm à ce problème. Il s'appuie sur des techniques d'intelligence artificielle pour détecter les comportements suspects eux-mêmes, et pas juste les programmes qui en sont la source.

 

La détection se fait en temps réel, et son intégration directement sur la puce lui permet de fonctionner en permanence, sans nécessiter de connexion à Internet. Les applications suspectes sont catégorisées selon leur niveau de danger, des plus destructives à celles se contentant d'afficher des publicités agaçantes, en passant par les logiciels espions. Qualcomm mettra également une API (interface de programmation applicative) à disposition des distributeurs de logiciels de sécurité informatique pour qu'ils tirent pleinement parti de Smart Protect.

 

l'innovation technologique suffit-elle encore ?

Cette fonctionnalité, qui s'ajoute aux caractéristiques "classiques" du circuit intégré, suit une technique éprouvée de Qualcomm pour se différencier de la concurrence. L'entreprise a fait fortune en intégrant ses modems 3G/4G directement dans ses puces, permettant un gain de place et une diminution de la consommation énergétique, et ajoute chaque année à ses produits de nouvelles fonctionnalités, comme la "recharge rapide" (charger la batterie à 50% en 30 minutes) ou la lecture d'empreintes digitales.

 

Reste à voir si cette stratégie d'innovation lui suffira à conserver ses clients. Les problèmes de surchauffe liés au Snapdragon 810 ont conduit Samsung à n'utiliser, pour la première fois, que ses propres puces Exynos dans ses smartphones cette année, en lieu et place de celles de Qualcomm. Pas sûr que le coréen revienne en arrière. Et l'initiative de Samsung pourrait donner des idées à d'autres fabricants de smartphones, comme Xiaomi. Ce coup dur a eu des conséquences directes : Qualcomm a engagé fin juillet un plan de réduction des coûts incluant la suppression de 4700 postes, soit 15% de ses effectifs, pour économiser 1,4 milliard de dollars.

 

En parallèle, la concurrence de MediaTek dans les appareils d'entrée et de moyenne gamme est de plus en plus forte, et Intel poursuit sans relâche ses efforts pour pénétrer le marché mobile, notamment avec l'annonce le 2 septembre lors de l'IFA 2015 de l'arrivée de puces Core M, habituellement réservées aux ordinateurs portables, sur le marché des smartphones. Et si cela ne suffisait pas encore, la Commission européenne enquête sur un possible abus de position dominante dont Qualcomm aurait pu faire preuve avec ses modems cellulaires... Dans cette conjoncture particulièrement difficile, le Snapdragon 820 va jouer un rôle déterminant pour l'avenir de Qualcomm.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media