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Quand Google goûte au covoiturage en Israël... la vigilance est de mise pour Uber, Blablacar et consorts

Google lance une expérience de covoiturage en Israël, pays de naissance de l’app Waze de cartographie communautaire, qu’il a achetée en 2013. Une façon de peaufiner sa stratégie d’acteur de la mobilité, et de marcher un peu plus sur les plates-bandes d’Uber … et des autres.
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Le New-York Times relaie la nouvelle sur son site Bits : Google va s’essayer au covoiturage en Israël avec le service RideWith. La belle affaire. Ce ne serait qu’un mouvement indéchiffrable de plus du Californien ? Les industriels de l’automobile, les opérateurs télécoms, les entreprises de santé ne sont sans doute pas de cet avis : quand le géant de Mountain View frôle de l'orteil les plates-bandes d'un secteur d'activité, mieux vaut garder un œil  sur lui. Sinon, il pourrait y enfoncer ses deux pieds de colosse.

 

"Leur cœur d’activité, moteur de recherche et publicité, génère tellement d’argent qu’ils peuvent jouer avec tout le reste, analyse pour l’Usine Digitale, Ismail Salim, un des fondateurs de l’Université de la Singularité. Quand on gagne dix milliards de dollars par trimestre ou quelque chose comme ça, dépenser quelques millions dans l’automobile… ce n’est rien. Ça leur est égal." La nouvelle n’est donc pas si anodine. Google veut sa place dans le grand chamboulement actuel de la mobilité et il est un des rares à pouvoir uberiser tous les acteurs qui s’y adonne. Y compris Uber


Uberiser Uber


Google a commencé par jouer au début de la décennie avec un premier véhicule autonome, provoquant une irrépressible envie chez tous les constructeurs automobiles d’en faire autant. Puis cette année, il a finalement lancé sa propre petite Google Car, qui parcoure désormais les routes de Californie. En 2013, il a prélevé 1 milliard de dollars de son argent de poche pour s’offrir la brillante start-up israelienne Waze, solution de cartographie qui fait appel à sa communauté d'utilisateurs. Il a essayé – en vain, pour l’instant – de croquer Here, la cartographie experte de Nokia pour compléter... ses Google Maps, Google Earth, Street View, et autres services complémentaires. Et sans même mentionner Android et les mobiles !

 

Aujourd’hui, alors qu’Uber provoque un débat très dur dans le monde entier autour de la mobilité, Google jette une nouvelle pierre dans son jardin, en commençant par une simple app de covoiturage en test. A noter d’ailleurs que le covoiturage, contrairement aux services d’Uber, ne vient pas attaquer les services de taxis aussi frontalement qu’Uber. Mais il n’a pas échappé à la firme de Mountain View qu’il pourrait être intéressant de croiser véhicule autonome et nouveaux services de mobilité…

 

La république de Singapour ne prépare-t-elle pas déjà un service de taxis sans chauffeurs ? Le VC américain Steve Juvertson dit avoir échangé sur le sujet avec… Travis Kalanick, CEO et fondateur d’Uber. Ce dernier aurait partagé son intérêt pour les Robocar de Tesla expliquant que si la firme d’Elon Musk pouvait produire des véhicules autonomes d’ici à 2020, il en achèterait 500000. Le même investisseur imagine par ailleurs que Google pourrait provoquer encore davantage Uber en proposant des trajets gratuits dans ses Google Car…


Une alerte aussi pour Blablacar ?


Ainsi, si le mot en vogue est l’ubérisation, traduisant la violente rupture à laquelle est confrontée l’économie traditionnelle de la part venue des plates-formes numériques, pire est sans doute la "Googlisation". Le jour où Google décide incidemment de s’intéresser à …une activité, mieux vaut que ses acteurs restent bien éveillés. Quid par exemple, du Français Blablacar aujourd’hui maître reconnu du covoiturage sur moyennes et longues distances, qui se déploie très rapidement à l’international ? Au-delà de son poids actuel, le Français n'est pas dénué d'atouts face à RideWith. Waze explique ainsi avoir développé spécifiquement le service pour les trajets en heure de pointe. Pas forcément la cible de Blablacar. Mais comme les autres, il lui faut au moins observer Google du coin de l’œil et se préparer à bouger. Le dernier tweet de Frédéric Mazzella, P-dg et fondateur de Blablacar, daté du 26 juin, ne contient-il pas un lien vers la présentation de son activité lors de la conférence… Google I/O ?


Enfin, en ces temps post-révélations d’Edward Snowden, le Français a sans doute un dernier atout : il n’est pas Google. Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique déclarait à l’Usine Digitale à propos de "l’affaire" Uber contre les taxis, qu’il serait temps de définir des seuils pour distinguer des activités occasionnelles de partage, des services industrialisés par les géants californien. Blablacar n’est pas celui qui a déjà à disposition tant d’informations sur chaque utilisateur qu’il peut en décrypter une bonne partie de la vie. Sauf si… Google décide de l’avaler ?

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