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Quel programme numérique pour les 5 candidats français aux élections européennes ?

Cinq candidats aux élections européennes représentant France Insoumise (FI), Les Républicains (LR), Place Publique et Parti Socialiste (PS), La République En Marche (LREM) et Europe Ecologie Les Verts (EELV) ont apporté mardi 2 avril 2019 des éclaircissements sur leur programme numérique. Trois thématiques majeures ont été abordées : l'enseignement du numérique et la formation professionnelle ; l'harmonisation des règles au niveau européen ; le financement des start-up et actions pour les inciter à rester en Europe.
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Quel programme numérique pour les 5 candidats français aux élections européennes ?
Quel programme numérique pour les 5 candidats français aux élections européennes ? © Terry King CC Flickr

Les élections européennes auront lieu le dimanche 26 mai 2019 en France. Devant cette échéance, France Digitale et Deutsche Startups – les fédérations françaises et allemandes de start-up –  questionnent les candidats à travers toute l'Europe à propos de leur manifeste "United Tech of Europe" qui vise notamment à harmoniser les exigences réglementaires pour faciliter la vie des jeunes pousses européennes.


La première session de questions/réponses s'est tenue le mardi 2 avril 2019 à Paris. Cinq candidats représentant la France Insoumise (FI), Europe Ecologie les Verts (EELV), Les Républicains (LR), le Parti Socialiste (PS) et Place publique, et la République En Marche (LREM) étaient présents. Face à eux, des représentants de France Digitale, de l'Acsel, de France Invest et du Syntec numérique. Trois thématiques principales ont été abordées au cours de la soirée : l'enseignement du numérique ; l'harmonisation des règles fiscales, sociales et relatives aux entreprises ; le financement des start-up et la façon dont elles peuvent faire face aux concurrents provenant d'autres continents. Des idées ont été évoquées par tous les candidats, mais très peu de propositions concrètes ont été mises en avant.

 

Manuel Bompard, la France Insoumise (FI)

Manuel Bompard ouvre le bal en demandant à ce que la neutralité du Net et l'accès au très haut débit soient inscrits dans la charte européenne des droits fondamentaux. Côté enseignement, si les réglementations sont plutôt établies au niveau national, le candidat estime que l'Europe peut "favoriser une forme de coopération dans la recherche et les universités". Ce dernier affirme qu'il est nécessaire d'introduire une formation pour favoriser l'accès au numérique dans les programmes scolaires.

 

Selon Manuel Bompard, pour que l'Europe soit une opportunité pour les start-up,  il faut parvenir à harmoniser des règles. Cette harmonisation doit selon lui se faire par le haut pour mieux protéger les salariés et les individus. Du côté de la fiscalité, il estime qu'il faut réussir à imposer des règles auxquelles ne pourront pas se soustraire les géants (Gafa, notamment) en les obligeant, par exemple, à déclarer leurs bénéfices pays par pays et en "luttant contre les paradis fiscaux qui existent au sein même de l'UE". Et d'ajouter : "Il ne faut pas hésiter à entrer dans un rapport de force" avec les autres Etats membres puisque l'établissement des règles fiscales nécessite l'unanimité. Aucune précision, en revanche, sur la forme qui pourrait prendre ce rapport de force.

 

Pour le financement des start-up, "l'Etat et la puissance publique ont une place importante dans les secteurs innovants", clame Manuel Bompard. Mais si l'Etat doit être moteur et peut investir massivement, il faut aussi selon lui "favoriser les investissements privés" dans des projets innovants ou des start-up.

 

Franck Proust, Les Républicains (LR)

Franck Proust, candidat LR, affirme que  "65% de nos jeunes auront à terme un emploi lié au numérique". Pour lui, la formation est capitale pour les jeunes mais aussi ceux qui travaillent déjà. Toutefois, du côté de l'enseignement, "la bonne échelle reste l'échelle nationale" et non pas européenne.

 

Le candidat LR est favorable à une certaine harmonisation des règles sociales, fiscales et de création d'entreprise au niveau de l'Europe puisque pour lui, il n'y a pas de sens à ce qu'une start-up ait 27 réglementations différentes à respecter. Evoquant la taxe sur les GAFA, qui n'a rien donné au niveau européen, Franck Proust trouve problématique que la France soit l'un des seuls pays à vouloir instaurer une telle règle. Pour avoir un réel impact, il estime que ce type de règles doit être établi au niveau européen.

