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Réalité virtuelle : Google va devoir transformer l'essai Cardboard en 2016

Analyse Au-delà de l'engouement médiatique, l'intérêt du public pour la réalité virtuelle sera jugé par le marché en 2016. Et Google, qui domine déjà le marché du smartphone avec Android, compte bien s'y imposer. Mais la transition des kits low-cost en carton vers une solution plus sérieuse risque de s'avérer délicate, d'autant que Samsung se dresse en travers de sa route.
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Réalité virtuelle : Google va devoir transformer l'essai Cardboard en 2016
Réalité virtuelle : Google va devoir transformer l'essai Cardboard en 2016 © Google

Google a de grandes ambitions en matière de réalité virtuelle, ce n'est pas un secret. Des ambitions qui dépassent les rudimentaires kits Cardboard que l'entreprise propose au public depuis 2014. Le géant de Mountain View a récemment créé une division dédiée à la réalité virtuelle, et des rumeurs sur un travail en profondeur pour optimiser son système d'exploitation Android à cet usage courent depuis des mois.

 

Dernier indice, un rapport du Financial Times daté du 7 février affirme qu'un casque mobile se positionnant en rival du Samsung Gear VR sortira courant 2016. Il ne fait en vérité que confirmer les propos de Sundar Pichai, CEO de Google, qui affirmait lors de la présentation des résultats d'Alphabet que Cardboard n'était qu'une première étape pour le groupe, et que des annonces importantes auraient lieu en 2016.

 

Cardboard, le cheval de troie

On retrouve ici la méthode habituelle de Google. Les kits Cardboard, annoncés en fanfare comme étant open source en 2014, ont créé un engouement qui a rapidement vu le contenu VR exploser sur Android. Puis est venu le programme "Works with Cardboard", qui facilite l'utilisation des kits mais n'accepte que des produits suivant des règles très spécifiques (interdisant par exemple d'inclure des lanières pour le faire tenir sur le visage). Un cadre qui est garant d'une certaine qualité, mais permet surtout de garder le contrôle sur l'écosystème. Pour Raphael Seghier, co-créateur d'Homido, ces limitations imposées sont une manière pour Google d'éviter qu'on ne juge ce qu'il offre trop sévèrement comparé aux produits plus élaborés. Et aussi une façon de s'assurer que son propre casque "premium" sera au-dessus du lot à sa sortie.

 

Le marché mobile en ligne de mire

Le casque en question serait en plastique et disposerait de meilleures lentilles et de plus de capteurs. Il serait, de plus, nativement compatible avec Android, sans avoir besoin de passer par une application dédiée. Il s'appuierait sur l'écosystème (applications, vidéos) déjà présent autour de Cardboard tout en permettant aux développeurs de créer de meilleures expériences pour le nouveau masque. On peut imaginer qu'il sera aussi vendu à prix coûtant, les revenus provenant exclusivement des ventes de contenus sur le Google Play Store.

 

Google ne se présente donc pas comme un concurrent à Oculus (racheté par Facebook en 2014) ou au couple HTC / Valve sur le segment du haut de gamme nécessitant un ordinateur puissant. Il se concentre sur le marché mobile, aux usages plus limités mais dont le public potentiel est des dizaines, voire des centaines de fois plus nombreux. Il se vend en effet plus d'un milliard de smartphones chaque année, dont plus des trois quarts utilisent Android.

 

Le problème Samsung

Le seul bémol dans ce projet est que Samsung, la star des fabricants de smartphones Android, a déjà son propre casque, développé en partenariat avec Oculus. Le Gear VR, vendu 99 euros, n'est compatible qu'avec les téléphones les plus puissants de la marque coréenne (Galaxy S6, Galaxy Note 5), ce qui lui permet de garantir une meilleure expérience. Et s'il est compatible avec moins d'applications que les kits Cardboard, les contenus de l'Oculus Store sont d'une qualité sans commune mesure, ce qui sépare au final le grain de l'ivraie.

 

La stratégie de Google d'attaquer le marché par le bas a du mérite. Si son casque arrive à innover, par exemple en incluant la gestion du positionnement dans l'espace grâce aux technologies développées pour le projet Tango, il pourrait supplanter le Gear VR comme solution présentant le meilleur rapport qualité/prix. Côté contenu, l'entreprise peut s'appuyer sur les vidéos à 360° de YouTube et sa relation privilégiée avec les développeurs. Mais le temps presse pour Google dans ce secteur, car ses concurrents ne restent pas immobiles, et sortir une solution imparfaite pourrait – comme avec Google Glass – mettre à mal sa légitimité.

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