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Rachat d'Arm par Nvidia : le Royaume-Uni demande une enquête approfondie

Le gouvernement britannique a demandé à l'autorité de la concurrence d'ouvrir une enquête approfondie sur l'acquisition d'Arm par Nvidia. Cette nouvelle phase, qui doit durer 24 semaines, se justifie par des craintes à propos de la sécurité nationale et du risque de diminution de la concurrence dans 4 marchés clés (data centers, applications de jeux, automobile et IoT). 
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Rachat d'Arm par Nvidia : le Royaume-Uni demande une enquête approfondie
Rachat d'Arm par Nvidia : le Royaume-Uni demande une enquête approfondie © Nvidia

Nadine Dorries, la ministre de la Culture et du Numérique britannique, a ordonné le 16 novembre 2021 à la Competition and Markets Authority (CMA), l'équivalent de l'Autorité de la concurrence au Royaume-Uni, d'ouvrir une enquête approfondie sur le rachat pour 40 milliards de dollars de la pépite britannique Arm par Nvidia.

Un risque de diminution de la concurrence
En pratique, il s'agit de la "phase 2" d'une procédure initialement lancée par l'autorité de la concurrence en août 2021. A l'issue de ses premières investigations, elle avait conclu que la transaction soulevait une potentielle "diminution substantielle de la concurrence sur quatre marchés cibles : les data centers, l'Internet des objets, l'automobile et les applications de jeux". Au regard de ces éléments, le gouvernement britannique a estimé que "l'intérêt de la sécurité nationale continue d'être pertinent", peut-on lire dans le communiqué.

Cette nouvelle étape doit durer près de cinq mois durant lesquels la CMA devra répondre à deux questions principales. La première porte sur le caractère anticoncurrentiel du mariage et la seconde sur les risques pour la sécurité nationale. "Arm occupe une place unique dans la chaîne d'approvisionnement technologique mondiale et nous devons nous assurer que les implications de cette transaction sont pleinement prises en compte (...)", a expliqué Nadine Dorries. 

Arm, leader incontesté des puces mobiles
Arm est une entreprise britannique basée à Cambridge. Elle est leader de la conception de puces mobiles. En effet, ses designs sont utilisés par tous les processeurs du marché, qu'il s'agisse de ceux d'Apple, Qualcomm, Mediatek, Samsung ou Huawei. Ils sont omniprésents dans les smartphones, tablettes, objets connectés et dans tous les équipements spécialisés basse consommation imaginables... mais aussi dans les data centers.

Or, "bien que tous les appareils reposant sur ces puces ne soient pas nécessairement classés comme 'critiques', la sécurité et la résilience de la chaîne d'approvisionnement au sens large sont importantes pour la sécurité nationale du Royaume-Uni", déclare Londres dans son communiqué. 


Le mariage Arm-Nvidia dans le viseur de Bruxelles
Les craintes soulevées par Londres ne sont absolument pas nouvelles. La Commission européenne souhaite également se pencher sur ces questions, en particulier l'aspect anticoncurrentiel de l'opération. Elle a décidé d'ouvrir une enquête approfondie le 27 octobre 2021. Une procédure justifiée par la crainte que l'entité issue de cette concentration ne soit en mesure de restreindre l'accès des concurrents de Nvidia à la technologie d'Arm. L'exécutif européen a jusqu'au 15 mars 2022 pour rendre sa décision. 

Dès l'annonce de leur mariage, les deux entreprises avaient pris des engagements pour éviter qu'on ne les accuse de former un monopole. Nvidia s'est engagé à conserver le modèle de licence ouverte et de neutralité d'Arm, qui est au cœur de son succès. La marque "Arm" ne disparaîtra pas non plus.

Début octobre 2021, Nvidia avait présenté une série de concessions à la Commission européenne. Son objectif : montrer sa volonté de maintenir Arm comme fournisseur de technologie "neutre". Une démonstration qui n'a pas suffi à convaincre l'institution bruxelloise. "Ces engagements étaient insuffisants pour dissiper clairement les doutes sérieux quant aux effets de l'opération", indiquait-elle.

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