 

Si la Banque européenne d'investissement (BEI) aide les start-up à démarrer, par la suite "quand elles lèvent des millions en Europe on parle de milliards sur les autres continents", assure Franck Proust. Mais il ne précise pas pour autant comment les fonds d'investissement européen peuvent devenir plus importants. Pour lui, si les capitaux étrangers sont acceptés, il ne faut pas avoir honte de les filtrer. "Toutes les puissances économiques mondiales ont un système de filtrage des investissements étrangers", affirme le candidat LR. "Il faut éviter le pillage du savoir-faire et garder son indépendance" notamment dans des domaines pouvant troubler l'ordre et la sécurité publics, justifie-t-il.

 

Christophe Clergeau, place publique et Parti socialiste (PS)

Christophe Clergeau, candidat Place publique et Parti Socialiste (PS), insiste sur le fait qu'il est possible de développer des programmes de reconversion pour les salariés afin qu'ils se dotent des nouvelles compétences nécessaires pour les nouveaux emplois du numérique. "Le numérique devrait être à la base de la culture générale à l'école", ajoute-t-il.  A ses yeux, l'Union européenne peut donner une impulsion sur les formations dans le numérique, leur donner de la visibilité, établir des programmes spécifiques et éventuellement financer des formations pour des métiers sous tension ou des métiers du numérique.

 

Des talents préfèrent s'implanter aux Etats-Unis qui proposent un marché largement plus unifié qu'en Europe, constate le candidat PS. "Il faut aller au bout du marché intérieur unique", clame-t-il. Selon lui, avoir un marché unifié et des règles harmonisées pourrait favoriser l'émergence de start-up et de licornes.


Il évoque par ailleurs l'intelligence artificielle et la nécessité d'ouvrir un débat sur cette technologie et ce à quoi elle sert. "L'IA est tout sauf un objet neutre", affirme Christophe Clergeau qui voudrait que l'Union européenne définisse des règles d'encadrement éthique de l'IA qui pourraient devenir un standard international. La déclaration de Montréal sur l'IA pourrait être la base d'un nouveau RGPD dans ce domaine, selon lui.

 

Le financement des start-up peut passer en partie par les chefs d'entreprise mais il faut favoriser une telle prise de risque. Il cite en exemple le modèle anglais qui permet à un business angel ayant investi dans une start-up qui a fait faillite de récupérer une partie de son investissement sous la forme d'une défiscalisation. Enfin, pour inciter les start-up à rester en Europe, il est possible de "favoriser l'expérimentation grandeur nature sur un territoire en permettant de déroger aux règles", ajoute Christophe Clergeau. Les acteurs publics ont un rôle à jouer à ce niveau, croit-il.

 

Sandro Gozi, La République En Marche (LREM)

Si le changement des programmes éducatifs se fait au niveau national, il faut réussir à "développer une véritable culture du numérique ce qui peut être fait à différents niveaux européen et national", explique Sandro Gozi, candidat LREM. Ce dernier rappelle son attachement au programme Erasmus qui favorise la mobilité au sein de l'Union européenne.

 

A ses yeux, l'Union européenne doit travailler sur la compétitivité, et "être un leader économique qui fixe les standards économiques, juridiques, sociaux et éthiques". Au niveau fiscal, il indique qu'il faut parvenir à établir un cadre juridique plus prévisible, lisible et harmonisé. Le candidat LREM ajoute qu'en terme d'harmonisation des règles sociales, il faut promouvoir les standards vers le haut.

 

Du côté du financement des start-up, le candidat LREM assure qu'il ne faut pas faire de protectionnisme mais qu'il faut tout de même "éviter les investissements prédateurs" en les "filtrant". Pour lui, il ne faut pas faire cavalier seul sur ce sujet qui nécessite l'établissement de règles au niveau européen. Concernant les business angel, Sandro Gozi propose de travailler sur un statut juridique unique européen. Et de soumettre l'idée, à titre d'exemple, de prendre un modèle national performant et de l'adapter.

 

Amandine Crambes, Europe Ecologie les Verts (EELV)

La candidate EELV Amandine Crambes a fortement insisté sur la nécessité de développer des technologies qui ont une utilité et un impact, et sur le fait de remettre du sens au cœur des développements technologiques. A ses yeux, il convient d'harmoniser un certain nombre de règles. Mais pour parvenir à établir un cadre commun, "il faut sortir de la règle de l'unanimité qui est bloquante sur un certain nombre de sujets", exprime-t-elle.

Pour que les jeunes pousses européennes parviennent à concurrencer les autres start-up, il faut travailler à regrouper les acteurs via des incubateurs, des consortiums et autres, indique par ailleurs la candidate EELV, qui ajoute que l'Union européenne peut soutenir ces regroupements.

 

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